Nicolas Wyrouboff (1915-2009) Compagnon de la Libération du BM XI

par Jean Marie PEFFERKORN
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Nicolas Wyrouboff

BIOGRAPHIE

Nicolas Wyrouboff est né le 7 février 1915 à Orel (Russie) dans une famille d’ancienne noblesse russe. Son père est administrateur de biens.
A la suite de la Révolution d’octobre 1917, il vit en Russie avec ses grands-parents, sa sœur et son frère. Sa mère meurt du typhus après avoir été incarcérée.

La famille Wyrouboff obtient l’autorisation de quitter l’URSS en 1924 après un versement d’argent aux autorités soviétiques par une parente en Allemagne.

Arrivé à Paris en mai 1924, Nicolas Wyrouboff obtient ensuite son baccalauréat. Admis à l’Université d’Oxford en 1938, il se trouve en Angleterre au moment de la déclaration de guerre.

Il demande à rentrer en France pour s’engager ; la demande restant sans suite, il cherche alors à s’engager dans l’armée britannique en octobre 1939 mais en vain, n’étant pas sujet britannique.

En août 1940, il s’engage dans les Forces françaises libres à Londres sous le pseudonyme de Fleury. Affecté à la compagnie des volontaires étrangers du capitaine Durif, il participe à l’expédition de Dakar en septembre 1940 puis, est affecté au Bataillon de marche n° 1 (BM 1) à Brazzaville. Il prend part, en juin 1941, au sein de la 1ère Division légère française libre, à la campagne de Syrie.

Après un court passage à l’Etat-major de la 2e Brigade française libre (général Cazaud), il est muté au Bataillon de marche n° 11 (BM 11) avec lequel il participe successivement aux campagnes d’Egypte (juin 42), de Libye (oct.42-janv.43) et de Tunisie (avril-mai 43).

Sous la tente à El Alamein en 1942

En mai 1944, l’adjudant Wyrouboff est blessé une première fois par une rafale de mitrailleuse à Pontecorvo en Italie ; moins de 15 jours plus tard, alors qu’il avait demandé à servir dans une compagnie de voltigeurs pour “mieux approcher l’ennemi“, il est à nouveau blessé par des éclats d’obus à Bagni di Tivoli.

Évacué et hospitalisé en Afrique du nord, il rejoint le BM 11 en France sans convalescence le 1er septembre 1944. Le même mois, dans les Vosges, il entraîne ses tirailleurs à l’attaque de Lomontot malgré le tir meurtrier de l’ennemi. Il termine la guerre après la campagne d’Alsace.

En 1946 il est démobilisé, obtient la nationalité française et est engagé comme fonctionnaire international aux Nations-Unies où il est chargé du problème des Réfugiés.

En 1948, il travaille à l’Organisation Internationale des Réfugiés.
En poste à Vienne puis à Londres, il quitte l’ONU. Au moment du putsch de 1961, il s’engage à la sécurité militaire en Algérie (action anti OAS).

En 1963, il devient délégué ministériel aux Rapatriés pour la région parisienne.

Il avait recensé 250 tombes de Russes tombés au service de la France parmi lesquelles onze compagnons de la Libération (dont dix au titre des FFL).

Nicolas Wyrouboff

Commandeur de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération


EXTRAITS DE SES ENTRETIENS AVEC PASCAL MAILHOS EN 1988

(archives F. Roumeguère- Blog DFL)

Nicolas Wyrouboff et pascal Mailhos à Toulon en 1998

Être un émigré russe à Paris

NW : « Je vais vous dire une chose, aussi simple que possible, au fond la première famille française que j’ai connue, c’est la famille Noailles en épousant Sabine.
Avant la guerre, je vivais dans un milieu russe, étudiant en philo à Lakanal, puis j’habite la cité universitaire, j’ai des copains étudiants, on dîne ensemble, on va à la cantine ensemble et on ne va pas dans les familles. Par conséquent, je ne connais pas les familles françaises. Ensuite, c’est Oxford, puis c’est la guerre.
Tout de suite après la guerre c’est New York et les Nations Unies. Je rencontre cette jeune fille et je rentre dans une famille française. Les gens me disent souvent que c’est parce que les Français sont xénophobes. Pas du tout. C’est parce que cela s’est fait ainsi. Je dois dire que, dans l’ensemble, très peu de mes amis russes ont fréquenté des Français et l’immense majorité des Russes de mon espèce et de mon âge ont épousé des Russes. La génération suivante a, elle, épousé en majorité des Françaises. Mais, à ma génération, les Russes épousaient des Russes.

L’intégralité des entretiens ci-dessous au format PDF

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Nicolas Wyrouboff est décédé le 13 août 2009 à Paris, Il est inhumé à Sainte-Geneviève des Bois dans l’Essonne.

Dans le caveau, parmi les membres des familles Wyrouboff et Lvoff,
est aussi inhumé Nicolas Wyrouboff (1915-2009), compagnon de la Libération.

Ses distinctions

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération – décret du 29 décembre 1944
  • Croix de Guerre 39/45 (2 citations)
  • Médaille Coloniale (avec agrafes)


Archives et rédaction : F. Roumeguère
Mise en ligne par Jean Marie Pefferkorn

Sources :

https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/nicolas-wyrouboff
http://vivelaresistance.unblog.fr/2009/08/16/hommage-a-nicolas-wyrouboff-francais-libre-de-1940-compagnon-de-la-liberation/

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