André Nouschi combattant de la 1ère DFL (101e CA du Train) et historien du monde arabe

par Jean Marie PEFFERKORN
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André Nouschi
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(francaislibres.net)

André Nouschi, est né à Constantine le 10 décembre 1922, il est issu d’une famille juive d’Algérie, déchu de sa nationalité par le régime de Vichy en 1940 (son père descend de juifs de Livourne installés en Algérie au milieu du XVIIIe siècle, sa mère d’une lignée d’Al-Andalus passée au Maghreb dès le XVIe). Alors qu’il était encore lycéen, il s’engage d’abord au sein du Corps franc d’Afrique. Il s’évade ensuite de l’armée du général Giraud.

(Le Corps franc d’Afrique (CFA) est une unité militaire d’élite et de circonstance de l’armée française, dont l’histoire est aussi brève que fascinante. Créé dans le sillage du débarquement allié en Afrique du Nord (l’Opération Torch en novembre 1942), il a joué un rôle crucial lors de la campagne de Tunisie face aux forces de l’Axe.
Après le débarquement allié, l’Afrique du Nord est en pleine confusion politique. Le général Henri Giraud, qui prend le commandement civil et militaire à Alger, fait face à un afflux massif de volontaires qui veulent se battre contre les Allemands, mais que l’armée régulière (alors en pleine réorganisation et politiquement frileuse) ne peut ou ne veut pas intégrer immédiatement.

Pour canaliser cette ferveur, Giraud signe l’acte de naissance du Corps franc d’Afrique le 25 novembre 1942. Le commandement en est confié au général Joseph de Goislard de Monsabert).

Dissolution et bascule vers la France Libre

Le destin du CFA est intimement lié aux rivalités politiques de l’époque. L’unité est très marquée par un esprit de résistance farouche, et beaucoup de ses membres sont idéologiquement plus proches du général Charles de Gaulle (à Londres) que du général Giraud (à Alger).

Une fois la Tunisie libérée, l’unité est officiellement dissoute le 25 juillet 1943. Ses hommes sont alors ventilés dans d’autres unités en pleine reconstruction. C’est à ce moment précis que André Nouschi décide de s’engager officiellement dans les Forces Françaises Libres (FFL) pour rejoindre la prestigieuse 1ère DFL, s’apprêtant ainsi à poursuivre le combat en Italie puis en France.

Engagé au sein de l’arme du Train dans cette division (1ère DFL), André Nouschi a côtoyé le général Diégo Brosset durant la campagne d’Italie puis la libération de la France

le général Diégo Brosset
(francaislibres.net)

André Nouschi évoque son chef Diégo Brosset
(Témoignage recueilli par Alain Jacquot-Boileau en 2008)

« Brosset était un type épatant, raconte-t-il. Quand nous sommes arrivés à Lyon avec un bon mois d’avance sur le programme, il a fait monter sa jeep sur les escaliers de l’hôtel de ville à la stupéfaction des Lyonnais et aussi à la nôtre.
Il avait conduit notre division en Italie jusqu’aux portes de Sienne, et nous avions une confiance incroyable en lui. Nous savions qu’il était casse cou, d’un courage fou et d’une témérité totale. Garbay son successeur n’avait pas son allant et son panache. Il me rappelait les généraux de la Révolution; ce n’est pas peu dire.
Son nom est à peine mentionné dans les manuels et dans l’histoire de la France Libre.
Il a été un grand soldat, certes, mais aussi un très grand Français. Je me suis toujours étonné qu’à titre posthume de Gaulle n’en ait pas fait un maréchal de France. Il le méritait bien. Car sans son audace, la chute de Belfort aurait été retardée . »
Ce témoignage est très touchant et c’est toujours ainsi que parlent ceux qui ont approché le général Brosset.
Il participe ensuite à la libération de la France, vivant notamment l’arrivée de la division à Lyon à la fin de l’été 1944 et la poussée vers Belfort.

Son parcours dans la vie civile

Après son retour à la vie civile en septembre 1945, André Nouschi mène une brillante carrière d’historien et d’universitaire, s’imposant comme l’un des grands spécialistes de l’histoire de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient contemporains.

Formation et débuts académiques

Après la guerre, il obtient l’agrégation d’histoire et s’installe en France métropolitaine pour poursuivre ses recherches.
La thèse de doctorat (1959) : sous la direction du célèbre historien Charles-André Julien, il soutient sa thèse d’État intitulée Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises, de la conquête jusqu’en 1919. Publiée en 1961, cette œuvre majeure d’histoire économique et sociale devient rapidement un classique.
Il est d’abord nommé maître de conférences à l’université de Tunis en 1961. En 1964, il rejoint l’université de Nice lors de sa création en tant que professeur d’histoire contemporaine.
À Nice, il fonde en 1968 le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine (CMMC), puis lance en 1971 la revue des Cahiers de la Méditerranée. Il y forme de nombreux chercheurs avant d’être nommé professeur émérite en 1991.

André Nouschi enseignant
(Photo emb-argelia.pt/)

L’œuvre d’André Nouschi s’articule autour de plusieurs axes majeurs :

L’histoire de l’Algérie et de la colonisation
L’histoire du pétrole et de la géopolitique
Manuels et collaborations

André Nouschi est décédé à Nice le 7 mars 2017 à l’âge de 94 ans.

Mise en ligne par Jean-Marie Pefferkorn

Sources de l’article :
francaislibres.net
www.emb-argelia.pt/
memoiredeshommes

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