Marcel JASSAUD, Brigadier du 1er RA, 1ère Division Française Libre
Grâce à son fils Philippe Jassaud, Second-Maître (H), représentant départemental accrédité de l’ACOMAR (33-40-64), un grand manque vient d’être réparé : Marcel JASSAUD ne figurait ni dans l’Annuaire de la DFL ni sur le Livre d’Or des Français Libres*.
Et pourtant…. l’histoire de Marcel JASSAUD se confond avec celle de la Résistance, de la filière d’évasion de Carantec vers l’Angleterre, et des combats du 1er Régiment d’artillerie FFL à partir de son engagement dans les FFL en 1943.
Crédit photo Philippe Jassaud
Avant de rejoindre l’Angleterre pour s’engager dans les Forces Françaises Libres, Marcel JASSAUD faisait partie, comme son frère Alfred, du réseau de résistance Alliance qui avait pour mission de recueillir des renseignements sur les forces aériennes, maritimes et terrestres allemandes. Né le 22 décembre 1922 à Marseille, Marcel JASSAUD faisait partie de la section « Méditerranée » du réseau Alliance.
Le frère de Marcel, Alfred, adjoint au chef de secteur Normandie,fut déporté. Ce réseau de 3000 membres a payé un lourd tribut à la lutte contre les Nazis et à la Libération : 438 personnes ont péri les armes à la main ou exécutées après de longues souffrances et des mois de captivité. 106 ont été massacrées au camp de concentration du Struthof dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.
La filière d’évasion SIBIRIL de Carantec (Finistère)
De 1940 à 1944 197 volontaires français et aviateurs anglais, canadiens et américains, traversent la Manche de Carantec pour gagner l’Angleterre afin de continuer la lutte contre l’occupant allemand. A la tête de cette organisation clandestine : le Carantécois, d’Ernest Sibiril, monte un véritable réseau d’évasions. baptisé le « réseau SIBIRIL” qui, de juin 1940 à février 1944, resaurera quinze bateaux en piteux état et les équipera en vue des exfiltrations de volontaires français et de militaires alliés.
Selon le Musée maritime et portuaire de Carantec, Ernest Sibiril était en liaison étroite avec des membres finistériens du Réseau Alliance, au profit duquel de nombreuses personnes furent évacuées vers la Grande-Bretagne à partir de Carantec et du courrier contenant des informations très précieuses acheminé aux services de renseignement britanniques, à bord de ses bateaux. En outre, la famille SIBIRIL fut cachée à Brest de la fin juillet à début septembre 1943 par des membres de ce Réseau, alors que les Allemands tentaient de les capturer. Ceux du Réseau Alliance qui les aidèrent ont tous été capturés par la suite et exécutés.
L’évasion de Marcel Jassaud, le 6 mars 1943
En compagnie de 8 autres candidats à l’évasion, le 6 mars 1943, Marcel JASSAUD s’évade de Carantec à bord du petit cotre de la filière Sibiril, qui porte la devise – tout à fait appropriée dans ces circonstances, de la ville de Morlaix : « s’Ils te mordent… (mords-les) ». Ce cotre de 7 mètres avait été acquis en Juin 1940 par Gwenn-Aël Bolloré alors âgé de 17 ans, en vue de gagner l’Angleterre…
La guerre du petit cotre (extraits), racontée par Jean Dousset (1)
Crédit photo Sophie Poirier
Terre !
Les 9 membres de l’équipage du S’ils te mordent le 6 mars 1943 :
Marcel JASSAUD, 20 ans, membre du réseau Alliance.
Gwenn Aël Bolloré, 17 ans. Engagé dans les FNFL puis au sein du 1er BFMC franco-anglais de Philippe Kieffer qui débarque le 6 juin 1944 à Ouistreham.
Michel Fourquet, 29 ans. Engagé dans les Forces Aériennes des Forces Françaises Libres, Commandant de l’escadron Lorraine.
Bertrand du Pouget, 30 ans. Pilote engagé dans le groupe de bombardement Lorraine.
Robert Guiader, 23 ans. Marine marchande. Engagé au sein du BCRA (deuxième bureau de renseignements). Mission en France. Capturé et déporté dans un camp de concentration.
Marc Thubé, 23 ans. Étudiant. Engagé dans l’armée de terre comme motocycliste. Ensuite, rejoint son cousin Gwenn Aël Bolloré au commando.
Étienne Couliou, 22 ans. Marin-pêcheur. Engagé dans les FNFL. Après la guerre, de nouveau marin-pêcheur. Périt en mer en mars 1951.
Valentin Souffez, 22 ans. Cousin de Couliou. Engagé dans les Forces Françaises Libres. Après la guerre, de nouveau marin-pêcheur. Périt en mer en novembre 1954.
Jean-Paul Martin, 25 ans (futur Cadet de la France Libre puis officier de liaison au sein d’une division britannique)
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Crédit photo Philippe Jassaud
A leur arrivée en Angleterre, Gwen Aël avait une main gelée et Marcel, les deux pieds… Bertrand se souvient avoir laissé des lambeaux de peau dans ses chaussettes (1).
Marcel JASSAUD, 20 ans, signe son engagement dans les FFL à Londres le 17 avril 1943.
Il est affecté au 1er Régiment d’Artillerie avec lequel il participe à toutes les campagnes : Tunisie, Italie, débarquement de Provence, Libération du territoire national jusqu’aux Alpes Maritimes en avril 1945. Il termine la guerre en Italie occupée en mai 1945.
Crédit photo Philippe Jassaud
Le brigadier Marcel JASSAUD fut cité à l’ordre de la Brigade de la 1ère DFL et reçut la Croix de guerre avec Etoile de Bronze.
Crédit photo Philippe Jassaud
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* Marcel Jassaud figure désormais dans ll’Annuaire de la DFL en ligne
Page personnelle de Marcel Jassaud récemment créée sur le Livre d’Or des Français Libres LIEN
(1) “La guerre du petit cotre” : lire le récit intégral sur le site de la Fondation de la France Libre LIEN
Page Facebook du Musée de Carantec LIEN
“Et s’ils te mordent”, article de Sophie Poirier LIEN







1 commentaire
Magnifique, extraordinaire, grand Respect à Marcel , merci à Philippe, j’adore cette publication