Négib BADER (1924-2013) ou l’histoire d’un jeune Libanais FFL (Atelier de la DFL)

par Florence ROUMEGUERE
218 vues

Négib BADER…… et Ottilia STRELE, ou la brève histoire d’un garçon du Liban qui, pour la France, devint Français Libre puis épousa à Paris une belle Autrichienne à l’esprit libre et frondeur !

Mise en forme des dires de Monsieur Négib et de Madame Odile BADER, née Ottilia STRELE, par Marcel HUPIN, Délégué (53) de la Fondation de la France Libre. Mars 2011.

  • Quand on est jeune et que l’on a un idéal…

1941, Beyrouth au Liban, un solide garçon fort bien bâti pour son âge quitte la maison de sa sœur chez qui il vit. Mais ce matin-là, Négib ne prend pas le chemin de son travail. Non, cette fois ci et d’un pas décidé, il prend le large ! Il a pourtant un solide métier : mécanicien auto, et on l’apprécie beaucoup au garage. Cette activité, il l’exerce en sus de la poursuite de ses études car, ayant quitté ses parents, il doit subvenir à ses besoins. Sa sœur qu’il chérit avait accueilli chez elle ce jeune homme très indépendant qui se confrontait trop souvent à son père, un homme très droit mais un peu trop “rugueux”. La vie était donc belle, le pays magnifique et pourtant Négib BADER quittait tout, objectif Beyrouth pour s’engager dans la France Libre !

1941, Ottilia STRELE, jeune Autrichienne de 21 ans née à Innsbrùck, est envoyée en Allemagne dans un camp de travail. « Je n’acceptais pas l’annexion (1) de mon pays par les Nazis, ces soldats en si bel uniforme qui défilaient et fascinaient tant les garçons, cette chasse aux Juifs ! ». Son caractère entier et libre penseur, soutenu par une forte personnalité, ont fini par la faire passer pour une forte tête. « Je ne rentrais pas dans le rang – comme ils disaient. » De plus le nom de sa mère, HOFBAÙER, intrigue les autorités Nazis. Une enquête généalogique, effectuée par l’administration nazie nouvellement en place, établit son “Passeport des Ancêtres”. Cette enquête remonte jusqu’en 1840 pour rechercher “la preuve de (son) l’ascendance allemande” qui “s’étend sur la succession des (de ses) ancêtres de génération en génération, en montrant ainsi le chemin du sang qui s’est transmis au cours des siècles jusqu’aux descendants les plus jeunes.” (2)

Cette preuve lui évite la déportation. Mais Ottilia, cataloguée comme ayant “mauvais esprit”, n’échappe pas au travail obligatoire et se retrouve internée dans un camp, en Basse-Saxe, à une dizaine de kilomètres de Diepholz (3). Elle y restera près de quatre ans, “ouvrière” dans une fabrique de munitions située entre les villages de Wetschen et Rehden.

(Dans le texte ci-dessus, l’orthographe de certains noms propres est parfois incertaine.)

1941, le poids de la guerre, qui avait éclaté en Europe avec l’invasion de la Pologne en septembre 39, s’est déplacé sur tes rives de la Méditerranée orientale. Là, dès l’annonce de l’armistice de 40, des hommes et des femmes refusent la défaite, entrent en Résistance et commencent à écrire ce qui sera parmi les plus belles pages de l’Histoire de France : l’épopée de la France Libre.

Après la 1ère Campagne de Libye contre les Italiens, ROMMEL et l’Afrika Korps arrivent…  L’Egypte et le Canal de Suez sont sous le feu de l’ennemi et pris en tenaille, tant par l’ouest qu’au nord et au sud. Car deux nouveaux fronts se développent : au Sud Soudan contre les italiens puis au Levant. Avant d’être engagées, les Forces Françaises Libres disponibles en Basse Egypte, dont le 1er Bataillon d’Infanterie de Marine (4), sont regroupées sur décision du général DE GAULLE qui crée la 1ère DFL (5)

La Campagne du Levant (6), menée par tes britanniques et la 1ère DFL, voit s’affronter lors de batailles fratricides les troupes farouchement restées aux ordres de Vichy et les Français Libres. Les Alliés sont victorieux et début juillet des FFL s’installent à Beyrouth.

C’est là que Négib, qui n’a pas encore dix-sept ans, venu s’enrôler en mentant sur son âge, est inscrit sur le registre des nouveaux combattants de la France Libre. C’était le 18 août 1941. Quelques semaines plus tard, il est transporté par camions avec les nouveaux engagés (7) au camp d’EI Daba, près d’Alexandrie. C’est aussi dans cette base d’entraînement militaire anglaise qu’est envoyée, début janvier 42, la 1ère DFL et son 1er BIM où se trouve Pierre HUPIN, jeune vétéran “free French” de juin 1940.

Aussitôt commence, aux côtés de la 8è Armée britannique, la deuxième Campagne de Libye avec, dès février 42, rengagement, pour la 1ère D.F.L de la Bataille de Bir-Hakeim.

Pendant la Campagne de Libye, alors que Pierre HUPIN est, avec son groupe de transmissions, sur le front où il tire des lignes téléphoniques entre les différentes unités de sa division au milieu des champs de mines et sous les bombardements, Négib BADER qui suit la Division dans ses combats et ses avancées a, avec son équipe du Train, la dure tâche de venir réparer les véhicules tombés en panne ou de les remplacer s’ils sont trop endommagés. Ces allers et venues se faisant à travers les mêmes dangers.

Négib Bader au volant de sa dépanneuse de chars avec des FFL et des Américains

Et la peur ?  « Nous n’avions pas peur mais il m’est souvent arrivé d’avoir de belles frousses. Ainsi quand nous entendions grandir le bruit des moteurs des avions qui venaient nous bombarder en rase-mottes, nous nous jetions à plat ventre sous le véhicule le plus proche, notre seule protection. Et là sous tes bombes, oui j’ai eu la frousse. L’alerte passée, nous ressortions couverts de sable et de poussière, à moitié sourds et si heureux d’être en vie. Ce qui, trop souvent malheureusement, n’était pas le cas de tout te monde ! »

Des souvenirs ? « Oh oui, plein ! En fait on avait plus d’essence que d’eau ! La soif dans ce désert de cailloux nous faisait, à la pointe du jour, recueillir la rosée sur les capots des moteurs et préférer l’eau des radiateurs à celle vraiment trop saumâtre des citernes. Et puis surtout, cette traversée pendant dix jours de “la vallée des mouches”. Dans ce four, dès qu’on ouvrait une gourde ou une ration, des dizaines de mouches sorties de nulle part couvraient la main qui tenait le goulot ou celle qui ouvrait la boîte de corned-beef, d’un essaim noir, grouillant et bourdonnant. On se prémunissait derrière des voiles de moustiquaires. »

A la fin de la troisième Campagne de Libye, Négib obtient une permission d’un mois pour revoir sa famille au Liban. A son retour, il retrouve son unité au repos. Immédiatement, l’inaction lui pèse. Il se rend au service des placements où Pierre HUPIN est momentanément affecté et lui obtient un poste de chauffeur au Quartier Général. Là, il se lie avec le Lieutenant BEAUVAIS. Bientôt il est transféré au transport de matériel militaire d’Egypte vers l’Algérie. Ces convois de camions vont, parcourant des milliers de kilomètres, traverser dans des conditions extrêmes et souvent la nuit, la Lybie et la Tunisie pour relier le Caire à Alger. Les accidents sont inévitables. Négib BADER est blessé à deux reprises, la deuxième fois gravement. Finalement, après un long séjour à l’hôpital de Tunis, il se rétablit et réintègre son unité.

  • Les choix qui orientent le Destin

1944, Ottilia se souvient : « Presque toutes les nuits, le ciel s’emplissait du grondement des moteurs des centaines de bombardiers en route vers le cœur de l’Allemagne nazie. Certains matins, chacun levait la tête quand très haut dans le ciel, s’échelonnait sur des kilomètres le retour des forteresses volantes. Elles étaient toujours en formation mais laissant paraître des trous, marque des pertes subies pendant leur mission. » Vous aviez peur ? « – Oui bien sûr, nous étions une cible éminemment stratégique. Imaginez notre camp sous les bombes ! Nous aurions tous disparu dans un gigantesque feu d’artifice. Dans le camp, les rumeurs se précisent : les Alliés ont débarqué et seraient aux portes du Rhin. Ces nouvel/es ravivaient notre désir de s’échapper. Mais comment ? Le camp clôturé de hauts barbelés était gardé par des soldats, la plupart âgés mais impitoyables. » La peur était permanente ? « – Non, mais elle était insidieuse, comme tapie, prête à vous sauter à la gorge. »

Un matin, l’un des rares jeunes soldats, parmi ceux qui assuraient la surveillance du camp, vient trouver Ottilia et lui souffle : « Si tu acceptes de te marier avec moi, nous serons libres. » Elle répond : « Oui, mais on est bien d’accord ? C’est un mariage blanc ! » Et les voilà tous les deux se rendant chez le commandant du camp. Ils lui présentent leur intention de se marier, il les écoute, leur demande où aura lieu le mariage. « Innsbrùck » répond Ottilia. Il prend alors un formulaire qu’il remplit, signe et tend au futur marié. Moins d’une heure après, tous deux sortent du camp… Libres ! C’est incroyable et incompréhensible ! « – Mais non, j’ai appris et il ne faut pas l’oublier, que ce qui caractérise les dictatures c’est : l’Horreur, l’Organisation et… la Bêtise. Ainsi les Nazis étaient tout aussi capables d’interner pendant des années, que de libérer soudainement, la même personne. Il suffisait que ce soit écrit dans un règlement et tout le monde obéissait. C’était terrifiant ! » Pour Ottilia, c’est la liberté au milieu du chaos dans un Reich en ruine. Après plus de trois ans dans un camp de travail obligatoire, l’impensable s’était produit.

Mars 44, livrés à eux-mêmes, Ottilia et son “futur” vont traverser du nord au sud un Reich en fin de règne dont les armées refluent dans toute l’Europe, qui a perdu la maîtrise du ciel et où tout se détraque. Ils réussissent à rejoindre Hannover en train. La ville sort d’un bombardement, ses voies ferrées vers le sud ont été détruites. Alors qu’ils marchent, désemparés, ils atteignent un canal. Une barque transportant des soldats passe près d’eux. La conversation s’engage avec ces militaires qui paraissent bien jeunes sous leur uniforme. L’un des rameurs lui répond qu’ils descendent ainsi jusqu’à la prochaine gare et que, oui, ils veulent bien les y emmener. De là ils parviennent en train jusqu’à Augsburg. C’est le soir, la ville n’est plus que ruines, elle vient de subir un nouveau bombardement. De nombreux habitants quittent à pied cette cité devenue un enfer.

Ottilia et son compagnon se joignent à la longue file hétéroclite où des soldats se mêlent aux civils, tous fuyant vers le sud. « C’était hallucinant, » se souvient Ottilia, « personne ne parlait dans cette colonne qui courait dans la nuit. Oui, nous avons couru toute la nuit ! Et quand nous sommes arrivés je n’avais plus de chaussures, je les avais usées. » Au petit matin, dans la petite gare qu’ils viennent d’atteindre, un train est en partance. Après un long périple, c’est Innsbrùck enfin ! Là, pour rester en règle, ils se marient puis, comme convenu, ils se séparent. Il s’appelait Ladislaus ZIMA. « En fait, il n’était pas allemand mais polonais, enrôlé sous l’uniforme nazi ! Il n’avait qu’un rêve, fuir l’Allemagne et revoir sa Pologne. »

Avril 44, la 1ère DFL, après s’être réorganisée, entraînée et réarmée, rejoint en Italie les Alliés. Puis c’est le Débarquement de Provence, la remontée de la vallée du Rhône et les Vosges. Pendant cette période, Négib côtoie et travaille souvent avec des Américains. La profusion de leur matériel l’impressionne.

Un souvenir marquant ? « Oui, la rencontre en cet automne glacial, pluvieux et boueux, d’un aspirant nouvellement arrivé. (8) » Celui-ci le toise et laisse tomber : « Toi, t’as un drôle de nom pour un Français. » Piqué à vif, Négib répond : « – Moi, je suis Français Libre ! » « – Ah bon ? Et tu viens d’où ? » Là, c’en est trop, la colère lui monte au nez et il est à deux doigts de lui casser la figure. Mais c’est un supérieur et Négib se retient. Néanmoins, les poings sur les hanches, il lui envoie : « – Et toi ? Tu étais où quand je me battais pour la France ? » Puis, tournant aussitôt les talons, il va trouver son officier supérieur, se met au garde-à-vous et lance d’un trait : « – Mon Capitaine, il y a là un nouvel aspirant qui doit être un ancien Vichyste, en tout cas ou c’est lui ou c’est moi qui pars car je ne lui obéirai jamais ! »

Le Capitaine BRUN, un vétéran de la France Libre qui n’apprécie pas non plus certains de ces ralliés de la dernière heure, lui répond de ne pas s’en faire, pour lui ce type de personnage ne tient jamais le coup bien longtemps. Effectivement, Négib BADER ne se retrouva jamais plus devant son interlocuteur d’un jour. Après l’hiver blanc de 44/45, la terrible campagne d’Alsace et la Victoire, Négib, qui veut retourner au Liban et retrouver les siens, est en voie d’être démobilisé.

  • Et quand deux de ces destins se croisent…

1945, reddition sans condition et capitulation de l’Allemagne nazie ; Négib BADER demande sa démobilisation. Voilà quatre ans qu’il se bat pour la France et la liberté. Cette guerre, sa guerre de Français Libre, il l’a faite dans la Compagnie 651 puis dans la 652 du Train où ses compétences de mécanicien le font affecter à l’entretien et à la réparation des véhicules de la 1ère D.F.L. La victoire étant acquise, il estime son devoir accompli et veut maintenant rentrer chez lui. Toujours sous l’uniforme et au sein d’un groupe de compagnons qui eux aussi veulent rejoindre le Moyen Orient, il descend vers le sud, arrive à Marseille où il attend avec impatience le prochain navire en partance pour Beyrouth.

Pour Négib BADER, les journées sont longues. Pendant ces années de guerre il n’a eu qu’une seule permission d’un mois, temps nécessaire pour rejoindre le Liban. Le soir, sur la Corniche, accoudé au parapet face à la Méditerranée, il revoit ces lointaines retrouvailles  après un difficile périple dans un camion qui ne dépasse pas les 45 km/h et tombe souvent en panne. « Heureusement que j’étais mécanicien, sinon je ne sais pas quand nous serions arrivés. » Puis il fixe de ses yeux clairs l’horizon. Là-bas, plus loin, l’attendent sa famille, ses amis et un si beau pays !

A-t-il mal noté la date ou l’heure ? Le navire a-t-il appareillé plus tôt ? Tout est possible à cette époque où règne la plus grande confusion. Reste que lorsqu’il se présente sur le quai, celui-ci est vide ! Négib se renseigne fébrilement, on ne lui répond pas toujours ou pas toujours la même chose. Une chose est sûre, il y a quelques heures ou la veille, son bateau est déjà parti. Après un moment de stupeur une certitude finit par s’imposer : « c’était un signe du Destin. »

En même temps qu’il quitte le port pour la caserne, Négib BADER change ses projets. Il est en France et il aime ce pays qui, pour lui, est unique entre tous. Il se sent en pleine forme, maîtrise  parfaitement un beau métier, parle plusieurs langues et dispose d’une solide expérience de la vie. Et puis à Clerval, dans le Doubs, ne lui a-t-on pas remis une carte d’identité ?  Négib BADER, déjà Français Libre, est maintenant Français. Un autre avenir s’offre à lui.  Sans plus hésiter il se dirige vers la gare St-Charles et monte dans un train. Il sera officiellement démobilisé en Alsace, à Altkirch.

De là, il rejoint Paris.

Dans les services installés à l’École Militaire, il reçoit un bon petit pécule. Fier et heureux il prend pendant quelques jours du bon temps. « Je crois qu’on ne peut pas s’imaginer régner ce que furent ces moments d’après la Libération pour un jeune homme comme moi, vainqueur pour la France, après quatre ans de guerre. »

Une fois l’euphorie passée, Négib se reprend vite et cherche du travail. Il se rend au Bureau d’accueil des Français Libres, installé au  Rond-point des Champs Élysées (9).

Là, il retrouve la fraternelle ambiance de la Division. Il y est conseillé, on lui donne des adresses. Très vite il trouve un bon travail et de quoi se loger, mais que de démarches et de papiers !

A l’hôtel de ville, l’un des fonctionnaires en place lui demande ses papiers. Serein, il lui tend sa carte « Ça ! Ca ne vaut rien. » Négib, éberlué, proteste. Rien n’y fait, le fonctionnaire l’ignore et ne lui  rend même pas sa carte d’identité française aux couleurs de la France Libre.

Furieux mais impuissant, Négib retourne au centre d’accueil. Il finit par trouver l’un de ses anciens supérieurs, le commandant PAQUIET, et lui explique ce qui vient d’arriver. L’officier secoue la  tête de colère, remplit une attestation, la lui remet et lui dit : « Voilà et la prochaine fois que  tu as un problème, dis que c’est moi qui ai fait ces papiers et que c’est à moi qu’ils auront à faire ! »

Négib se représente devant le même fonctionnaire, lui tend sa nouvelle carte et lui demande s’il se souvient. « C’est bon, c’est bon, on a compris. » Aussitôt Négib BADER obtient les documents dont il avait besoin.”  BADER ? C’est un nom anglais adopté lors de l’engagement ? « Non, c’est mon prénom que j’ai changé. En réalité je m’appelais Blé. Mais pour que mes parents ne me retrouvent pas et parce que je mentais sur mon âge, c’est bien le prénom qu’il convenait de changer, car BADER était un nom très répandu au Liban. »

La guerre a pris fin. L’Autriche est occupée par tes différentes troupes Alliées. Mais Ottilia n’aspire plus qu’à quitter l’Autriche où elle n’a plus ri patrie, ni famille, ni espoir. Elle se rend au Bureau du Travail où un contrat de femme de ménage… à Paris, lui est proposé. La France, ce pays est pour elle celui de la Liberté, de l’Élégance, des Arts et des Idées. Comme on saisit sa chance, elle part, la tête pleine de rêves secrets.

Négib se retrouve lui aussi à Paris où il a facilement trouvé un travail et puis, le hasard ? La chance ? « – Non, le Destin ! » rétorque Négib. Son chemin croise celui d’Ottilia.

Alors ? Alors, comme le chanta GABIN qui était aussi un Français Libre, « Il faisait très beau ! » Ottilia sourit. Un silence feutré s’installe. Un mot revient : Destin, et quels Destins ! Bientôt, ce mot n’est plus seul ; s’y ajoutent : l’amour de la Liberté et de la vie, une certaine Idée de la France servie par des convictions, du courage, un engagement.

Madame et Monsieur Bader à Paris peu après leur mariage

Tout cela perlé de peurs, de rires et au bout du compte, une modestie étonnée.

« Mais enfin qu’est-ce qui vous a poussés à vous engager, à risquer votre vie et ce pendant près de quatre ans ? Car au fond vous n’étiez pas directement concernés ? «

 La surprise qui se lit sur le visage tant de Négib que d’Ottilia rend aussitôt la question incongrue.

Et Négib de répondre : « Pas concerné ? Mais, c’était pour la France ! »

(1 )    Le 12 mars 1938 annexion (Anschluss) de l’Autriche par HITLER.

(2)     Ahnenpas (Passeport des Ancêtres) d’Ottilia STRELE. Extrait des textes introductifs et méthodologiques. Ce document et sa procédure furent établis par les Nazis pour rechercher les ascendances juives des résidents du Reich.

(3)   Au nord de l’Allemagne, Diepholz est à 50 km au sud-ouest de Bremen et 100 km au nord- ouest d’Hannover.

(4)   À l’annonce de l’Armistice en juin 1940, une minorité des soldats de  l’armée française du Levant décident de continuer le combat et de rallier l’armée britannique. Ils entrent en dissidence dès juin 40 et rejoignent les Britanniques en Egypte où ils forment le “1er Bataillon d’Infanterie de Marine”.

(5)   La 1ère Division Française Libre est officiellement créée en 1943 mais tous les Français Libres qui s’engagèrent dans les Unités qui, regroupées, la constituèrent, en utilisent la dénomination pour toute la période 1940-1945.

(6)   Campagne de Syrie et du Liban : juin – juillet 1941.

(7)   Après la Campagne de Syrie, en sus des engagés de Pays du Levant, moins de 4 000 ralliements à la France Libre dont : 973 Français, 1 031 légionnaires, 2 064 Africains. Les non ralliés : 25 000 militaires et 17 000 civils s’embarquent pour la Métropole, sur les bateaux envoyés par Vichy.

(8)   La scène se déroule en Haute-Saône, alors que la 1ère DFL a atteint la ville de Lure.

(9 ) Monsieur BADER a dû se rendre au 27 rue Jean Goujon, poste de commandement du général de LARMINAT, car l’accueil des Français Libres ne s’installa au 12, rond-point des Champs Elysées qu’à partir du 6 décembre 1945.

Mis en ligne par Florence Roumeguère

Vous devriez apprécier

Laisser un commentaire