Le parcours
Le 21e Groupe Antillais de défense contre avions est une unité militaire française créée durant la Seconde Guerre mondiale et intégrée au sein de la 1ère Division Française Libre des Forces françaises libres du général de Gaulle.
L’amiral Robert, haut-commissaire de France aux Antilles et en Guyane, ultraconservateur et vichyste de la première heure, est alors installé à Fort-de-France.
La population qui n’adhère pas à ce nouveau régime organise une lutte clandestine entretenue par la diffusion de tracts et de feuillets qui perdurera jusqu’au ralliement des îles à la France libre en juillet 1943.
Certains de ceux que l’on appelle les « dissidents », veulent s’exiler et prendre les armes contre le régime. Mais, quitter son île est déjà un exploit en soi : il faut affronter les patrouilleurs de la Marine aux ordres de l’amiral Robert, les mouchards de la police et parfois même les passeurs eux-mêmes.
Après la traversée des canaux meurtriers d’une quarantaine de kilomètres dans des embarcations rudimentaires, l’exil mène ces jeunes femmes et ces jeunes hommes dans les îles anglaises voisines de la Dominique et de Sainte-Lucie où se trouvent les bureaux de recrutements FFL.
Devant l’afflux de jeunes gens évadés de la Martinique et de la Guadeloupe, le 1er octobre 1942, le Bataillon des Antilles (BA 1) est créé à la Dominique. Il comprenait à l’origine environ 500 volontaires, encadrés par quelques gradés français évadés des Antilles ou recrutés dans divers pays du continent américain.
Cinq convois sont organisés entre le mois d’octobre 1942 et le mois de juin 1943 pour acheminer ces dissidents vers les États-Unis. Après quelques mois d’instruction à la Nouvelle-Orléans, l’unité rejoint le camp de Fort Dix (New-Jersey), immense camp d’entraînement d’une superficie égale à celle de la Martinique. Les Américains mettent à sa disposition matériels, champs de tir et formation militaire. Le chef de Bataillon Dreano, venu de Londres avec quelques officiers et sous-officiers, fut placé à sa tête. En août 1943, le Bataillon atteignait le chiffre d’environ 1700 hommes.
Regroupant les premiers Antillais à avoir quitté leurs îles, l’unité est rebaptisée Bataillon de Marche des Antilles n°1 (BMA1), constituée sur le type américain, avec une compagnie supplémentaire pour lui servir de dépôt et de réservoir d’hommes. Le 13 septembre 1943, elle quitte Fort Dix pour rejoindre l’Afrique du nord, où elle doit recevoir des armes et des cadres. Débarqué à Casablanca le 12 octobre 1943, le Bataillon est envoyé en décembre 1943 à Sousse et Kairouan (Tunisie) où il reçoit de l’armement collectif anglais, quelques véhicules et quelques radios. Il achève son instruction au camp d’El-Hajeb, avec un armement français individuel et quelques armes automatiques.
Le 18 janvier 1944, il est incorporé dans les FTA (Forces Terrestres Antiaériennes), intégré à la 1re DFL et il prend le nom de 21e Groupe Antillais de DCA (Défense Contre Avions).
Après plusieurs mois d’instruction et le remplacement du chef de Bataillon Dreanno par le chef de Bataillon Armand Lanlo, l’unité, équipée de matériel américain, l’unité débarque en Italie en mai 1944.
Campagne d’Italie
Le 31 mai, le 21e GA DCA reçoit l’ordre de rejoindre la Division à Ponte-Corvo. Il assure la protection antiaérienne des itinéraires, des terrains de Piper-cub et participe aux opérations de transport. Positionné autour de Montefiascone, à partir du 12 juin, il y reçoit son baptême du feu, soumis à des tirs de mortiers le soir même, puis à une attaque aérienne, la nuit suivante. Les pertes s’élevèrent au total à 5 morts et 10 blessés.
Le 25 juin, le Groupe quitte Montefiascone pour Aversa, dans le sud de l’Italie. Les hommes quittent la rade de Tarente à bord de paquebots le 12 août, deux jours après le matériel, embarqué à Brindisi.
Campagne de France
Dans la nuit du 16 au 17 août, le 21e GA DCA débarque sur la plage de Cavalaire et se rassemble à la Croix Valmer. Devant la faiblesse du danger aérien, les véhicules de la 4e batterie aident aux transports de la Division, tandis que les 2e et 3e batteries assurent la protection aérienne. Le 20 août, une section, devenue infanterie, opère dans la vallée de Valbonne.
Les 22 et 23 août, les camions du 21e GA DCA mènent quelques 200 prisonniers vers l’arrière, à la caserne d’Hyères, tandis que la 3e batterie assure la protection aérienne et que la 2e prend position à La Valette.
Dans les VOSGES, le 21e GA DCA assure la protection antiaérienne dans la zone de déploiement de l’artillerie malgré le froid, l’humidité et la neige. Ses véhicules sont prêtés pour acheminer rapidement l’infanterie vers la zone de combat ou de la zone de combat vers une zone de repos.
Du 10 octobre au 30 novembre une compagnie d’infanterie occupe trois points d’appui dans les montagnes de Fresse à plus de 800 mètres d’altitude, en pleine forêt et dans la neige.
Le 21 novembre 1944, les Antillais participent à l’attaque menée par le BM 4 et le 22e BMNA.
Le 11 novembre 1944, le commandant LANLO adressa le message suivant à ses hommes : Vous avez l’honneur d’être les Français de couleur à quitter les derniers le front de combat de l’infanterie. Ceux d’entre vous qui, pour remonter en ligne, ont caché aux médecins leurs souffrances, m’ont donné la plus grande joie des chefs ; la vue d’hommes qui servent ennoblis par l’abnégation et le sacrifice.
Envoyé ensuite sur le front de l’Atlantique, comme l’ensemble de la 1ère DFL, le Groupe assure la protection aérienne du terrain d’aviation de Cognac, entre le 16 et le 27 décembre 1944, sans subir d’attaque aérienne.
En ALSACE, où la Division avait été rappelée d’urgence, les missions de DCA du Groupe se doublèrent de missions de défense contre les blindés.
Du 7 au 11 janvier 1945, à Herbsheim, Sand et Benfeld, les batteries subissent des bombardements violents et des tirs de harcèlement.
Le 7 janvier, une section composée d’éléments des 2e et 4e batteries reçoit l’ordre de prendre position dans Herbsheim le lendemain matin. Soumis à de violents bombardements et à des tirs de harcèlement, le village resta encerclé pendant quatre jours. Le 11, en début de matinée, la section décrochait.
Les jours suivants, à Benfeld, le 21e GA DCA repousse toutes les attaques de l’ennemi, détruisant plusieurs chars. Le groupe comptait de nombreux tués, dont deux officiers, et les chefs des deux demi sections de Herbsheim.
Dans la nuit du 22 au 23 janvier1945, la Division pat à l’attaque de la poche de Colmar. Malgré la neige, les obstacles posés par l’ennemi et l’opiniâtreté de la défense allemande, le Rhin est atteint dans les derniers jours du mois. Puis, du 19 février au 7 mars, le 21e GA DCA participe à la garde du Rhin avec une compagnie d’infanterie et une batterie en défense contre les blindés, dans la région de Diebolsheim.
Le 9 mars, le 21e GA DCA fait mouvement vers le front des Alpes.
Arrivé vers le 15 mars 1945, il est placé en défense côtière de Nice à Menton, avec une partie du 1er RFM. Il prête ses GMC et ses chauffeurs au Train.
Le retour aux Antilles se fit par convois maritimes : le 7 septembre 1945, 9 sous-officiers et 125 hommes de troupe étaient dirigés vers le centre de transit de Rouen pour rapatriement.
Le 7 septembre 1945, le 21e Groupe antillais de DCA fut cité à l’ordre de la Division par le général Garbay, commandant la 1e DFL.
Opérations
Campagne d’Italie (Montefiascone) Mai 44 – Débarquement de Provence à Cavalaire 15 Août 44 – Libération de Toulon 25 Août 44 – Franchissement du Rhône 31 Août 44 – Lyon 6 sept 44 – Campagne des Vosges fin sept 44- Campagne d’Alsace janvier 45 – Campagne des Alpes mars 45
Insigne

L’insigne fut dessiné début 1944 en Tunisie à Manzel Bou Zelfa, et après un travail en équipe, le soldat Joseph réalisa la maquette. Sur un fond tricolore, la silhouette du canon de Bofors rappelait que le 21e Groupe était une unité de DCA originaire des Antilles comme l’indiquait la légende. Un modèle peint fut d’abord exécuté en Italie, mais beaucoup trop volumineux, il ne put être porté ; une deuxième série, émaillée cette fois, fut réalisée alors au Caire mais elle ne parvint jamais au groupe. L’insigne officiel fut donc celui exécuté en France par Drago en 1944, d’abord peint puis émaillé ; pour l’obtenir, le 21e GADCA d’ailleurs fournir des douilles d’obus tant le métal était alors une matière première rare ! Enfin, lorsque l’unité stationna vers la fin de la guerre dans la région de Mougins, non loin de Cannes, une brodeuse des environs confectionna alors des écussons qui furent cousus sur les chandails. Les Français Libres et leurs emblèmes par B. LE Marec. Ed. Lavauzelle.
Distinctions - Citations
Le 21e GA DCA a reçu la Croix de guerre 1939-1945. Une citation à l’Ordre de la Division lui a été décernée.
« Groupe Antillais d’élite, sous l’impulsion du chef d’escadron de Kœnigswarter, commandant les FTA divisionnaires et le commandement énergique du chef de bataillon Lanlo, a toujours fait preuve des plus belles qualités militaires.».
« Après avoir participé à la campagne d’Italie, a été utilisé à maintes reprises, pendant la campagne de France comme unité antichars ou d’infanterie. Premier groupe de FTA débarqué à Cavalaire, a pris une part active dans la réduction des forts de Toulon faisant de nombreux prisonniers.
« A tenu, au prix de lourds sacrifices, un front étendu de positions d’infanterie devant Giromagny. A montré une belle ardeur combative pendant la défense d’Herbsheim où un fort détachement du groupe est resté encerclé pendant trois jours, résistant sans défaillance malgré la perte de plusieurs de ses pièces atteintes par des coups directs de chars et la mort de la plupart de ses officiers et chefs de section. À Benfeld, les jours suivants a repoussé toutes les attaques de l’ennemi, détruisant des chars et faisant des prisonniers ».
Sources & Remerciements
artillerie.asso.fr, Revue de la France Libre, n° 242, 1er trimestre 1983
Cie de Quartier général n°50
(et 51, 52)
13e demi-brigade de Légion étrangère
22e Bataillon de Marche nord-africain
Bataillon de Marche n°3
Bataillon de Marche n°4
Bataillon de Marche n°5
Bataillon de Marche n°1
Bataillon de Marche n°11
Bataillon de Marche n°21
Bataillon de Marche n°24
BIM BP BIMP
Bataillon d'infanterie de marine/pacifique
4e compagnie anti-chars
Compagnie de canons d’Infanterie
Bataillon de Marche n°2
1er Régiment de Fusiliers Marins
11e régiment de cuirassiers
1er régiment de Marche de Spahis Marocains
1er Bataillon du Génie
1er Régiment d'artillerie
1ere Cie de chars de combat
FTA 21e groupe antillais de DCA
101è Cie du train auto - 1er escadron train
1er bataillon de transmissions
1er détachement de circulation routière
Ambulance Hadfield Spears
Ambulance chirurgicale légère
Groupe d'exploitation divisionnaire
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