Le parcours
Le BM 1 avait été formé par le chef de bataillon Raymond Delange qui avait rallié Brazzaville le 28 août 1940, et avait combattu au Gabon et en Syrie. Après la campagne de Syrie, de nombreux français se rallient à la France Libre et le BM 1 voit ses effectifs grossir en Français et en Sénégalais dont une partie rejoint les effectifs de ce Bataillon qui devient ainsi le 1er octobre 1941, le Bataillon de Marche XI dont le capitaine Xavier Langlois prend le commandement.
Campagne de Libye et d’Egypte
Le BM XI bénéficie d’une formation d’unité d’élite à Damas et, en avril 1942, est rattaché à la 2ème brigade française libre. Il prend place aux côtés des britanniques au sein de la 8e Armée et rejoint la Libye.
Avec la 23e compagnie nord-africaine, la 5e batterie d’artillerie, une section du génie, des éléments du groupe sanitaire et du groupe de réparations, ainsi que des Britanniques, il forme un groupement sous le commandement du chef de bataillon Georges Bavière. Celui-ci est alors chargé d’occuper l’oasis de Djaraboub, aux confins égypto-libyens, au nord du grand erg libyque. Manœuvrant en jock column, ce groupement lance des patrouilles vers le nord et l’ouest.
Le 24 mai 1942, devant la menace d’une offensive de Rommel sur Bir Hakeim, le groupement, renforcé d’automitrailleuses hindoues et d’artillerie française, se voit confier la mission (mission « Glamour ») de diversion et de camouflage vers Djalo, à 300 kilomètres plus à l’ouest. Toutefois, de retour à Djaraboub, après quinze jours dans le désert, et après Bir Hakeim, le 17 juin, il reçoit l’ordre du général Auchinleck de rejoindre le Caire.
Les Allemands occupant la route côtière, il leur faut prendre un autre itinéraire : 250 véhicules, chargés en hommes, armement, munitions, fûts d’eau et d’essence, quittent Djaraboub le 26 juin vers le Nil et traversèrent la dépression de Qattara, ancienne mer intérieure de 150 kilomètres, réputée infranchissable, toute autre issue étant interdite. Qattara, au sol mouvant, crevassé et fragile, recouvert d’une croute salée que les experts déclarent infranchissables aux véhicules, au point que les Anglais n’avaient prévu aucun système de défense à l’ouest du Caire.
Le BM XI cependant passe, avec ses hommes, ses brenn-carriers, ses lourds camions, et à la grande surprise des Britanniques, la colonne parvient au Caire le 5 juillet, après un périple de 800 kilomètres en plein désert, sans piste, à la boussole et au compas solaire.
En octobre 1942, le BM XI, au centre du dispositif allié, prend part à la bataille décisive d’El Alamein avec la 50e division britannique, au milieu des champs de mines, où il fait face au groupement parachutiste d’élite Huebner.
Fin novembre, les deux brigades françaises libres sont cantonnées à Gambut, où est créée la 1ère Division française libre, le 1er février 1943.
Au mois d’avril 1943, la division traverse la Cyrénaïque, le désert de Syrte, la Tripolitaine et roule vers la Tunisie où la bataille fait rage. Le BM XI prend part à la bataille finale et combat à Takrouna, où l’avant-garde du BM XI fait sa jonction avec les Goums marocains. Le Bataillon fait de très nombreux prisonniers.
Campagne d’Italie
Complètement réorganisée et dotée de matériel américain, la 1ère DFL gagne l’Italie, où elle est engagée dans l’offensive du Garigliano le 10 mai 1944. Le 17, le BM XI relève le BIMP, au nord du secteur de la 2e brigade.
Progressant le long du Liri jusqu’au mont Santa Maria, il traverse le rio Forma Quesa et occupe les faubourgs sud, dans la journée du 21. Après la percée des lignes Gustav et Hitler, les Alliés foncent vers Rome.
Tandis que le reste du corps expéditionnaire français progresse vers le nord-ouest, la 2e brigade oblique vers l’est. Le BM XI culbute les Allemands, repoussés vers les Apennins, dans la plaine à l’ouest de Tivoli.
Par la suite, à la tête de l’avant-garde du corps français lancé à la poursuite des Allemands en retraite, le BM XI traverse Rome, puis Viterbe et prend part à la prise de Montefiascone, à l’est du lac Bolsena, le 9 juin, ainsi qu’aux durs combats au nord du bourg, sur les routes menant vers la Toscane (56 hommes sont tués). Retiré du front, le BM XI rejoint ensuite Naples, où la division est regroupée et il embarque le 12 août à Tarente pour se joindre au débarquement de Provence.
Campagne de France
Le 16 août 1944, le BM XI débarque à Cavalaire, parmi les premiers éléments de la division, avant de pousser vers Toulon à marche forcée. Bien couvert par l’artillerie des forts qui domine la ville et la rade, l’ennemi s’accroche sur les contreforts des Maures, qui couvrent vers l’Est Hyères et Toulon.
Du 19 au 24 août, il mène de durs combats à droite du dispositif de la division, traverse le Real Martin, affluent du Gapeau, et nettoie avec le 22e BMNA les collines escarpées au nord-est du village de la Crau qu’il occupe à la nuit tombée, forçant l’ennemi au repli. Ayant percé les deux lignes de défense établies par les Allemands et sans lui laisser de répit, le BM XI pousse sur Toulon, enlève les pentes nord du Thouar au sud de La Valette et pénètre parmi les premiers dans les faubourgs est de Toulon.
Après avoir remonté la vallée du Rhône, la 1ère DFL participe aux combats dans les Vosges, où le BM 11 libère plusieurs villages sur la route de Belfort (Mignafans, Mignavilliers, Lomontot), avant que le front ne se fige.
Avec l’arrivée de la pluie et du froid, les tirailleurs sénégalais du bataillon sont retirés du front.
Tout en tenant des secteurs passifs dans la boue puis dans la neige, devant Château-Lambert et le Thillot, Le BM XI recrute de jeunes volontaires français, incorpore des groupes de maquisards, se refond, se réorganise, mène l’instruction au prix d’efforts conséquents des cadres et des jeunes recrues.
En novembre 1944, le bataillon participe à l’attaque contre Belfort, au nord de la place forte. Refoulant l’ennemi à l’est du Ballon d’Alsace, il descend dans la vallée de la Doller, où il se heurte à une vive résistance. Lors de l’opération, le commandant Langlois est tué le 23 novembre, abattu à bout portant par une rafale de mitraillette alors qu’il tentait de récupérer le corps du Lieutenant de Fontgalland, tué quelques minutes plus tôt.
Le Capitaine BOUCARD prend le commandement du Bataillon et continue sa mission d’occupation de la vallée de la Doller. Le BM XI libère les villages de Sewen, Dolleren et Oberbuck.
Le BM XI rejoint avec la DFL le Front de l’Atlantique pour participer à l’attaque contre la poche de Royan, avant que la 1ère DFL ne soit rappelée d’urgence en Alsace en raison de l’offensive allemande dans les Ardennes.
Lors de l’attaque ennemie contre Strasbourg, le BM XI tente par deux fois de rallier le BM 24, isolé dans Obenheim, les 8 et 9 janvier 1945. Puis, du 10 au 22 janvier, il interdit le passage de l’Ill aux Allemands, défendant Benfeld, Sand et les villages avoisinants.
Puis il participe à la réduction de la poche de Colmar, et mène du 23 au 31 janvier, des combats difficiles dans les bois au nord de la ville, dans la boue et la neige, progressant vers l’est devant un ennemi qui résiste farouchement.
Le 28 février 1945, la division est affectée sur le front des Alpes. Affecté à la 4e brigade sous les ordres du capitaine Brisbarre, le BM XI est chargé, avec le BIMP, de l’attaque frontale contre le massif de l’Authion, et il combat sans discontinuer du 9 au 15 avril, s’emparant de plusieurs fortifications (Cabane-Vieilles, fort de Mille-fourches et Plan Caval) avant d’être relevé.
Le 25 avril, le bataillon prend part à la poursuite de l’ennemi, qui avait entre-temps décroché. Traversant les Alpes, il parvint, le 28 avril, à Borgo San Dalmazzo, où il reçut l’ordre de s’arrêter le lendemain.
Au cours de ses différents engagements, le BM XI a eu 195 tués, dont 9 officiers et 49 sous-officiers.
Opérations
Djeraboub- El Alamein – Takrouna – PonteCorvo- Garigliano – Montefiascone – La Crau- Toulon – Lomontot-Sewen – Sand- Benfeld – Le Rhin – Bois d’Erlen – Elsenheim – Mille Fourches- Plan Caval – Col Della Lombarde – Plaine du Pô
Insigne

Quelques mois après celui du B.M.1, l’emblème du B.M XI fut également frappé à Damas (1941). On reprit simplement le dessin du B.M. 1, dont une partie du personnel était issu, et cela d’autant plus volontiers que les Mossi avaient le même goût pour les balafres que les Sara. Un premier modèle fut réalisé avec la mention A.E.F. ; mais il fut décidé de changer et l’on prit la légende : A.F.L. (Afrique Française Libre) plus conforme à la réalité puisqu’une grande partie des tirailleurs n’étaient pas originaires d’Afrique Equatoriale. Un deuxième insigne du B.M. XI fut donc frappé, et ces deux tirages furent faits par l’orfèvre de Damas qui avait déjà réalisé celui du B.M.1. Une nouvelle frappe fut faite au Caire, puis en 1944, chez Augis à Lyon, une troisième commande fut passée ; mais la forme de ce dernier insigne respectait assez peu le premier modèle. (Les Français Libres et leurs emblèmes par B. Le Marec. Ed. Lavauzelle).
Distinctions - Citations
la 5e compagnie du BM 11 fut citée à l’ordre de la division pour son engagement dans les combats sur le Garigliano et à l’ordre de l’armée pour son action depuis la formation de l’unité en 1941, et plus particulièrement l’attaque des défenses allemandes autour de Toulon.
De même, la section de Pionniers fut citée à l’ordre de la division pour ses actions lors des combats du Garigliano.
Le BM 11 fut cité à l’ordre de l’armée le 16 septembre 1945 pour sa participation à la conquête de l’Authion.
17 Compagnons de la Libération sont issus des rangs du BM XI.
Sources & Remerciements
Livret historique du BM XI – François Broche, Dictionnaire de la France Libre, Laffont éd., 2010.
Les autres unités
Cie de Quartier général n°50
(et 51, 52)
13e demi-brigade de Légion étrangère
22e Bataillon de Marche nord-africain
Bataillon de Marche n°3
Bataillon de Marche n°4
Bataillon de Marche n°5
Bataillon de Marche n°1
Bataillon de Marche n°11
Bataillon de Marche n°21
Bataillon de Marche n°24
BIM BP BIMP
Bataillon d'infanterie de marine/pacifique
4e compagnie anti-chars
Compagnie de canons d’Infanterie
Bataillon de Marche n°2
1er Régiment de Fusiliers Marins
11e régiment de cuirassiers
1er régiment de Marche de Spahis Marocains
1er Bataillon du Génie
1er Régiment d'artillerie
1ere Cie de chars de combat
FTA 21e groupe antillais de DCA
101è Cie du train auto - 1er escadron train
1er bataillon de transmissions
1er détachement de circulation routière
Ambulance Hadfield Spears
Ambulance chirurgicale légère
Groupe d'exploitation divisionnaire
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