La Légion d’honneur est attribuée à quatre anciens combattants des Antilles et de la Guyane pour leur action lors de la Seconde Guerre mondiale, selon un décret de la présidence de la République publié mercredi au Journal officiel.
Les Martiniquais Andoche Antourel, Alexandre Lepasteur et Rémy Oliny ainsi que la Guyanaise Jeanne Catayee sont faits chevalier de la Légion d’honneur.
Si M. Andoche est décoré comme résistant, MM. Lepasteur et Oliny ainsi que Mme Catayee le sont au titre de la “Dissidence”, ce mouvement de résistance de Martiniquais, Guadeloupéens et Guyanais qui ont rejoint entre juin 1940 et juillet 1943 l’appel du général de Gaulle.
A la veille du 70e anniversaire du Débarquement de Normandie, le président de la République a “souhaité qu’un hommage particulier soit rendu aux anciens combattants issus de la Dissidence, c’est à dire ceux qui ont quitté clandestinement leur terre pour répondre à l’appel du Général de Gaulle ; une histoire restée longtemps méconnue”, a-t-on expliqué au ministère des Outre-mer.
Ces hommes et ces femmes -au moins 2.500 personnes- avaient gagné les îles anglaises environnantes (La Dominique, Saint-Lucie essentiellement) où ils ont été accueillis par les bureaux de recrutement des forces françaises libres et nombre d’entre eux ont été envoyés aux États-unis pour y être formés.
Le “bataillon des Antillais” a ainsi été constitué et envoyé en Afrique du Nord, intégré aux forces françaises libres pour ensuite débarquer notamment en Provence et en Italie. Au lendemain du conflit, ils n’avaient eu droit à aucune reconnaissance particulière : aucun monument ne leur avait été spécifiquement dédié et seule une infime minorité avait reçu la carte de résistant.
En 2005, Jacques Chirac et en 2009, Nicolas Sarkozy avaient ouvert la voie à une reconnaissance en évoquant publiquement la Dissidence dans des discours. “Ils étaient à 8.000 km de la guerre et ils y sont allés pour l’amour de leur patrie”, a-t-on souligné au ministère de l’Outre-mer.
Six anciens dissidents (cinq hommes et une femme), âgés de 89 à 94 ans, sont invités aux commémorations du 6 juin. Ils arriveront samedi à Paris et seront reçus dimanche à l’Élysée par François Hollande, qui remettra la Légion d’honneur aux trois personnes citées dans le décret, les trois autres ayant déjà été décorées en 2009.
Vendredi 6 juin, ils feront partie des vétérans participant à la cérémonie internationale du 70e anniversaire du Débarquement à Ouistreham (Calvados) accueillant 17 chefs d’État et de gouvernement.
SOURCE : NOTRE TEMPS
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PROPOS DE GUERRE – Rémy Oliny 1
Le 18 Juin 2014, disparaissait Barthélémy PINEAU, surnommé le Chancelier, une grande figure de la dissidence antillaise.
Barthélémy PINEAU, figure importante de la dissidence antillo-guyanaise durant la Seconde guerre mondiale, est décédé le 18 juin 2014 à l’âge de 92 ans et a été inhumé dans sa ville natale en Guadeloupe. George Pau-Langevin et Kader Arif ont salué, dans un communiqué, la mémoire de celui qui était surnommé “le Chancelier”, comme l’un des “principaux témoins de cette fabuleuse épopée de la Résistance française”. La “Dissidence” est un mouvement de résistance encore trop méconnu de Martiniquais, Guadeloupéens et Guyanais qui ont rejoint entre juin 1940 et juillet 1943 l’appel du général de Gaulle. Au moins 2.500 hommes et femmes avaient gagné les îles anglaises environnantes (La Dominique, Saint-Lucie essentiellement) où ils avaient été accueillis par les bureaux de recrutement des forces françaises libres. Barthélemy Pineau, “retraité militaire et de l’Education nationale, officier de réserve, chevalier de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du mérite”, n’avait pu se rendre à l’invitation de François Hollande à participer, avec six autres figures de la Dissidence, à l’hommage rendu par la Nation le 2 juin dernier aux Invalides ainsi qu’au 70e anniversaire du débarquement, “affaibli par la maladie”, selon le communiqué. “Il s’est éteint à 92 ans un 18 juin, jour de l’appel du Général de Gaulle, qu’il surnommait affectueusement le +Général Micro+”, soulignent les deux ministres, et son enterrement s’est déroulé six jours plus tard .AFP












