Engagé dans les Forces Françaises Libres au Moyen Orient, Jean Schlumberger (1907-1987) fut un illustre joaillier

par Jean Marie PEFFERKORN
21 vues

Jean Schlumberger est né à Mulhouse dans une famille aisée impliquée dans l’industrie du textile. Il est le fils de Paul Schlumberger (1877-1952) et d’Élisabeth Schoen (1884-1942), et le frère de Daniel (1904-1972), de Pascal (1911-1986), d’Isabelle et de Jacqueline Schlumberger. Il dessine constamment pendant sa jeunesse, mais ses parents tentent de décourager son intérêt pour l’art en lui refusant de suivre des cours.

(Blason des Schlumberger)

(Photo wikipedia.org)

Il commence sa carrière dans les années 1930 en créant des boutons pour Elsa Schiaparelli. La créatrice lui demande ensuite de concevoir des bijoux fantaisie pour son entreprise.

Jean Schlumberger

(Photo MAD, Paris)

Pendant la Seconde Guerre mondiale,

Le parcours militaire de Jean Schlumberger durant la Seconde Guerre mondiale est particulièrement intense et itinérant. Bien qu’il ait déjà commencé à se faire un nom à Paris auprès de la couturière Elsa Schiaparelli dans les années 1930, le conflit marque un coup d’arrêt brutal à sa carrière naissante et le propulse sur plusieurs fronts.

La mobilisation et l’épreuve de Dunkerque (1939-1940)

Au déclenchement de la guerre en 1939, Jean Schlumberger est mobilisé au sein de l’armée française. En mai-juin 1940, il se retrouve pris dans la tourmente de la bataille de France et fait partie des troupes qui reculent jusqu’à la poche de Dunkerque. Il survit à cette terrible bataille et réussit à être évacué par bateau vers l’Angleterre lors de l’opération Dynamo.

Après son évacuation en Angleterre, le parcours de Schlumberger passe brièvement par les États-Unis. Il s’installe un temps à New York (où il commence déjà à poser les jalons d’un futur atelier avec son associé Nicolas Bongard) et conçoit en 1941 une célèbre broche d’inspiration militaire, le Trophée de Vaillance, pour la célèbre rédactrice de mode Diana Vreeland un bijou représentant un bouclier, des lances et un plastron, directement inspiré par le climat de guerre.

le Trophée de Vaillance

(Photo pinterest.com)

L’engagement dans les Forces Françaises Libres et le Moyen-Orient

Refusant de rester passif, Jean Schlumberger choisit de reprendre activement le combat. Il s’engage sous les ordres du général Charles de Gaulle au sein des Forces Françaises Libres (FFL).

Son engagement l’amène à être déployé en Angleterre, puis au sein de la 1ère Division Française Libre (DFL), à partir pour le Moyen-Orient. En 1943, il est affecté au Liban, pays où il servira jusqu’en 1946. Fait intéressant pour cet homme issu d’une grande famille d’industriels alsaciens, il profite de son affectation au Liban pour concevoir des projets de création textile.

En résumé : Jean Schlumberger n’a pas seulement été un témoin passif de la guerre. Entre son évacuation de l’enfer de Dunkerque en 1940 et la fin de son service au Liban en 1946 sous la bannière de la France Libre, il aura servi pendant près de sept ans avant de pouvoir retourner à New York et d’y accomplir la carrière joaillière légendaire que l’on connaît.

Jean Schlumberger était un homme fondamentalement secret et humble, qui mettait rarement en avant son passé militaire ou sa vie privée dans les médias. le “Trophée de Vaillance” est en quelque sorte le seul “portrait” militaire que le joaillier a laissé de cette période.

L’une des pièces les plus célèbres créées par Jean Schlumberger est la monture du célèbre diamant jaune Tiffany, qui fait partie de la collection de l’entreprise depuis le XIXe siècle. La broche, nommée “Bird on a Rock”, incorpore l’impressionnant diamant jaune de 128,54 carats dans une monture fantaisiste typique du style Schlumberger.

La broche, nommée “Bird on a Rock”

(Photo wikipedia.org)

Jean Schlumberger est décédé le 29 août 1987 à Paris, à l’âge de 80 ans.

Il repose dans un lieu particulièrement empreint de poésie et de sérénité : le cimetière de l’île de San Michele, à Venise, en Italie.

Sépulture de Jean Schlumberger

(Photo wikipedia.org)


Mise en ligne par Jean-Marie Pefferkorn

Sources de l’article

wikipedia.org
Pinterest.com
Photo MAD, Paris
www.ici.fr/infos
defense.gouv.fr

Vous devriez apprécier

Laisser un commentaire