
« Toujours au chemin de l’honneur »
Le parcours
Le 11e Cuirassiers est l’un des plus anciens Régiment de Cavalerie de France, héritier des Cavaliers de Louis XIV et des Grenadiers de Napoléon 1er, dont il est issu.
En septembre 1939, il fait partie de la 2ème Brigade de Cavalerie et occupe ses premiers emplacements de combat face au Luxembourg.
En février 1940, le régiment est désigné pour faire partie de la 5e Division Légère qui doit participer à la manœuvre retardatrice en Ardenne en avant de la 2e armée. Pour cette mission, le 11e cuirassiers fait partie du groupement Est de la division. Au cours des combats de 1940 le régiment se bat sans espoir de la Somme à la Basse-Seine ; il obtint deux citations à l’Ordre de l’Armée.
Le régiment est ensuite maintenu dans l’armée de Vichy. Il forme le régiment de cavalerie attaché à la 14e division militaire (Lyon) (deux escadrons montés, deux escadrons à cheval, trois escadrons cyclistes équipés notamment de mitrailleuses et de mortiers de 81 et un escadron d’AMD Panhard 178.
A la suite du débarquement allié d’Afrique du Nord, les troupes allemandes franchirent la ligne de démarcation le 11 novembre 1942 et envahirent la zone dite Libre.
Le régiment est dissous et à Lyon, au quartier de la Part-Dieu occupé par le Régiment, la Wehrmacht en chasse ses soldats français à coups de pieds et de crosses.
Dans ce quartier, les officiers, enfermés dans un local avec l’emblème du régiment que l`un deux avait enlevé de la salle d’honneur, décidèrent de le remettre au colonel de la garde mobile du quartier voisin car celle-ci était reconnue comme force de l’ordre par les Allemands.
La Résistance
Un jeune officier du régiment le lieutenant Narcisse GEYER, volontaire pour le transporter, enveloppé dans son manteau, bravant le danger, s’enfuit par la fenêtre. Arrêté en chemin par les patrouilles ennemies le simple mot Offizier lui permit d’atteindre sans encombre le colonel et de lui confier l’emblème. Bien qu’il soit libre et l’étendard sauvé, il respecta la parole donnée : par crainte de représailles envers ses compagnons, le Lieutenant Geyer réintégra la prison.
Puis, le 27 novembre 1942, la nuit venue et pendant que les Allemands buvaient et chantaient, des ombres se glissèrent dans la cour du quartier et gagnèrent l’écurie. L’une d’entre elles, le lieutenant Geyer, détacha son cheval. Le moteur d’un camion fut mis en marche afin de couvrir les grincements du portail et le cheval fut caché derrière le véhicule. L’officier profitant des accélérations du moteur ouvrit la grille, enfourcha son cheval et disparut dans la nuit.
Précédé de deux de ses hommes montés sur une bicyclette, il traversa les rues de Lyon et après avoir évité de nombreuses patrouilles, il parvint à Decines, de sa première étape. Puis il gagna la Drôme en deux étapes et après avoir parcouru 80 km, il atteignit la forêt de la Thivollet (près du Grand Serre) dont il prit le nom pour pseudonyme.
Afin de pouvoir subsister, quelques-uns d’entre eux travaillaient le jour dans des fermes et se retrouvaient la nuit pour faire de l’exercice. Par crainte de représailles envers la population, l’officier regroupa ses hommes dans un camp et ils passèrent leur premier hiver dans la nature. Démunis de ressources, ils vécurent alors, sur la solde perçue par leurs camarades, placés en congé d’armistice. Pendant des semaines, ces maquisards eurent froid et faim. bien souvent ils n’eurent qu’une pomme de terre pour souper et se contentèrent d’une couverture à deux pour dormir, l’instruction militaire fut la seule distraction de ces jeunes gens qui jouaient à cache-cache avec l’occupant.
L’organisation de la Résistance de Lyon fit savoir au Vercors déjà organisé en camps, la présence de ces Officiers et Cavaliers dans cette région de la Drôme. Un Officier partit du Vercors pour rencontrer Thivollet et un accord fut conclu : les Cavaliers du 11e Cuirassiers allaient rejoindre le plateau du Vercors : deux pelotons du 11e Cuir rejoignirent St-Martin-en-Vercors et c’est au-dessus de ce pays, dans une ferme abandonnée au milieu d’une clairière qu’on appelle « Les Combes », que Geyer installa son poste de commandement.
L’escadron du 11ème Cuir vécut pendant toute l’année 1943 en jouant à cache-cache avec l’occupant, récupérant armes et matériel. Au printemps 1943, de nombreux réfractaires au Service du Travail Obligatoire vinrent renforcer les Cuirassiers et le lieutenant Geyer, promu capitaine, se trouva bientôt à la tête de plusieurs camps.
Dans la nuit du 9 octobre 1943, les maquisards réussirent à déjouer l’opération dirigée contre eux par 300 soldats S.S. de l’armée allemande.
Le 4 janvier 1944, le capitaine Geyer La Thivollet gagna le Vercors après avoir été nommé deux jours plus tard chef militaire de la zone Sud du Vercors par le Colonel Descort.
A la tête de ses hommes il franchit plusieurs barrages de police, et installa son P.C. près de Saint-Martin-en-Vercors. Au cours de plusieurs voyages à Lyon, il recruta ses anciens soldats, et reconstitua partiellement le 11e Cuirassiers sous le nom de 1er Corps Franc.
Tout en tenant l’ennemi en haleine, les Cuirassiers échappèrent aux opérations de nettoyage lancées contre eux en janvier, mars et avril 1944.
Après le débarquement allié du 6 juin 1944, la mobilisation des forces vives de la Résistance fut ordonnée, et de tout le pourtour du Vercors affluèrent de nombreux volontaires.
L’ennemi fit appel à des sections spéciales pour tenter de réduire cet abcès incrusté sur ses fines arrières et nuisibles au moral de ses troupes.
Les Allemands, après avoir sondé les Forces Françaises en attaquant du 13 au 15 juin le secteur Nord du Vercors tenu par les chasseurs, renforcés par deux pelotons de Cuirassiers, décidèrent de monter une opération de grande envergure, minutieusement combinée.
Le 21 juillet, le plateau était investi par deux divisions allemandes, la 157e Division d’Infanterie Alpine et la 9e Panzer, appuyées par l’aviation, par des troupes aéroportées et par des parachutistes
Attaqués de toutes parts par un ennemi supérieur en nombre et puissamment armé, les maquisards cédèrent. Les habitants du plateau furent pour la plupart massacrés. Dans la grotte de la Luire, les Allemands s’acharnèrent sur tous les blessés qu’ils achevèrent. Les appels à la radio étant demeurés vains, l’ordre de dispersion fut donné, et les Cuirassiers se réfugièrent dans la forêt de Lente.
Dès le débarquement de Provence le 15 août, les Cuirassiers se regroupèrent à la Baume d’Hostun, et enlevèrent de haute lutte les villes de Romans et Bourg-de-Péage : 10 escadrons plus un escadron de Sénégalais reçurent l’ordre de partir à l’attaque de Romans le 22 août et entrèrent en libérateurs dans cette Ville : 150 Allemands prisonniers, 50 tués dont 4 officiers.
Les Cuirassiers rejoignent la 1ère DFL
Puis ils prirent une part importante à la libération de Lyon. Le 3 septembre 1944, après 22 mois d’absence, le 11e Cuirassiers retrouvait à Lyon son ancien quartier de la Part-Dieu.
Dans la soirée, le régiment fut intégré à la 1e Division Française Libre. Les Cuirassiers eurent ainsi l’honneur de combattre avec les premiers Français Libres sous les ordres du général Brosset, qui tombera quelques semaines plus tard, le 23 novembre, à la tête de sa division, dans les Vosges.
En octobre, le Général Brosset décide de constituer une cavalerie divisionnaire et le 11e Régiment de Cuirassiers devient soutien-porté de chars. Il retrouve ses missions propres de cavalerie. Ces Cuirassiers n’ont pas de véhicules adaptés : ils vont s’accrocher aux chars, monter sur les plages arrière et mèneront le combat d’avant-garde, soit sur les chars Lights des Fusiliers-Marins, soit sur les Tank-Destroyers (T.D.) du 8e Chasseurs d’Afrique.
L’unité devenue l’élément porté du Régiment de Reconnaissance de la DFL, les Cavaliers du 11e Cuir et les Fusiliers-Marins combattirent côte à côte dans les Vosges comme ils l’avaient déjà fait en 1918 au Moulin de Laffaux. Le lieutenant de vaisseau du 1er RFM, Roger Barberot, témoignera de son admiration pour ces jeunes Cuirassiers.
Opérations
Les Cuirassiers ajoutèrent aux tragiques et glorieux combats du Vercors ceux des Vosges et de Belfort : Fresse, Côtes 701 et 714, Champagney, Giromagy, Massevaux, Ronchamp, et d’Alsace : Benfeld et Huttenheim.
Insigne

Dans un losange bleu à trois fleurs de lys, un soleil d’or portant le numéro “11e” dans la lettre “C” d’azur entouré par une banderole d’or portant la devise “Toujours au chemin de l’honneur ». Le fond bleu, couleurs de tradition des régiments de cavalerie, les fleurs de lys et le soleil rappelle sa filiation avec le régiment Royal Roussillon Cavalerie en 1668. Le losange est la marque d’identification des véhicules de cavalerie en 1940.
Distinctions - Citations
Croix de Guerre 1939 – 1945.
1 palme pour citation à l’ordre de l’armée attribuée par Ordre du 19 décembre 1940
1 palme pour citation à l’ordre de l’armée attribuée par Ordre de 1945 au Régiment du Vercors dont faisait partie le Groupement Thivollet.
Fourragère au titre de la Croix de Guerre 1939 – 1945. Attribuée par Ordre Ministériel du 15 juin 1950.
Sources & Remerciements
D’après l’historique de Joseph La Picirella et l’Association 11e Cuirassiers-Vercors- Vosges-Alsace
Les autres unités
Cie de Quartier général n°50
(et 51, 52)
13e demi-brigade de Légion étrangère
22e Bataillon de Marche nord-africain
Bataillon de Marche n°3
Bataillon de Marche n°4
Bataillon de Marche n°5
Bataillon de Marche n°1
Bataillon de Marche n°11
Bataillon de Marche n°21
Bataillon de Marche n°24
BIM BP BIMP
Bataillon d'infanterie de marine/pacifique
4e compagnie anti-chars
Compagnie de canons d’Infanterie
Bataillon de Marche n°2
1er Régiment de Fusiliers Marins
11e régiment de cuirassiers
1er régiment de Marche de Spahis Marocains
1er Bataillon du Génie
1er Régiment d'artillerie
1ere Cie de chars de combat
FTA 21e groupe antillais de DCA
101è Cie du train auto - 1er escadron train
1er bataillon de transmissions
1er détachement de circulation routière
Ambulance Hadfield Spears
Ambulance chirurgicale légère
Groupe d'exploitation divisionnaire
Prévote
