PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

par 1DFL
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La Ville de PARAY-LE-MONIAL et ses environs ont été pendant l’occupation un haut lieu de la Résistance.

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

Barrette de la résistance 
(Photo internet)

Le tribut fut lourd. 80 habitants furent déportés, 34 ne revinrent pas. Après la Libération, PARAY-LE-MONIAL fut citée :

« Ville qui dès le début de l’occupation allemande s’est signalée par son activité résistante. A eu de ce fait 80 habitants déportés, dont 34 ne sont pas revenus des camps de concentration ennemis »

Cette citation s’est accompagnée de l’attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de bronze.

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

 (Photo internet)

Parmi les actes de résistance effectués à PARAY ou dans ses environs,
citons l’action du 22 août 1944.

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

(Photo : Cheminots retraités CGT – secteur DIJON)

Paray-le-Monial, le 22 août 1944


Le 22 août 1944, le capitaine Guy d’Artois, un agent du S.O.E de l’armée canadienne, décide de monter une opération engageant le 1er bataillon du Charollais sur plusieurs objectifs.

Les maquisards de la 4ème Cie sont commandés par le capitaine Gaston Lévy, un réfugié juif devenu l’un des chefs de la résistance dans la région. Ces hommes sont issus des groupes de « Sylla » à Martigny-le-comte et de « Gros Bois » à Saint-Julien de Civry ; ils ont pour objectifs la gare de Paray-le-Monial avec son dépôt ferroviaire et de libérer un train de déportés.

Le train de déportés est bien à quai, mais composite. En son milieu, des wagons de voyageurs transportent des miliciens et leurs familles, du personnel des services de police allemande de Clermont-Ferrand et une escorte de soldats de la Waffen SS, sans doute de la Freiwilligen-Stamm-Division ; c’est une unité de dépôt formée en janvier 1944 dans le sud de la France avec des volontaires anti-bolcheviques russes ukrainiens, géorgiens, turcs et caucasiens du Nord présents dans la région. Il y a aussi d’autres convois militaires et du matériel lourd et de réparation, le tout fortement armé de mitrailleuses jumelées de défense anti-érienne.

Au début, l’objectif des maquisards est bien circonscrit, la gare est isolée, mais la surprise est 
ailleurs : un train blindé de protection arrive sur les lieux à vitesse réduite.

Après le débarquement en Provence, constatant que la circulation ferroviaire devient de plus en plus difficile, les allemands ont l’idée de former des convois de 6 à 12 trains précédés d’un train blindé.

Le train blindé n°32, dont le blindage a été élaboré dans les usines Schneider du Creusot, 
circulait entre Chagny et Paray-le-Monial. Opérationnel depuis juillet 1944, il était servi par l’équipage du train blindé n°31 abandonné en Russie en décembre 1943. La nuit, il se cachait au Creusot dans un tunnel. C’était le seul de ce type à circuler en France.

Ce train sera finalement intercepté à Saint-Bérain-sur-Dheune le 7 septembre 1944 par le 
tank Destroyer Béarn du 9ème régiment de chasseurs d’Afrique par un tir qui atteint la chaudière de la locomotive.

Le train blindé sera utilisé pendant le tournage du film : la bataille du rail en 1946. Après le tournage il entreprendra une tournée nationale, de gare en gare, où on pouvait le visiter, puis finira
mystérieusement découpé par des ferrailleurs. Le train blindé est doté d’une puissance de feu disproportionnée en comparaison de celle des maquisards. A son arrivée, un combat inégal et sans merci a lieu en défaveur des maquisards, qui doivent battre en retraite. Il y aura 29 victimes chez les résistants, dont des prisonniers ramenés jusqu’à la gare et abattus.

Le train de déportés est reparti vers sa destination : la gare alsacienne de Rothau au bas des Vosges. De là, les détenus ont été emmenés au camp de concentration de Natzwiler Struthof. A
l’approche des alliés, début novembre, ils ont été évacués vers le camp de Dachau. Les survivants du convoi ne retrouvèrent la liberté que le 29 avril 1945, avec l’arrivée d’une unité américaine.
Parmi les 29 victimes de la gare, il y avait 11 digoinais.
Un grand nombre de jeunes de Digoin avait rejoint la résistance, dont : Amédée Saulnier du groupe « Sylla » et Lucien Papillon du groupe « Gros Bois » ils ont tous deux participé à l’attaque de la gare de Paray-le-Monial et tous les deux ont signé quelques jours plus tard un engagement au BM24 à Lyon.

Il faut signaler que l’un des blessés, Roger Retat, ne devra d’avoir la vie sauve qu’au courage 
de Lucien Papillon, qui le ramena en lieu sûr.

Lucien Papillon participera le 4 septembre 1944 à la libération de la ville de Paray-le-Monial. 
Je connais encore 3 personnes en vie de la commune de Digoin ce 22 août 2017, qui ont participé au combat le 22 août 1944 à Paray-le-Monial :

Marcel Perrut, né en 1918

Maurice Achaintre, né en 1924
Lucien Papillon, né en 1926

Fait le 1er septembre 2017

                      Alain OTT 

(Crédit photos : Alain Ott)

 * PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

Jean Gilbert, Alain Ott et Lucien Papillon

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

 Dépôt de gerbe au monument aux morts du cimetière de Digoin

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

 A coté de Jean Gilbert, un des fils de Lucien Papillon

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

Monument aux morts de Digoin, de gauche a droite
Maurice Achaintre, Bernard Ledin et Marcel Perrut

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

 Cimetière de Digoin

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

Marcel Perrut et Jean Gilbert

* PARAY-LE-MONIAL, 22 août 1944 les patriotes en action

Jean Gilbert à la gare de Paray le Monial

 Le 22 août 1944…
 une date gravée à jamais pour Paray-le-Monial

Mise en ligne : Jean-Marie Pefferkorn

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1 commentaire

Clément Chuard Marie Claude 9 avril 2026 - 13h40

Pour le bulletin municipal de st julien de civry année 2025, j’ai donné un résumé des événements ayant trait au maquis de st julien dont l’attaque de la gare de Paray le 22 août 44.
Le maquis de St Julien de Civry avait préparé et programmé une attaque pour le 22 sur la base aérienne de St Yan.
Une réunion préparatoire s’est déroulée le 21 août au café Fournier à St Julien pour la mise au point.
C’est dans la nuit du 21 au 22 août qu’il y a eu changement. Un informateur ( jamais retrouvé) est venu annoncer aux responsables du maquis de st julien qu’un train de déportés devait transiter en gare de Paray. Ces responsables en ont référé à Guy d’Artois et à Desprez cachés à Sylla. Desprez a donné l’ordre d’aller à Paray. ..

Le 22 août il y a également une attaque à Genelard par le maquis de St Bonnet de joux.

Je reste à votre disposition pour tout complément d’information.
.
Conformemenet au plan vert le maquis de St Julien était caché dans les bois d’Epinassy à Changy , proches de Gros Bois. Ceci pour des raisons de sécurité en cas d’évacuation. En effet l’avion mouchard de St Yan survolait la zone chaque jour Les camions sont partis d’ Epinassy le 22 août ( selon témoignage, vers 2h du matin).

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