Le Bataillon de Marche n° 24 – BM24

par 1DFL

Le parcours

En 1939, le 12e Régiment de Tirailleurs Sénégalais forme un bataillon qui doit renforcer le dispositif de défense de la Côte Française des Somalis.

En janvier 1943, le Bataillon de Tirailleurs Sénégalais n°4 de la Côte Française des Somalis devient le B.T.S. 4 des Forces Françaises Libres.

Le 15 février 1943, le B.T.S.4 F.F.L. embarque pour l’Egypte arrive au camp de Tahaq et devient le B.M. 24. Affecté à la 4º brigade de la 1 DFL, il stationne en Tripolitaine (juillet 1943) puis en Tunisie (septembre 1943) avant d’embarquer pour l’Italie (avril 1944) et la France (août 1944). Il est pratiquement anéanti en Alsace, entre le 7 et le 10 janvier 1945, à Obenheim. Reconstitué le 1er juillet 1945 à La Ferté-Gaucher par le CID/1 DMI, il devient le III/2 RIC (août 1945).

Campagne Italie

Le Bataillon débarque à Naples le 20 avril 1944 et cantonne à San Marcellino : reconnaissances des futurs emplacements, prise des positions, premiers contacts

Du 9 au 19 mai, il est immédiatement engagé dans les combats du Garigliano, de Girofano et de Monte Calvo.

La Ligne Gustave est franchie. Le BM 24 se regroupe autour d’Artena puis, du 14 au 27 juin, il participe aux combats de Castel Giorgio et de Radicofani.

Le BM 24 reprend ensuite les mêmes cantonnements centrés sur San Marcellino, y pansant ses plaies, récupérant des blessés se recomplétant jusqu’au 31 juillet.

Il sera ensuite acheminé sur Tarente par voie ferrée pour embarquer sur le s/s Empire Pride le 7 août au soir et appareiller le 13 en vue de débarquer en Provence.

Pertes au BM 24 du 8 mai au 21 juin 1944    Tués :  52 – Blessés : 165 – Disparus : 11

Campagne de France

La 1ère Division Française Libre (renommée Division Motorisée d’Infanterie) débarque à l’ouest de Cavalaire le 16 août 1944. Du 19 au 23 août elle prend part aux combats d’Hyères et de Toulon.

Lyon est atteint le 7 septembre, le BM 24 ne repartira que le 1er octobre de Fort Lamothe.

Les Vosges

L’objectif de la brigade est Ronchamp, de là le BM 24 s’illustre notamment aux Planchers et à Giromagny (15-25novembre 1944).

Du 25 novembre au 30 décembre, après quelques jours en réserve, le BM 24, comme toute la division, est dirigé le 11 décembre par la route ou le train vers la Poche de Royan.

A la veille de Noël alors que l’accueil de la population est chaleureux, le 23, ordre lui est donné de se tenir prêt pour un retour vers l’est le 26. Les Allemands veulent à tout prix reconquérir Strasbourg.

L’Alsace – Obenheim

Le 1e janvier 1945, le BM 24 par OBERNAI, va prendre ses emplacements en Alsace.

Le Commandant COFFINIER, qui en a pris le commandement, fait le bilan des faiblesses de son bataillon, à l’issue des durs combats précédents : encadrement, effectifs, équipements, et étirement sur 50km de la division.

L’attaque allemande est déclenchée au matin du 7 janvier à l’ouest du canal du Rhône au Rhin, dans le secteur d’Obenheim, tenu par le BM 24. Dès le premier jour, les bombardements sont violents et les assauts sont lancés par des forces dix fois supérieures à celles des Français. Le lendemain, 8 janvier, l’étreinte se resserre, les bombardements se multiplient et les patrouilles allemandes se montrent plus actives. Le commandant Coffinier renonce à ordonner une sortie en masse, qui équivaudrait à livrer les villages voisins à un ennemi qu’au demeurant il est important de fixer loin de Strasbourg.

Du 2 au 10 janvier 1945, le BM 24 défend et tient le village d’Obenheim contre les assauts de la 198e division allemande. Malgré plusieurs tentatives de désencerclement, le Bataillon est pris au piège.

Les derniers combats se déroulent dans la nuit du 10 au 11 janvier. Les hommes du BM 24 n’ont plus de munitions, leurs armes sont maintenant hors d’usage. A 23 heures, tout est fini. Une douzaine de Français parviendront à s’échapper – les autres, 772 hommes de l’unité sont hors de combats : morts, blessés ou prisonniers.

Les Allemands peuvent maintenant se retourner contre les autres positions françaises sur l’Ill, mais ils ont perdu quatre jours. Pendant ce temps, en effet, la défense du secteur a pu être renforcée et lorsque, dès le 13 janvier, les Allemands tenteront de percer la barrière de l’Ill, ils seront brutalement repoussés. Aucune autre tentative n’aura lieu.

Mais Strasbourg sera sauvé !

Le général Leclerc félicite chaudement la 1ère DFL dans un message envoyé au général Garbay : “Bravo mon vieux !” En somme, la 1ère division française libre aura probablement sauvé Strasbourg après que la 2e DB l’ait prise. J’espère que cela ne t’a pas coûté trop cher. Félicite tout le monde de notre part et n’hésite pas à faire connaître la vérité”

Opérations

Garigliano, lignes Gustav et Hitler, Fonte Vetriano, Hyères, Ronchamp, Giromagny, Grosmagny, Obenheim

Insigne

L’insigne a la forme d’une croix de Lorraine bleue découpée dans laquelle un petit écu chargé d’une mosquée (celle de Djibouti) et d’un palmier broche une ancre argent. Le sigle BM.24 apparait sur la branche supérieure de la croix. Dessiné et réalisé en Egypte au début de 1943, l’insigne est ensuite fabriqué chez Augis. En 1945 en métal léger peint puis émaillé. (article de Jacques Sicard sur les Bataillons de marche de la France Libre)

Distinctions

3 compagnons de la Libération sont issus du BM 24

Sources & Remerciements

Fondation BM 24-Obenheim – François Broche, Dictionnaire de la France Libre, Laffont éd., 2010.

 

Les autres unités