
Claude Eugène Marie Moulin, qui a servi au sein du Bataillon de Marche n° 11 (B.M. 11) pendant la Seconde Guerre mondiale, est né à Rennes, en Ille-et-Vilaine (35) le 11 juillet 1921. Les parents de Claude Eugène Marie sont grossistes en tissus à Rennes, il est issue de la bourgeoisie rennaise (le milieu des négociants et commerçants de Rennes).
Son engagement
Le 15 juin 1940, avant même que le général de Gaulle ne lance son appel demeuré célèbre, deux cousins, Claude Moulin et Jacques Verry, lycéens à Rennes, prennent la décision de prendre la route d’un exil de combat et de continuer à se battre. Alors qu’il n’a que 19 ans, qu’il habite chez ses parents, , le jeune homme sent le vent de l’Histoire. « Le 15 juin 1940, mon camarade Rondeau m’apprend que les Allemands seront probablement à Rennes dans deux ou trois jours. D’ailleurs, les Anglais déménagent à la hâte. J’en parle à mon père. Il n’hésite pas un instant à me dire oui lorsque je lui fais part de mon intention de partir pour le Sud afin de continuer le combat. » L’après-midi, il retrouve plusieurs camarades. Tout le monde est décidé à partir mais pas par les mêmes moyens. « Mon cousin et moi choisissons le vélo. Le 16 juin, nous prenons la route jusqu’à Saint Jean de Luz. » Sur la route, ils apprennent que Pétain est devenu président du conseil et que l’on parle d’armistice. « Nous sommes scandalisés quand, parfois, nous entendons des gens s’exclamer : « La guerre est finie ! » C’est aussi sur la route que nous entendons parler de l’appel du général de Gaulle. » Le 23 juin, au soir, Claude Moulin et son cousin tentent en vain d’embarquer à bord d’un paquebot en se mêlant à des civils britanniques de Pau. « On n’a pas pu. Les fusiliers marins français et anglais nous ont refoulés. » Ils y parviennent le lendemain, grâce à un général polonais qui leur fait donner des uniformes bricolés. Comme eux, 200 garçons bénéficieront de ce subterfuge. « A bord du paquebot Steam-Ship Ettrick, il y avait des Anglais, des Polonais, des Français et même le roi d’Albanie ainsi que la reine Géraldine, avec une minable suite ! » Quatre jours plus tard, vers midi, le paquebot touche Plymouth et la côte anglaise. Le soir, Claude Moulin et son cousin sont à Londres et dorment à Empress-Hall, une sorte de cirque d’hiver.

Photographie de l’Empress Hall à Earl’s Court, à Londres, comme il est apparu en 1940.
(London Picture Archive)
Ils reçoivent la confirmation de l’appel devenu historique. « Le lendemain matin, des officiers français viennent de la part du général de Gaulle et nous demandent si nous sommes volontaires. Le soir, en colonne par trois, nous partons au pas cadencé, précédés de deux bobbies à cheval et d’une banderole « Volunteers for général de Gaulle army ». Ma vie militaire a ainsi débuté. » S’enchaînent ensuite des opérations souvent fort éloignées du territoire national, jusqu’au retour en France métropolitaine lors du débarquement de Provence d’août 1944. . Elle a entraîné Claude Moulin en Afrique, au Moyen Orient, dans le Pacifique… Jusqu’au jour où il démissionne pour reprendre l’affaire de ses parents.
Comment deux jeunes gens que rien ne destinait à une carrière militaire ont-ils pu prendre une telle décision ? Quels sont les facteurs familiaux, scolaires, associatifs, ou encore les éléments de formation politique qui ont pu les conduire à quitter leurs foyers ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles tente de répondre ce livre de Jean-Marie Kowalski, maître de conférences à l’Université de Paris-IV Sorbonne, fondé sur les lettres et photographies laissées à ses descendants par Claude Moulin.

Promotion au grade d’aspirant en date du 15 août 1941

Récits de Jean TREMEAU du BM XI sur la campagne d’Alsace
Les récits de Jean Tremeau évoquent à plusieurs reprises le Lieutenant MOULIN dans les combats du BM XI en Alsace :
Défense de Strasbourg
Sand – Osthouse – Bois de Pfifferwald :
le B.M. XI tente de rompre l’encerclement du B.M. 24
Claude Moulin, “le Français Libre“, vivait doucement sa retraite d’ancien assureur (son dernier métier). De ces nombreuses campagnes, il ne tirait aucune gloire. En témoignent pourtant ses nombreuses décorations (Légion d’honneur, ordre national du Mérite, médaille de la Résistance avec rosette et autres médailles commémoratives) et les citations signées de grands noms de l’armée française de l’époque. «Tout cela, pour moi, n’a rien d’extraordinaire. C’était normal, ce qu’on a fait. »

Claude Moulin, “le Français Libre“
(photofrancaislibres.net)
Claude Moulin est décédé le 26 septembre 2005 à Saint-Malo (35) à l’âge de 84 ans. Ses obsèques ont été célébrées, dans la plus stricte intimité, en l’église “Toussaints“, fin septembre. Ce combattant de la première heure est resté discret jusqu’à son dernier souffle.
Mise en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Source de l’article:
francaislibres.net
London Picture Archive
