Le parcours
Si les premiers éléments d’artillerie rejoignent la France Libre dès juin 1940, il faudra attendre de long mois avant que ne soit créé un véritable régiment.
En août 1940, parmi les premiers volontaires ralliés au général de Gaulle, un détachement est formé en Angleterre à Delville Camp, sous les ordres du chef d’escadron de Conchard (une demi-douzaine d’officiers, une dizaine de sous-officiers et environ 200 engagés n’ayant jamais accompli de service militaire). Au camp d’Aldershot se constitue une ébauche de groupe d’artillerie, composé d’une batterie à quatre canons de 75 mm commandée par le lieutenant Chavanac et d’une section de deux canons de 75 mm commandée par le lieutenant Quirot.
Ce groupe qui forme l’artillerie du corps expéditionnaire, embarque le 30 août 1940 pour l’opération de Dakar. Suite à l’échec de cette opération, les artilleurs débarquent au Cameroun, et se joignent aux artilleurs coloniaux : une partie de la 31ème batterie du 6ème RAC commandé par le capitaine Laurent-Champrosay, qui a rejoint les Forces Françaises Libres depuis Bobo-Dioulasso (Haute Volta).
La section Quirot prend une part active, avec la Brigade d’Orient, à la campagne d’Erythrée contre les Italiens (prise de Keren le 27 mars 1941 puis de Massaoua, le 8 avril). Après la bataille de Kub-kub, le capitaine Laurent-Champrosay forme une nouvelle section avec deux obusiers de 65 de montagne pris aux italiens.
En mai 1941, les artilleurs sont regroupés au camp de Qastina (Palestine), avec les unités terrestres des Forces Françaises Libres. L’artillerie FFL, composée de deux batteries, est engagée en Syrie en juin 1941 où la 1ère Batterie se distingue sur la route de Damas.
Après l’Armistice de Saint Jean d’Acre, l’unité accueille des artilleurs nouvellement ralliés dont des Sénégalais, des Malgaches et des Cambodgiens. Le 19 décembre 1941 à Damas, le 1er Régiment d’Artillerie FFL est officiellement créé et placé sous les ordres du chef d’escadron Laurent-Champrosay. Avec ses quatre batteries de six canons de 75 mm, le Régiment constitue l’artillerie de la 1ère Brigade Française Libre commandée par le général Koenig et intégrée à la VIIIe Armée britannique.
Le 1er RA participe en janvier 1942 à la prise d’Halfaya puis se distingue à Bir-Hakeim en mai et juin 1942.
Ses batteries motorisées animées par le capitaine Bricogne, sont incorporées aux « Jocks colonnes » mobiles dans le désert de Libye. Elles harcèlent les colonnes de Rommel avant l’encerclement de la position de Bir-Hakeim. Le chef d’escadron Laurent-Champrosay veille à l’installation des 24 canons de ses batteries en défense aux quatre angles de la position, lui permettant de battre tout l’horizon. Le 27 mai 1942, à Bir-Hacheim, par le tir rapproché de ses batteries, il contribue à briser l’attaque de la Division italienne Ariete , dont les chars avaient pénétré sur la position.
Puis sous les coups combinés d’une contre- batterie meurtrière de l’artillerie lourde allemande, de bombardements aériens des stukas et des feux des armes lourdes d’infanterie, il ne cesse quinze jours durant de harceler l’ennemi, arrêtant les attaques les assauts de l’Afrikakorps et des Italiens malgré des pertes très sévères. Le Régiment tient jusqu’à la sortie de vive force de la brigade dans la nuit du 10 au 11 juin 1942. Mais le bilan est lourd :il compte 64 tués dont sept officiers. 16 de ses canons ont été détruits.
Le 1er RA est réorganisé avec du matériel anglais et rééquipé de quatre batteries de quatre canons de 88 mm et d’une batterie de 140 mm. Il combat à l’Himeimat, au sud de la position d’El Alamein, les 23 et 24 octobre 1942 puis à la conquête de Takrouna qui libère définitivement la Tunisie (mai 1943).
Dernière bataille sur le théâtre africain, Takrouna marque le début de la reconquête. Les Français Libres de la première heure sont rejoints par les camarades de l’Afrique du Nord et vont constituer le Corps Expéditionnaire Français qui débarquera en Italie puis en Provence.
Après un été passé en Tripolitaine avec la 1ère et la 2e DFL (future 2e DB), le 1er RA s’installe près de Tunis et absorbe le 2e RAC, formé d’artilleurs venus de Djibouti et d’une batterie venue d’Angleterre. Il se réorganise sous les ordres du lieutenant-colonel Laurent-Champrosay en trois groupes de 105 mm commandés par les chefs d’escadron Marsault, Jonas et Fuchs et d’un groupe de 155 mm sous les ordres du chef d’escadron Crespin.
Débarqué en Italie en avril 1944 avec la 1ère DFL placée sous le commandement du général Brosset, le Régiment appuie les assauts d’infanterie du 20 mai au 19 juin, contribuant aux actions de rupture du Garigliano et de Pontecorvo, à la conquête de Tivoli, de Montefiascone et de Radicofani.
Au cours d’une reconnaissance, le colonel Laurent-Champrosay, dont le véhicule saute sur une mine, trouve la mort le 19 juin 1944 près de Radicofani. Outre son chef, le Régiment aura perdu cinq commandants de batteries en Italie.
Le 16 août 1944, le Régiment, commandé par le colonel Bert, débarque en France, à Cavalaire. Il participe brillamment à la prise de Toulon puis à la poursuite de l’ennemi dans la remontée des vallées du Rhône et de la Saône.
Il reprend contact en septembre avec l’ennemi à Villersexel en Haute-Saône et aide à la prise d’Andornay, de Lyoffans, de Clairgoutte et de Ronchamp. En novembre, dans la Trouée de Belfort, il appuie la progression de l’infanterie jusqu’au seuil de la plaine d’Alsace.
Mobilisé en décembre 1944 dans la réduction des poches de l’Atlantique sous le commandement du général de Larminat, le Régiment est rappelé en urgence vers l’est, en raison de l’offensive allemande menée par von Rundstedt dans les Ardennes. Il fait partie des unités qui bloquent la contre-attaque allemande sur Strasbourg à Obenheim et réduisent la poche de Colmar en janvier 1945, contribuant à la défense rapprochée devant les attaques des blindés de la Panzer Brigade SS Felherrnhalle dans le secteur de Rossfeld et d’Herbsheim par des températures glaciales. Avec ses camarades du BM 24 et du BIMP, la 3ème batterie du 1er RA commandée par le sous-lieutenant Ravix va tenir la position d’Herbsheim durant quatre jours de combats acharnés et rapprochés entre chars et canons, et des quasi corps à corps . Le courage et l’efficacité de la 3e batterie furent récompensés par une citation à l’ordre de la division.
Parvenu sur le Rhin le 3 février 1945, le Régiment est déplacé et participe au printemps 1945 avec la 1ère DFL, aux derniers combats dans les Alpes Maritimes qui aboutissent à la conquête du massif de l’Authion et au franchissement des Alpes, permettant ainsi le débouché de la Division en Italie du Nord.
Le 8 mai 1945 à Nice, le 1er Régiment d’Artillerie FFL tirait les 101 coups de canon de la Victoire depuis les jardins Albert 1er jouxtant la Place Massena.
Le 22 mars 1945, le 1er RAFFL prend le nom de 1er Régiment d’Artillerie coloniale (1er RAC). Le 24 septembre 1945, à Chelles (77), il reçoit des mains du général de Gaulle la croix de la Libération (décret du 7 août 1945). 34 artilleurs et officiers du 1er RAC ont également reçu cette distinction exceptionnelle.
Le 1er Régiment d’Artillerie de Marine (1er RAMa), héritier des traditions du 1er RA FFL a été dissous en juillet 2015. Ses traditions ont été reprises par le CFIM/9ème BIMa de Coetquidan.
Opérations
Massaoua, Halfaya, Mechili, Bir-Hacheim, Himeimat, Tunisie, Garigliano, Radicofani, Cavalaire, Toulon, Belfort, l’Alsace, L’Authion.
Insigne

Dans l’immédiat après-guerre se développe l’usage des insignes régimentaires permettant de personnaliser les unités. On distingue 3 types d’insignes : l’originel entre 1937 et 1940, celui dessiné par le colonel Laurent-Champrosay entre 1941 et 1944 et enfin celui, largement inspiré du second, en vigueur jusqu’à la dissolution du régiment (site de l’Association nationale des Anciens du 1er RAMa https://www.1er-rama.org/
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Distinctions
Le 22 mars 1945, le 1er RAFFL prend le nom de 1er Régiment d'Artillerie coloniale (1er RAC). Le 24 septembre 1945, à Chelles (77), il reçoit des mains du général de Gaulle la croix de la Libération (décret du 7 août 1945). 34 artilleurs et officiers du 1er RAC ont également reçu cette distinction exceptionnelle.
Chevalier de la Légion d'Honneur Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945 - Croix de Guerre 39-45 avec trois palmes
Sources & Remerciements
Sources : La 1ère DFL, l’Ordre de la Libération et l’Association nationale des Anciens du 1er RAMa
Tous nos remerciements à Eric Cotard, président de l’Ana 1er RAMa
Les autres unités
Cie de Quartier général n°50
(et 51, 52)
13e demi-brigade de Légion étrangère
22e Bataillon de Marche nord-africain
Bataillon de Marche n°3
Bataillon de Marche n°4
Bataillon de Marche n°5
Bataillon de Marche n°1
Bataillon de Marche n°11
Bataillon de Marche n°21
Bataillon de Marche n°24
BIM BP BIMP
Bataillon d'infanterie de marine/pacifique
4e compagnie anti-chars
Compagnie de canons d’Infanterie
Bataillon de Marche n°2
1er Régiment de Fusiliers Marins
11e régiment de cuirassiers
1er régiment de Marche de Spahis Marocains
1er Bataillon du Génie
1er Régiment d'artillerie
1ere Cie de chars de combat
FTA 21e groupe antillais de DCA
101è Cie du train auto - 1er escadron train
1er bataillon de transmissions
1er détachement de circulation routière
Ambulance Hadfield Spears
Ambulance chirurgicale légère
Groupe d'exploitation divisionnaire
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