Une brève histoire de la DFL

par 1DFL

« La 1ère Division Française Libre rassemble au moment où tout espoir semble perdu nombre de ceux qui, venus des quatre coins du monde et de notre vaste Empire, répondent à l’appel du Général de Gaulle.

Ils ne sont que quelques centaines qui, privés de tout, seuls et démunis, sans même l’appui d’un Etat reconnu et incontesté, avancent péniblement dans les ténèbres et les embûches pour triompher finalement de l’adversité à force de volonté et de ténacité. »

Répondant à l’Appel du Général de Gaulle, l’Empire vient au secours de la Métropole en regroupant dans les rangs de la Première Division française libre les restes de l’armée française (légionnaires vainqueurs de Narvik, Bataillon d’Infanterie de marine du Levant, Escadron de Spahis marocains de Syrie) avec les Africains des bataillons coloniaux formés en Afrique noire, le bataillon nord-africain où combattent côte à côte Tunisiens, Algériens, Marocains, des Africains et des Malgaches au Régiment d’Artillerie, des Antillais aux forces terrestres antiaériennes, des Libanais et des Syriens aux ateliers de réparation, des Indochinois au Train, des Pondichériens aux transmissions, et des Français évadés de toutes les provinces de France ou venus des colonies.

A  l’Ambulance  Hadfield  Spears,  des  médecins  français  et  quelques spécialistes étrangers venus de tous les continents, travaillent avec des “nurses”, des conductrices anglaises “les spearettes”, et des quakers américains.

Dans toutes les unités de la Division il y a des aumôniers de différentes confessions qui soutiennent le moral des combattants.

Au palmarès des victoires remportées par la Division est inscrit d’abord l’engagement du  bataillon  d’infanterie  de  marine  à  Tobrouk,  puis  la participation de l’escadron de Spahis marocains d’une part et de la brigade française d’Orient d’autre part à la fin de l’Empire italien d’Afrique orientale : conquête de l’Érythrée, Kub Kub première victoire de la France libre et ouverture de la Mer Rouge aux navires chargés de ravitaillement des armées alliées du Moyen-Orient. Prise de Gondar, ancienne capitale d’Éthiopie.

“La Brigade Française d’Orient”, des bataillons de marche venus d’Afrique équatoriale française ainsi que le bataillon de fusiliers marins seront regroupés en avril 1941 à Qastina en Palestine, pour constituer la 1ère DFL.

La Division et le groupement du général Collet interviendra en juin et juillet 1941 au Levant pour s’opposer à l’utilisation par les Allemands de ces territoires sous obédience vichyste, que les “Protocoles de Paris” signés par Darlan avaient soumis à la collaboration avec l’ennemi. Ce sont des éléments de la 1ère DFL qui occupent Damas le 21 juin.

Fin septembre 1941 est créé un groupe de deux divisions légères dont De Gaulle obtient, non sans mal, l’engagement en Libye au sein de la 8e armée. La première division légère devenue brigade, placée sous les ordres du général Kœnig, va s’illustrer magnifiquement à Bir Hakeim en juin 1942.

Après ces combats de juin, les deux brigades, la Colonne Volante (chars et automitrailleuses) et le B.I.M.P sont engagés à El Alamein dans la région d’Himeimat.

La DFL sera réunie en Tripolitaine puis participera en mai contre les forces germano-italiennes qui s’accrochent encore en Tunisie.

Installée depuis septembre 1943 en Tunisie, la Division complètement réorganisée fin mars 1944, sera prête pour faire campagne en Italie sous les ordres du général Brosset où elle débarque fin avril.

Là, elle participe aux côtés des divisions d’Afrique du Nord au retour de l’armée française dans le camp des vainqueurs. Puis la Division toute entière ” accomplit la tâche la plus rude ” dans la bataille de Provence, comme l’a dit le général de Lattre.

Poursuivant l’ennemi sans relâche, la Division libère Lyon et atteint les Vosges “La Première armée restera dans l’histoire le vainqueur de Belfort, la 1ère DFL étant l’élément de tête ayant réalisé la “percée”, déclare le général Eisenhower venu à la Division qui a perdu son chef le général Brosset tué accidentellement.

Les maquisards, résistants FFI, viennent relever les soldats du Pacifique et les tirailleurs d’Afrique noire que l’hiver paralyse et renforcer la 1e DFL qui défend Strasbourg. “La DFL aura sauvé Strasbourg après que la 2e DB l’a conquise”, écrit le général Leclerc. Aussitôt après, elle libère Colmar.

La DFL finira son épopée dans les Alpes Maritimes, où elle s’empare de l’Authion, franchit la frontière et termine la guerre aux portes de Turin pavoisée aux couleurs françaises. Tende, La Brigue et Molières demandent leur rattachement à la France dont ce sera le seul gain territorial.

Revue Espoir n°124, 2000

Le 17 janvier 1941 le Général de Gaulle envoie le général Legentilhomme à Khartoum pour régler avec le général Platt commandant les troupes britanniques au Soudan, les conditions d’engagement des FFL en Afrique. Il s’agit de la 13ème DBLE, du BM1, BM2, BM3, BM4, BIM, de l’escadron de spahis, de l’Artillerie, des Chars, des Transmissions et du Train, soit environ 3000 hommes.

Le 27 mars après avoir passé les FFL en revue à l’Oued des Singes en Erythrée, le Général de Gaulle dit au général Legentilhomme :

 « Vous formerez progressivement une division.

       

      • Comment  s’appellera  cette  division ?  demande le  général Legentilhomme

      • La 1ère Division Française Libre”, répond le Général.

    En mai 1941 à Quastina (Palestine) les documents indiquent : 1ère Division Légère Française Libre (D.L.F.L.)

    C’est en effet sous le nom de Première Division Légère Française Libre et sous le commandement du général Legentilhomme qu’elle entre en Syrie en juin 1941 et combat les forces françaises restées fidèles au régime de Vichy. Elle entre victorieuse dans Damas le 21 juin 1941.

    En décembre 1941, les Anglais reconnaissent les Français Libres sous l’appellation, 1st FFBG, soit First Free French Brigade.

    Dissoute après cette campagne, elle renaît sous forme de deux brigades Françaises libres. Ayant à sa tête le général Koenig, elle s’illustre à Bir Hakeim du 26 mai au 11 juin 1942.

    Les 2 brigades et la Free French Flying Column forment les Forces Françaises du Western Desert au sein de la 8e armée britannique et la 1ère brigade participe à la bataille d’El Alamein en octobre 1942, ainsi que la 2ème brigade qui y joue un rôle plus modeste.

    C’est en Avril 1943, à Gambut (près de Tobrouk) après que la 1ère et 2ème brigades françaises libres indépendantes aient été complétées, et que la future 4ème brigade, venant de Djibouti, soit arrivée en Egypte que s’impose l’appellation de « 1ère D.F.L. ».

    En octobre 1943, la 1ère D.F.L. est renommé 1ère D.M.I (Division Motorisée d’Infanterie) et passe sous l’organisation U.S. pour être engagée en Europe.

    Mais personne à la Division, jusqu’à sa dissolution le 15 aout 1945, ne voulut entendre d’autre appellation que 1ère D.F.L.

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