« More Majorum » (à la manière de nos anciens)
Le parcours
Quelques mois après le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, le 20 février 1940, un groupement de marche de Légion étrangère composé de 2 bataillons est créé à Sidi-Bel-Abbès, ville d’Algérie maison-mère de la Légion étrangère. Il doit être intégré au corps expéditionnaire franco-britannique destiné à intervenir en Norvège afin d’en chasser les troupes du IIIe Reich qui viennent d’envahir le pays pour sécuriser l’approvisionnement en fer en provenance de Suède, indispensable au bon fonctionnement de l’industrie allemande.
Les premières dénominations de cette nouvelle unité sont d’abord demi-brigade légère de montagne de Légion étrangère, puis après un passage pour formation dans un camp du Larzac : 13ème Demi-Brigade de Marche de Légion Etrangère (DBMLE).
Au printemps 1940, la « 13 » se distingue au sein du corps expéditionnaire de Norvège, dès les premiers combats au sein de la 1ère division légère de chasseurs commandée par le général Béthouart. Elle débarque de vive force le 13 mai à Bjervik puis conquiert Narvik, principal port d’où le minerai de fer était expédié vers l’Allemagne.
L’opération est un succès mais l’attaque fulgurante des troupes allemandes sur la France (10 mai – 22 juin 1940) contraint le corps expéditionnaire allié à quitter la Norvège. La 13 gagne
Brest le 15 juin puis est rapidement embarquée le 18 pour l’Ecosse où elle retrouve d’autres unités du corps expéditionnaire de Norvège.
Les 1000 de la France Libre
Elle se trouve à Londres le 30 juin 1940, lors d’une rapide visite-inspection du général de Gaulle qui entraîne le ralliement de quelque milles légionnaires – soit la moitié des effectifs -suivant les quinze officiers de l’état-major et du 2e bataillon derrière le commandant Cazaud, le capitaine Koenig et leur chef de corps, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey (le futur Monclar).
Avec cette demi-brigade nommée 14e DBMLE, réduite il est vrai à un gros bataillon, la France Libre dispose de sa première unité constituée, dotée de ses équipements et de son armement.
L’histoire aura voulu, indique André Paul-Comor, que la plupart des premiers « Français » libres fussent des étrangers.
Le reste de la demi-brigade rentre au Maroc et conserve le nom de 13e DBMLE.
La 13 part le 31 août 1940 pour l’expédition de Dakar visant à faire revenir l’AOF dans la guerre.
Après l’échec de cette opération, fin septembre 1940, la 14e DBMLE, commandée par le lieutenant-colonel Cazaud, débarque en Afrique équatoriale française et participe au ralliement du Gabon en novembre 1940.
C’est début 1941, que l’unité reprend son ancienne appellation de 13e DBLE. Au sein de la Brigade française d’Orient, elle contourne ensuite l’Afrique pour participer aux combats qui font rage en Erythrée contre les forces italiennes. Après trois mois d’un voyage très pénible, et dans des conditions extrêmes dues à la chaleur, les légionnaires accomplissent leur devoir brillamment, participant aux combats de l’Enghiahat, à la prise de Keren (27 mars 1941) et de Massaouah (8 avril 1941) faisant plus de 10 000 prisonniers.
Composée initialement d’éléments de commandement et de deux bataillons, la 13e Demi-Brigade se modifie successivement en raison des pertes et des possibilités de recrutement.
Un seul bataillon subsiste en Erythrée, il y en aura trois en Syrie, deux seulement à El Alamein et en Tunisie, trois à partir du 1er décembre 1945.
La Syrie
Après avoir gagné Qastina, en Palestine, où se regroupe la majeure partie des troupes terrestres des Forces françaises libres (FFL), la 13e DBLE participe contre les troupes de Vichy à la fratricide campagne de Syrie et à la prise de Damas, le 21 juin 1941. Ses rangs sont grossis par les nombreux légionnaires ralliés du 6e REI.
En octobre 1941, le nouveau chef de corps, le lieutenant-colonel Amilakvari reçoit, à Homs, le premier drapeau de la 13e DBLE des mains du général Catroux. Des trois bataillons que compte désormais la « 13 », le premier, sous les ordres du chef de bataillon de Bollardière, est rattaché à la 2e Brigade française libre du général Cazaud et les deux autres à la 1ère Brigade du général Koenig.
Bir Hakeim et El Alamein
A la mi-février 1942, les légionnaires des 2e et 3e Bataillon s’installent à Bir-Hakeim avec les autres unités de la 1ère Brigade, avec pour mission de contenir l’avance irrésistible des troupes italo-allemandes du général Rommel qui menace la 8e Armée britannique, repliée à Alexandrie. A Bir-Hakeim, les légionnaires organisent la défense et participent avec efficacité aux patrouilles en profondeur, les “Jock Columns”.
Du 27 mai au 10 juin, la “13”, comme toutes les unités de la BFL, subit les violentes attaques des troupes de l’Axe. Les légionnaires, sous les ordres du lieutenant-colonel Amilakvari accomplissent leur mission sans défaillir, malgré le manque d’eau et les conditions de vie les plus rudes. Cette résistance permet au commandement britannique de se réorganiser. Après l’évacuation de vive force de la position, dans la nuit du 10 au 11 juin, la “13” part panser ses plaies, durant trois mois, en plein désert, au sud du Caire.
A peine remise de ses blessures, la Légion, réduite à deux bataillons (avec une compagnie de commandement et une compagnie antichar) est engagée le 23 octobre 1942, avec la 1ère Brigade, dans une opération de diversion, chargée de soulager l’attaque principale des forces alliées, lancée par le général Montgomery, qui se déroule à El Alamein en Egypte. Là, elle participe à la difficile attaque du piton de l’Himeimat, parvient à immobiliser deux divisions blindées mais perd son chef prestigieux, Dimitri Amilakvari, mortellement blessé. Poursuivant son périple par Tobrouk, la Demi-brigade, désormais commandée par le chef de bataillon Bablon, rejoint la Tunisie par Tripoli et Benghazi et est engagé, en mai 1943, notamment à Takrouna.
Campagne d’Italie
Envoyée « en pénitence » en Tripolitaine avec l’ensemble de la 1ère Division française libre (1ère DFL), la 13e DBLE regagne la Tunisie en septembre 1943 avant de recevoir des renforts d’Afrique du Nord et de parfaire son instruction en vue de sa participation aux opérations d’Italie.
En avril 1944, elle débarque en Italie avec la 1ère DFL placée sous les ordres du général Diego Brosset. Avec ses deux bataillons, sa compagnie de canons de 105 et sa compagnie antichar, elle se distingue tout au long de la campagne et en particulier à Pontecorvo, Monte Leucio, San Lorenzo, Acquapendente et Radicofani. La Légion accuse cependant la perte de 3 officiers et 103 sous-officiers et légionnaires tués alors que 14 officiers et 346 sous-officiers et légionnaires ont été blessés.
Campagne de France
Le 16 août 1944, elle débarque en Provence avec l’armée B du général de Lattre de Tassigny et prend part à la prise de Toulon et à la libération d’Hyères, Avignon, Lyon, Autun, Dijon, Besançon et des Vosges. La libération du sol national se fait lentement mais inexorablement. Dans les Vosges, les combats sont furieux et meurtriers, souvent au corps à corps et la « 13 » y joue un rôle décisif dans le dégagement de la route de Remiremont en appui de la 3e DIA. Elle prend également une part active aux combats de Gérardmer, du Ballon d’Alsace et de Masevaux.
Début 1945, l’unité, constituée désormais de trois bataillons grâce à des renforts ukrainiens notamment, sous les ordres chef de bataillon Arnault, participe dans des conditions climatiques extrêmes à la protection de Strasbourg, puis à la libération de Colmar. En mars 1945, le lieutenant-colonel Saint Hillier prend le commandement de la « 13 » qui, après avoir reçu son drapeau à Paris le 2 avril, est décorée une semaine plus tard à Nice de la croix de la Libération par le général de Gaulle.
En avril et mai 1945, la « 13 » retrouve sa destination première : le combat en montagne, en prenant part aux durs combats de l’Authion, dans le sud des Alpes, où les Allemands retranchés, résistent âprement. Puis, les légionnaires entrent en Italie, ce qui permettra plus tard de repousser la frontière plus à l’est.
Partis d’Afrique du Nord en 1940, les légionnaires de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère ont participé à toutes les campagnes depuis la Norvège jusqu’aux portes de Turin en Italie, soit un parcours de 90 000 kilomètres.
A partir de 1962, la 13e Demi-brigade de légion étrangère fut stationnée à Djibouti. Depuis 2016, est stationnée dans l’Aveyron, sur le plateau du Larzac.
Opérations
Bjervik-Narvik 1940 – Keren-Massaouah 1941 – Bir-Hakeim 1942 El-Alamein 1942 Rome 1944 Colmar 1945 Authion 1945
Insigne

L’insigne d’origine de l’unité – il en a ensuite existé de nombreuses autres déclinaisons – est créé fin 1946 alors que le Lieutenant-Colonel de Sairigné en assure le commandement : il représente, sur un fond émaillé blanc, une Croix de Lorraine bleue (symbole de la France Libre) reposant sur 2 bandes horizontales verte et rouge (couleurs de la Légion étrangère) elles-mêmes soutenues par un dragon d’or (animal censé représenter l’Indochine) avec, au centre, une grenade à sept flammes d’or (marque distinctive de la Légion étrangère. Au centre de la bombe de la grenade, le chiffre « 13 » et sous la grenade, en demi-cercle, l’inscription « DBLE ».
Distinctions - Citations
Compagnon de la Libération - décret du 6 avril 1945
- Médaille Militaire - Croix de Guerre 1939-45 (4 palmes)
- Médaille de la Résistance avec rosette
- Croix de Guerre 39/45 (Norvège)
Les titres militaires de ces étrangers parmi les premiers à réponde à l’Appel du 18 juin, du moins à servir avec « Honneur et Fidélité » pour la seconde patrie qu’ils s’étaient choisie malgré l’humiliation de la défaite de 1940 – attestent, selon André Paul-Comor, de la reconnaissance de la France et plus particulièrement, de l’homme du 18 juin.
Au cours de cinq années de combats ininterrompus, la 13e Demi-Brigade a été quatre fois citée et a reçu des mains du général de Gaulle la Croix de la Libération. Elle a droit au port de la fourragère aux couleurs de l'ordre de la Libération (depuis le 18 juin 1996). Ses bataillons, souvent détachés, totalisèrent eux-mêmes sept citations collectives à l'ordre de l'Armée.
En septembre 1946, la 13e DBLE reçoit la fourragère aux couleurs de la médaille militaire et de la croix de guerre 1939-1945. Par ailleurs, à titre individuel, la "13" a compté dans ses rangs 98 Compagnons de la Libération.
• fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire en récompense des citations obtenues sur la Croix de guerre 39/45
• fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire en récompense des citations obtenues sur la Croix de guerre des TOE
La 13e DBLE a compté dans ses rangs 96 officiers, sous-officiers et hommes de troupe fait Compagnons de la Libération à titre individuel. Parmi eux, 24 sont Morts pour la France.
Sources & Remerciements
Musée de l’Ordre de la Libération – André-Paul Comor, Dictionnaire de la France Libre, Laffont éd., 2010. – Création de la 13ème DBLE, Marie Laroumet, FSALE
Les autres unités
Cie de Quartier général n°50
(et 51, 52)
13e demi-brigade de Légion étrangère
22e Bataillon de Marche nord-africain
Bataillon de Marche n°3
Bataillon de Marche n°4
Bataillon de Marche n°5
Bataillon de Marche n°1
Bataillon de Marche n°11
Bataillon de Marche n°21
Bataillon de Marche n°24
BIM BP BIMP
Bataillon d'infanterie de marine/pacifique
4e compagnie anti-chars
Compagnie de canons d’Infanterie
Bataillon de Marche n°2
1er Régiment de Fusiliers Marins
11e régiment de cuirassiers
1er régiment de Marche de Spahis Marocains
1er Bataillon du Génie
1er Régiment d'artillerie
1ere Cie de chars de combat
FTA 21e groupe antillais de DCA
101è Cie du train auto - 1er escadron train
1er bataillon de transmissions
1er détachement de circulation routière
Ambulance Hadfield Spears
Ambulance chirurgicale légère
Groupe d'exploitation divisionnaire
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