
Sophie AGOPIAN
Source : Article et photos par Frédéric Bentley,
fils de Denise Couttier épouse Bentley, sur Françaislibres.net
« A l’été 1941, Sophie AGOPIAN, une jeune syrienne âgée de 20 ans, habite Kessab sa ville natale située au nord-ouest de la Syrie.

Vue sur la ville de Kessab actuelle
( photo Wikipédia)
Issue d’une famille d’origine arménienne, elle a passé plusieurs années en France à Orléans pour poursuivre sa scolarité dans une école catholique. A l’issue de la campagne de Syrie, les Forces Françaises Libres prennent positions sur les territoires syriens et libanais. Les autorités militaires sont rapidement à la recherche d’interprètes pour faciliter le dialogue avec les diverses peuplades autochtones. Sophie qui maîtrise l’arabe, le français et l’arménien décide de se porter volontaire. Elle rallie les Forces Françaises Libres à Beyrouth et signe une première fois son acte d’engagement, le 18 juillet 1942, pour la durée de la guerre en qualité d’interprète (À cette époque, le Liban est sous mandat français et constitue un réservoir de volontaires après le ralliement du territoire au général de Gaulle) Dès le lendemain elle va faire confectionner sa tenue militaire chez un tailleur. Affectée au Bureau Central d’Assistance aux Soldats du Levant, elle est dirigée vers la Région territoriale des Alaouites au dispensaire de Lattaquié situé sur la côte méditerranéenne à 200 kms au nord de Beyrouth.

Une de ses premières missions en qualité d’interprète va consister à rejoindre Hassetché situé à 400 kms au nord-est du pays. Le voyage est prévu en avion et elle embarque à bord d’un Potez 25 pour effectuer la traversée. Mais victime d’un très sérieux mal de l’air, l’avion doit atterrir à Deir-ez-Zor pour débarquer sa passagère qui va finir son voyage par voie terrestre.
De retour au dispensaire, elle pratique les activités d’aide-soignante auprès des malades et des convalescents.
Elle partage sa chambre avec la sergent-chef Denise Couttier, 21 ans ambulancière, arrivée au Moyen-Orient six mois auparavant en provenance de Brazzaville d’où elle avait rallié la France Libre.

Denise Couttier, Nicole Homery, Sophie Hagopian et «X »
Elles vont être toutes deux missionnées pour parcourir les montagnes pendant plusieurs semaines à la rencontre de militaires en postes et atteindre divers villages isolés tel que Haffé, Sahyoun, Stannfé, Jisr-ech-Charhour, Qénâye, El ourdou, Djeblé,Bâniâss, Tartouss, Massiaf, Oadmouss, Aïn-ech-Charqige…

Mission dans les montagnes du Liban avec l’ambulance conduite par Denise Couttier
Après plusieurs mois sans solde, Sophie Hagopian finit par informer le bureau central de sa situation qui s’aperçoit que son acte d’engagement ne semble pas avoir été enregistré, ni classé. Dès lors elle signe un second acte d’engagement à Beyrouth en date du 3 novembre 1943 et demande à intégrer l’école d’infirmière de l’hôpital Verbizier à Damas où elle sera affectée à compter du 1 décembre et reclassée personnel féminin 4ème catégorie. Elle y retrouve son amie Denise qui suit également la formation d’élève infirmière.

Hôpital militaire Henri de Verbizier
(Photo André Joseph Alexandre de Verbizier – Les Français libres)
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En aout 1944 Sophie Hagopian est détachée au centre de convalescence de Bloudane situé dans les montagnes à 45kms au nord-est de Damas.
A la fin du conflit en mai 1945, elle est mise à disposition de la Direction des A.F.A.T. en France (Auxiliaires Féminines de l’Armée de Terre) et quitte le Moyen-Orient par voie maritime pour débarquer un mois plus tard à Marseille. Mutée dans un premier temps à l’hôpital complémentaire d’Asnières près de Paris, elle est promue au grade de personnel féminin de 3ème catégorie.
En janvier 1946 elle est affectée à l’hôpital militaire de Percy-Clamart où un an plus tard elle sera élevée au grade de personnel féminin de 2ème catégorie (grade de caporal). Elle obtient sa naturalisation française au mois de janvier 1947.

Site cartorum.fr/cartes-postale anciennes
En mars 1949, Sophie Hagopian quitte l’armée d’active à sa demande pour aller poursuivre sa carrière d’infirmière dans des hôpitaux du service public. Elle terminera sa carrière professionnelle comme cadre de santé au service traumatologique de l’hôpital FOCH à Suresnes.

Hôpital Foch dans les années 50
(Photo Wikipedia)
Une fois à la retraite elle utilisera une bonne partie de son temps libre à voyager aux quatre coins du monde.
Sophie Gauthier née Hagopian est décédée le 10 aout 2017 dans sa 97ème année, après une vie bien remplie au service des autres, elle repose désormais au cimetière nouveau de Colombes (Hauts-de-Seine) ».

Cimetière de la Cerisaie – cimetière nouveau de Colombes
(Photo Wikipedia)
Mise en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Sources de l’article:
Françaislibres.net
wikipedia.org
Article et photos par Frédéric Bentley
cartorum.fr/cartes-postale anciennes
