les « Tamari’i » enfants volontaires du Bataillon du Pacifique – Unité des Forces françaises libres

par Jean Marie PEFFERKORN
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ORIGINE

Le bataillon du Pacifique est une unité des Forces françaises libres formée en Polynésie française en 1940, et appartenant à la 1re division française libre du général Pierre Kœnig. Il combat notamment en Afrique du Nord, en Italie et en France. Les soldats du bataillon sont surnommés les « Tamari’i volontaires », ce qui signifie les enfants volontaires (« tamari’i » signifie « enfants » en tahitien).
Le bataillon est créé à l’initiative de Félix Broche, alors capitaine, qui sera promu commandant, puis lieutenant-colonel avant d’être tué à la bataille de Bir Hakeim. Il est affectueusement surnommé par ses hommes le « metua » (le père).

Voici les points clés de leur histoire :

  • Ralliement à la France Libre : Après l’armistice de 1940, les Établissements Français d’Océanie (E.F.O.), dont Tahiti, se rallient à la France Libre le 2 septembre 1940.
  • Engagement : Le 9 septembre 1940, un millier de volontaires tahitiens se présentent aux bureaux de recrutement de la caserne Bruat pour former un corps expéditionnaire du Pacifique, répondant à l’appel du commandant Félix Broche.
  • Départ pour le front : Le premier contingent de 300 volontaires tahitiens quitte Tahiti le 21 avril 1941 à bord du navire Monowai. Selon la tradition océanienne, ils jettent leurs couronnes de fleurs à la mer. La princesse Terii Nui O’ Tahiti Pomare leur a remis un fanion brodé.
  • Formation du Bataillon du Pacifique : À Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, ce contingent est renforcé par des recrues néo-calédoniennes, formant le Bataillon du Pacifique (BP 1).
  • Campagnes militaires :
    • Le bataillon est intégré à la 1ère Brigade Française Libre (future 1ère Division Française Libre – 1re DFL) sous les ordres du général Koenig.
    • Ils partent en direction du Moyen-Orient, puis sont formés au combat dans le désert par des instructeurs britanniques.
    • Ils se distinguent notamment lors de la Bataille de Bir Hakeim en Libye (mai-juin 1942), une victoire emblématique de la France Libre. Le lieutenant-colonel Félix Broche y est tué.
    • Le Bataillon du Pacifique fusionne avec le Bataillon d’Infanterie de Marine (BIM) pour former le Bataillon de Marche du Pacifique (BMP 1).
    • Ils participent ensuite aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie, puis à la campagne d’Italie (débarquement à Naples en 1944).
    • Ils prennent part au Débarquement de Provence et à la libération de la France métropolitaine.
  • Autres engagements : En plus de ceux du Bataillon du Pacifique, d’autres Polynésiens se sont engagés dans d’autres corps d’armée, notamment dans les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) et dans l’Armée de l’Air. Au total, on estime qu’environ un millier de Polynésiens se sont impliqués dans le conflit.
  • Leur engagement est un épisode majeur et héroïque de l’histoire de la Polynésie française et de la France Libre. Leur chant, le “Tamari’i Volontaire”, est devenu l’hymne de leur unité.
En 1940, sur le mont Faiere situé à St Amélie, sur les hauteurs de Papeete, il y avait une batterie d’artillerie (2 canons de marine 65mm et un canon de 47mm) pour défendre la ville d’éventuelles attaques allemandes.
Un jeune caporal-chef, Pea Tutehau (ci-contre) affecté à cette position, commença à composer un chant pendant ses heures perdues: « Tamarii no te batterie » (enfants de la batterie).

Destins de Tamari’i Volontaires

Épisode 1

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Épisode 2

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Épisode 3

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Photo: Polynésie Société

Publié le 11/09/2025

Ce mardi, un hommage national a été rendu aux polynésiens morts pour la France depuis 1914, à Paris, sous l’Arc de Triomphe. Pour la onzième fois, le directeur de l’Office National des Combattants et Victimes de Guerre de Polynésie française, Philippe Leydet, a ravivé la flamme du Soldat inconnu.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont le vice-amiral Geoffroy d’Andigné, ancien COMSUP en Polynésie française, et Titania Redon, descendante de cinq Tamarii volontaires, a été marquée par le dépôt d’une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu.

La cérémonie a rendu hommage aux jeunes Tamarii volontaires tombés lors d’opérations extérieures (OPEX), comme Marcel Amaru, Albéric Riveta et Tanerii Mauri.

Philippe Leydet a signé le livre d’or à l’issue de la cérémonie, y rendant hommage aux Tamarii volontaires, concluant sa dédicace par un  “Mauruuru roa, sans vous nous ne pourrions vivre Libres !” .

Photo: Polynésie Société

Lépopée-des-tamarii-volontaires.
Tableaux vivants et films d’époque pour la mémoire des Tamarii Volontaires

Mise en ligne: Jean-Marie Pefferkorn

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