
Liste manuscrite des engagés de la “légion des volontaires commandés par le général de Gaulle”, 1940 – sans date
[juin-juillet 1940) – Crédit SHD – Musée de la résistance en ligne
Fabrice Bourrée : « Cette liste manuscrite reprend les noms, prénoms et grades des engagés volontaires dans la France libre… la signature de l’intéressé vaut acte d’engagement provisoire en attendant la signature de l’acte d’engagement individuel définitif ».
Le Blog DFL vous propose de découvrir les parcours de quelques Anciens de la DFL présentés par Fabrice Bourrée sur cette page du Musée de la Résistance en ligne, et de leur apporter quelques compléments d’information.
Il convient de se connecter à cette page pour découvrir plus de biographies de ces premiers FFL …
Nota * Les unités d’appartenance indiquées en gras (site FFL) peuvent différer de celles relevées par Fabrice Bourrée.
Né le 19 septembre 1914 à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), Hervé Autret rallie la France libre le 1er juillet 1940 et signe son engagement individuel à Delville camp le 28 août 1940. Affecté au 2e RTM, il rejoint le BM 6 en 1942. Hervé Autret est démobilisé à Brest le 14 mars 1945. Hervé Autret est décédé le 20/10/1949 à Plouénan (29)

Photo extrait de la Revue de la France Libre, n° 310, 4e trimestre 2000.
Né le 1er octobre 1894 à Epinal (Vosges), ingénieur chimiste, William Bechtel détruit sa propre usine de produits chimiques à Igny (Seine-et-Oise) le 13 juin 1940, veille de l’entrée des Allemands dans Paris, afin qu’elle ne tombe pas entre les mains ennemies.
Il y était mobilisé comme affecté spécial. Chargé d’un service de sabotage à l’arrière des lignes ennemies dans la région Rennes-Laval, il est arrêté par les Allemands à Morlaix, réussit à s’enfuir et à gagner l’Angleterre en barque de pêche le 27 juin 1940. Intégré à la Légion dès sa formation avec le grade de sous-lieutenant, il signe son engagement définitif le 24 septembre 1940.
Affecté au Bataillon de Marche n°2 de l’Oubangui-Chari, il prend part à la campagne de Syrie, aux opérations de l’Euphrate, puis à la campagne de Libye (Bir-Hacheim). Le BM2 étant mis au repos à Madagascar, il se porte volontaire en octobre 1943 pour une mission clandestine en France.
Après un stage en Angleterre, Bechtel est parachuté près de Châteauroux le 9 avril 1944 dans le cadre du plan Sussex.

William BECHTEL
Photo extraite du “Plan Sussex – Biographie”
Il réussit à faire parvenir au Commandement allié des renseignements très nombreux et très importants qui permirent notamment la destruction par l’aviation d’un important dépôt d’essence à Rouen et d’un train de V1 en gare de Formerie. La mission qu’il dirige est qualifiée par le commandement anglais de “first class”. Blessé grièvement (fracture du col du fémur), il a continué à diriger un réseau de renseignement jusqu’à la libération de Rouen. Aussitôt sorti de l’hôpital, Bechtel est volontaire pour l’Indochine où il intègre le commando Conus et prend part à de nombreuses opérations.
Robert DURIF (BM 1 / BM 6 / BM 7 *)
Né le 25 mai 1899 à Chantilly (Oise), instituteur à Paris, Robert Durif rallie la France libre le 26 juin 1940.

Acte de naissance de Robert Durif-
francaislibres.net
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Affecté au bataillon de marche n°1(BM1) le 8 octobre 1940, il participe aux campagnes du Gabon et d’Erythrée. Dirigé sur la Palestine en août 1941, il rejoint le BM7 en mai 1942.
(Le BM7 est créé le 2 aout 1941 à Bangui en Afrique-Équatoriale française. Dissous le 1er avril 1946 ). En février 1943, il est mis à disposition de l’Office des céréales planifiables du Levant. Décorations : Médaille de la Résistance, Croix de Guerre, médaille coloniale, médaille de Syrie, médaille des évadés, médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre.
René Cassin a évoqué son parcours dans son ouvrage Les Hommes partis de rien (Plon, 1974) :“J’ai eu, déjà, l’occasion de relater la belle attitude du capitaine Durif qui, le bras fracassé le 13 mai 1940 sur la ligne Maginot, avait été un des premiers à partir pour l’Angleterre, afin de continuer la lutte. Je l’avais perdu de vue dès le débarquement à Plymouth. Mais ce que j’appris par la suite avec admiration, c’est qu’à peine arrivé sur le sol anglais, il avait en trois jours galvanisé la jeunesse et commencé à constituer une compagnie. Autorisé à se rendre à l’Olympia (music-hall de Londres) où étaient concentrés d’autres militaires hésitants, il avait recruté de nouveaux volontaires, si bien qu’au 20 juillet, il était à la tête d’une unité de 600 hommes… (lire la suite sur le site du Musée)
Né le 23 novembre 1914 à Chaillon (Meuse), engagé le 1er juillet 1940 dans les FFL, affecté à la compagnie de commandement du corps expéditionnaire le 22 août 1940.
La Compagnie de Commandement
L’unité qui assure le soutien direct et le fonctionnement de l’état-major du corps expéditionnaire est la Compagnie de Quartier Général (CQG) n° 50.
– Rôle : Elle assure la logistique, les transmissions internes, la protection du poste de commandement et le transport des officiers de l’état-major.
– Composition : Elle est formée à partir d’éléments disparates ayant rallié Londres après l’évacuation de Narvik ou Dunkerque, ainsi que des volontaires civils.
– Embarquement : Le 22 août 1940, les troupes sont en pleine phase finale de préparation. Les unités commencent à rejoindre les ports (notamment Liverpool) pour embarquer sur les navires britanniques et français (comme le Westerland et le Pennland) qui appareilleront le 31 août.
Le 22 août 1940 est une date charnière pour les forces françaises libres, car elle correspond à la période de formation et d’organisation du Corps Expéditionnaire Français Libre (CEFL) à Londres, peu avant l’opération “Menace” (la tentative de ralliement de Dakar).
État-Major et Commandement
À cette date, le commandement suprême est assuré par le Général de Gaulle. Cependant, le commandement opérationnel du Corps Expéditionnaire est confié au Général de Brigade Edgard de Larminat.
Les Unités de Combat Rattachées
Outre la compagnie de commandement, le corps expéditionnaire comprend à cette date :
– Des éléments de fusiliers marins.
– La 13e Demi-Brigade de Légion Étrangère (13e DBLE).
– Un bataillon de marche de tirailleurs sénégalais (en formation).
– Une compagnie de chars de combat.
Muté trois jours plus tard à la compagnie de transmission. Roger Lor est tué en Syrie le 23 juin 1941 (Mort pour la France).
Né le 18 octobre 1915 à Bourges (Cher), Yves Semin signe son engagement dans la France libre le 29 août 1940 et est affecté à la Compagnie de marche du corps expéditionnaire. En juillet 1941, il est muté à la compagnie de commandement de la 3e brigade puis en avril 1942 aux Troupes spéciales du Levant ( unités militaires constituées durant la période du mandat français en Syrie et au Liban, en complément de l’Armée du Levant).
Le 15 avril 1942, il prend le commandement de la Compagnie spéciale de chars avant de rejoindre le bataillon de marche n°4 – (Historique) le 10 septembre 1942. De décembre 1942 à mai 1945, il sert à la section sénégalaise du QG Sud-Syrie.
Qu’était la “Section sénégalaise du QG Sud-Syrie” ?
Après la victoire des Alliés contre les forces de Vichy en juillet 1941, la France Libre doit administrer la Syrie. Le pays est divisé en zones de commandement territorial.
Le rôle d’Yves Semin : En tant qu’officier au sein de cette section, il assurait l’encadrement de ces troupes d’élite chargées de la sécurité des hautes autorités militaires et de la stabilité de la région de Damas.
Son cheminement est celui d’un officier engagé très tôt pour la Libération, participant à l’encadrement des troupes coloniales qui constituaient l’essentiel des effectifs du BM 4 durant la Seconde Guerre mondiale.
Le QG Sud-Syrie : Basé généralement à Damas, ce commandement gérait les régions méridionales, incluant le Djebel Druze et le Hauran (zones stratégiques car frontalières de la Transjordanie britannique).
La Section Sénégalaise : À cette époque, le terme “Sénégalais” désignait de manière générique les troupes coloniales d’Afrique noire (Tirailleurs). Cette section était l’unité de garde d’honneur, de protection et de service rattachée directement à l’état-major du commandement Sud.
Né le 14 juin 1909 à Blois, il rallie la France libre le 29 juin 1940 et est incorporé aux FFL le 1er juillet 1940 avec le grade de sergent. Il signe son engagement définitif le 29 novembre 1941. Le 2 août 1940, il est affecté à l’état-major de la 1ère Brigade. Gouvernet participe à l’expédition de Dakar. A compter du 15 janvier 1941, il est détaché au service armement puis le 1er octobre 1943 à la mission de liaison. Entre janvier et mai 1945, il sert à la Direction des Etudes et Fabrication d’armement. Démobilisé le 8 janvier 1946.
Né le 24 mars 1905 à Roanne (Loire), comptable, Marcel Degron rejoint la « légion de Gaulle » le 1er juillet 1940 au grade de caporal ; il est affecté à la 3e compagnie de marche. Du corps expéditionnaire. Il décède à Douala (Cameroun) le 30 décembre 1943.
Une naissance dans l’urgence (Juin 1940)
Après l’Appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle se retrouve à Londres avec une poignée d’hommes. Le 1er juillet 1940, il crée officiellement cette « légion » pour regrouper les volontaires français refusant l’armistice.
À cette époque, Churchill et de Gaulle signent les accords des 7 et 8 août 1940, qui reconnaissent de Gaulle comme « chef de tous les Français Libres » et précisent que cette légion ne doit jamais être considérée comme une troupe de mercenaires à la solde de l’Angleterre, mais bien comme une armée française.
Qui étaient ces « légionnaires » ?
Au départ, ils ne sont que quelques centaines. On y trouve :
Les célèbres Sénégalais et troupes coloniales qui formeront plus tard le socle des troupes de choc.
Des militaires évacués de Dunkerque ou de Norvège (comme les chasseurs alpins).
Des civils ayant traversé la Manche par leurs propres moyens.
Des marins de commerce ou de la marine nationale.
Le nom « Légion de Gaulle » a été assez vite remplacé par les Forces Françaises Libres (FFL)

Henri Karcher.
(Crédit photo: Ordre de la Libération)
Refusant la défaite, le 24 juin, de Saint-Jean-de-Luz, Henri Karcher embarque pour l’Angleterre sur le Castle Nairn en se camouflant sous une fausse identité polonaise, entraînant avec lui plusieurs camarades.
Engagé dans les Forces françaises libres, Henri Karcher refuse d’être affecté au Service de Santé et, avec le grade de sergent, prend part à l’expédition de Dakar.
Rapidement promu aspirant, il est affecté au Bataillon de marche n° 1 sous les ordres du commandant Delange et participe à la campagne du Gabon en novembre 1940. Promu sous-lieutenant, il combat en Syrie en juin 1941, prenant le commandement d’une compagnie dont le chef a été abattu par l’ennemi ; lui-même est grièvement blessé par balle peu après, le 15 juin 1941 au Djebel El Kelb.
Malgré la guérison imparfaite de sa blessure, il est affecté comme lieutenant au Bataillon de marche n°5 (BM 5) de la 1ère Division française libre, avec lequel il participe à la campagne de Libye et notamment aux combats d’El Alamein en octobre 1942.
De nouveau hospitalisé en Algérie, le lieutenant Karcher rejoint la 2e DB du général Leclerc en mai 1944 en Angleterre. Il sert alors en qualité d’officier adjoint au capitaine Sammarcelli, commandant la 3e Compagnie du Régiment de marche du Tchad (RMT).
Il débarque avec son unité, le 1er août 1944 en Normandie. Très rapidement, le 11 août, il est blessé à nouveau au combat à Doucelles par des éclats de mortier. Il refuse de se laisser évacuer. Chargé avec sa section, le 25 août 1944, de prendre l’Hôtel Meurice, Q.G. du général von Choltitz, commandant la Place de Paris, il prend le commandement du détachement après la blessure du capitaine Branet ;
il entraîne ses hommes à l’assaut tout le long de la rue de Rivoli et dans les jardins des Tuileries, sous le feu des mitrailleuses et des chars qui défendent l’Hôtel. Il pénètre le premier dans le hall après avoir personnellement abattu un mitrailleur allemand.

“Le Meurice” à l’heure allemande.
(Crédit photo: materielsterrestres39-45.fr)
Il fait prisonnier la garnison comprenant une soixantaine d’officiers d’Etat-major et une centaine d’hommes. Il se porte ensuite immédiatement dans le bureau du général von Choltitz qui lui remet ses armes. En septembre 1944, Henri Karcher est affecté au Gouvernement militaire de Paris en qualité d’aide de camp du général Koenig.


Rédaction et mise en ligne : Florence Roumeguère et Jean Marie Pefferkorn
Sources de l’article:
ordredelaliberation.fr
francaislibres.net
Mémoire de guerre.fr
materielsterrestres39-45.fr

1 commentaire
des archives précieuses. Il est grand temps d’ouvrir les portes de la connaissance et s’en saisir pour la transmission aux jeunes générations. Heureusement, que j’ai pu récupérer les archives de mon père qui lui aussi est parti en Indochine avec Adrien Conus.
Vu le rejet institutionnel, j’ai mis du temps à reconstituer.