


Ernest Marcel BACH
Albert Mathioux.
Plaque en bronze en demi-ronde bosse.
Joseph Diaz

Gaston Gillis

Adolphe Formento
Qui étaient ces 5 soldats ?
– Albert MATHIOUX
né le 23/09/1914 à PARIS disparu le 11/06/1942 à la bataille de BIR HAKEIM.
– Aldo FORMENTO
né le 26/12/1915 à TURIN en ITALIE.
– Joseph DIAZ
chauffeur mécanicien de nationalité espagnole né le 18/09/1913 à PALOMOS en ESPAGNE.
– Gaston GILLIS
né le 15/06/1913 à CHARLEROI en BELGIQUE disparu le 05/07/1941 à BEYROUTH au LIBAN (d’après le journal de campagne de Ernest Marcel BACH)
– Ernest Marcel BACH
chauffeur mécanicien né le 11/03/1918 à KUNHEIM décédé le 05/01/1962 à BOIS D’ARCY.
Patrick BACH
“Tout récemment je suis tombé sur un cahier écrit par mon père lorsqu’il était au LEVANT de 1939 à 1945, ce journal de marche rédigé par un simple soldat, un jeune homme de 22 ans, Spahi Marocain dormait dans un fond de tiroir depuis plus de 75 ans.
Dans son journal il décrit sa fuite de PALMYRE en SYRIE le 15 juillet 1940 pour rejoindre avec 4 autres soldats et 3 autos-mitrailleuses les britanniques en PALESTINE après une course folle de 750 km la nuit dans le désert syrien.
Il raconte avec moult détails son adhésion au BIM du Capitaine Raphaël FOLLIOT puis celle aux Spahis Marocains du Capitaine Paul JOURDIER, sa campagne en ERYTHREE contre les italiens puis sa campagne fratricide en SYRIE, il rejoint la COTE FRANCAISE DE SOMALIE plus précisément DJIBOUTI après que cette colonie se soit ralliée aux FFL, il décrit l’ambiance délétère entre français à DJIBOUTI sous un climat hostile puis son retour en FRANCE.
C’est le récit de tous les jours, au jour le jour, d’un simple soldat, avec une vision et le ressenti d’un jeune homme de 22 ans. Il n’y a pas de plan de bataille ni de stratégie militaire, il raconte simplement ce qu’il fait et ce qu’il voit, il cite de nombreux camarades et son commentaire est daté“.
Sources de cet article : Françaislibres.net
Crédit photos: Français Libres
Le début du journal de marche de Ernest Bach commence ainsi…
“En écoutant les nouvelles des radios sur la capitulation de la FRANCE et après avoir entendu parler de l’appel de LONDRES du Général de GAULLE, mes camarades et moi décidons de nous rallier aux Forces Françaises Libres, de nous évader par nos propres moyens en PALESTINE et nous placer à la disposition des autorités britanniques.
Nous fixons le jour du départ au 15 juillet 1940 à minuit”.

Cette évasion de SYRIE organisée par 5 soldats est tout à fait exceptionnelle au moins pour 4 raisons :
– Ce sont de simples soldats, il n’y avait pas de sous-officier et encore moins d’officier pour les commander et organiser cette fuite avec autos-mitrailleuses et armes.
– Cette évasion s’est produite après le 3 juillet 1940 c’est-à-dire après l’attaque de la flotte française par la flotte anglaise à MERS-el-KEBIR, cette agression anglaise tuant 1297 français a refroidi les forces militaires du LEVANT encore hésitantes à rejoindre le Général de GAULLE.
– Ils sont partis de nuit à travers le désert munis d’une simple carte et d’une boussole avec pour point de repère le Djebel Druze sous le très faible éclairage de leur automitrailleuse.
– Ces 5 soldats partis de nuit de la base militaire de PALMYRE, cette base était très éloignée de la frontière palestinienne, ils prenaient énormément de risques de partir de si loin.
Extrait du journal de marche de Ernest Marcel BACH.
PALESTINE ET EGYPTE du 17 juillet 1940 à la fin octobre 1940.
“Le 22 juillet 1940 nous embarquons nos véhicules sur plate forme ferroviaire et partons en train de HAÏFA pour EL-QANTARA en EGYPTE, nous arrivons le lendemain matin, et débarquons nos véhicules pour traverser le canal de SUEZ sur un bac, arrivés sur l’autre rive il nous restait une trentaine de km à parcourir sur route avant d’arriver vers midi au camp de MOASCAR.
Nous nous présentons au Capitaine Raphaël FOLLIOT qui commandait le camp, ce dernier était parti de TRIPOLI au LIBAN avec toute sa compagnie. Nous étions très bien reçus et tous étaient épatés par notre exploit d’évasion de SYRIE. Après un copieux déjeuner, vers 2 heures de l’après-midi nous étions stupéfaits, car à peine venions nous d’arriver au camp de MOASCAR que l’on nous donnait l’ordre de préparer immédiatement nos véhicules, faire le plein d’essence pour embarquer à SUEZ direction DJIBOUTI. Nous devions rejoindre le Colonel de LARMINAT qui s’était évadé comme nous, mais avant nous de SYRIE, il se trouvait à présent en mission à la COTE FRANCAISE DE SOMALIE.
Nous attendions l’embarquement lorsque vers 17 heures le contre ordre est arrivé, la mission du Colonel de LARMINAT ayant échouée”.

Joseph Diaz, souriant, 2e à gauche, Ernest Bach 1er à droite
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Condamnations par contumace pour désertion

Ce document est un extrait de presse rapportant des condamnations par contumace prononcées à Clermont-Ferrand contre des individus qualifiés de “Gaullistes” par le tribunal militaire de la XIII région.
Chef d’accusation : “désertion à l’étranger en temps de guerre” (ce qui signifie qu’ils ont rejoint les Forces Françaises Libres à l’étranger ou ont déserté l’armée de Vichy).
Dix ans de réclusion : Marcel Boch, Aldo Formento, Albert Mathieu, Gaston Gillis et Joseph Diaz (soldats de la légion étrangère du Levant). (Marcel Boch est plus probablement Ernest Bach)
Peine additionnelle pour tous : Condamnation à la dégradation militaire.
Ce type de procès et de condamnations par contumace était fréquent sous le Régime de Vichy à l’encontre de ceux qui rejoignaient la Résistance ou la France Libre, le plus célèbre étant la condamnation à mort du général de Gaulle lui-même par ce même tribunal de Clermont-Ferrand en août 1940.
Journal de Marche de Ernest Bach téléchargeable :
Mise en ligne: Jean-Marie Pefferkorn
