La 1ère Compagnie autonome de chars de combat

par 1DFL
CAHRS

« Toujours prête »

 

Le parcours

La 1re compagnie autonome de chars de combat (CACC) est une unité blindée des forces françaises libres. Elle soutient les opérations des FFL de 1940 à 1943 avant d’intégrer la 2e DB du général Leclerc.

En juin 1940, deux anciens de la 342e compagnie de chars de combat rapatriée de Norvège, les lieutenants Jean Volvey et Daniel Divry, décident de constituer en Angleterre une unité de chars.

Rapidement, 160 volontaires, parmi les équipages de treize chars rescapés de la campagne de Norvège, rallient la France Libre et se retrouvent au camp de Delville Barracks où ont été acheminés 12 chars Hotchkiss de la 342e compagnie, sous les ordres de Jean Volvey.

La 1re Compagnie Autonome de Chars de Combat, ou 1ère CACC de la France Libre, est mise sur pied. Rejointe par une poignée de jeunes volontaires venus de France, dotée d’une nouvelle devise (« Toujours prête »), la compagnie quitte l’Angleterre le 31 août à bord du Pennland avec l’armada franco-britannique pour Freetown (Sierra Leone) dans le cadre de l’opération Menace.

Après l’échec de l’opération Menace à Dakar, la 1re compagnie débarque à Douala au Cameroun le 9 octobre 1940. En novembre 1940, elle prend part, à travers la forêt équatoriale, malgré les grandes difficultés dues à l’état des pistes, au ralliement forcé du Gabon, avant d’être embarquée vers le Moyen-Orient (janvier-avril 1941).

Elle parvient à Suez le 23 avril 1941 et fait mouvement vers Qastina, en Palestine, où se rassemblent les unités de la DFL, en vue de participer à la campagne de Syrie.

Du 8 juin au 13 juillet, elle s’illustre durant la campagne de Syrie, aux côtés du BM 2 et des Tcherkesses du colonel Collet, notamment lors des combats de la plaine de Nejah, et dans l’offensive de Damas au cours de laquelle, le 21 juin 1941, Jean Volvey est grièvement blessé.

Après ces difficiles opérations contre les forces vichystes de Syrie où pratiquement tous ses chars ont été détruits, la 1ère Compagnie est regroupée à Damas sous les ordres du lieutenant Divry.  Elle est recomplétée en personnels et en chars Renault R35 pris aux troupes de Vichy de l’armée du Levant. Elle est renforcée par l’arrivée de nouveaux volontaires et s’installe à Beyrouth le 11 janvier 1942 puis à Mena Camp près du Caire en avril 1942.

Elle est alors rééquipée de chars anglais Crusader et réorganisée sur le modèle britannique (5 escadrons de chars).

Elle forme en Egypte avec les escadrons d’automitrailleuses et les auto-canons des spahis du 1er RMSM, la 1re Colonne volante des FFL (First Free French Flying Column) sous les ordres du commandant Robert de Kersauson, au sein de la 7e division blindée britannique (les Rats du désert »).

Pendant un an, cette colonne participe à des raids en profondeur en Libye, avant d’être rattachée à la 1ère brigade française libre de Kœnig et à la VIIIe armée britannique en septembre 1942.

Du 23 octobre au 4 novembre 1942, la 1ère compagnie de chars est engagée dans la bataille d’El Alamein. Les chars réussissent à stopper la contre-attaque allemande et participent ensuite à la poursuite de l’ennemi.

En février 1943, elle entre en Tunisie avec la « Colonne volante » et s’illustre lors de la bataille de Médenine et Foum-Tatahouine les 6 et 7 mars 1943.

Rattachée ensuite à la Force “L” du général Leclerc venue du Tchad, elle opère avec elle depuis le sud tunisien jusqu’à Kairouan et au Djebel Zaghouan. Une fois la victoire acquise en Tunisie, elle retourne en Tripolitaine.

Elle est renforcée par de nombreux volontaires d’Afrique du Nord et deux nouvelles compagnies de chars créées en Angleterre : la 2e compagnie de chars de combat créée à Camberley, successivement commandée par les lieutenants Grosnier et Ratard, puis par le capitaine de Witasse. Affectée au Tchad, elle embarque à Liverpool à bord du Northumberland. Une 3e compagnie avait été créée le 1er décembre 1941 par le lieutenant Branet sous l’appellation d’« Escadron mixte ».

C’est au camp de Sabratah en Libye que les trois compagnies de chars se forment, d’abord en bataillon, puis en régiment, sous les ordres du chef de bataillon Cantarel et l’appellation de 501e RCC.

Le 28 août 1943, la nouvelle unité rejoint Leclerc à Temara.  Elle y est intégrée à la 2e DB en formation, avec une nouvelle compagnie (la 4e), commandée par le lieutenant de Gavardie-Monclar.

Dès lors, l’histoire de la 1ère compagnie de chars intégrée au 501 RCC se confond avec l’histoire de la 2e DB qui opère son débarquement en Normandie, les 2 et 3 août 1944, à Utah-Beach.

Opérations

Gabon – Syrie : plaine de Nejah, Damas – El Alamein – Tunisie : Médenine,  Foum-Tatahouine

Insigne

L’insigne de la 1ère Compagnie Autonome de Chars présente, côte à côte, une tête de tankiste casqué et un chevalier en heaume, brochant sur une croix de Lorraine. Le tankiste forme un chiffre 1 stylisé. La présence de l’inscription chars en pointe donne « 1 Chars » (Jacques Sicard) L’insigne est dessiné à Qastina par le sous-lieutenant Tresca peu avant sa mort lors des combats de Syrie. Il est frappé, aussitôt la campagne terminée, à 150 exemplaires en argent massif, tous numérotés, par un orfèvre de Syrie. Il fut frappé à nouveau, un peu plus tard, au Caire, puis par Aravit & Perez, à Alger. (Bernard Le Marec, Les Français libres et leurs emblèmes, Lavauzelle, 1994)

Distinctions - Citations

(1ere Compagnie de Chars et 501e RCC) :
Compagnon de la Libération - décret du 7 août 1945 - Croix de Guerre 1939-1945 (2 palmes)
- Presidential Unit Citation (USA).
-13 compagnons de la Libération sont issus des rangs de la 1ère Compagnie de Chars.

Sources & Remerciements

François Broche, Dictionnaire de la France Libre, Laffont éd., 2010 – Musée de l’Ordre de la Libération

Les autres unités