Ephéméride des évasions et du ralliement de la Côte française des Somalis à la France Libre – 1/3 : 1940

par Florence ROUMEGUERE
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A partir d’une relation historique (revue de la Fondation de la France Libre), cet article se décline en trois parties et donne accès à de nombreux comptes-rendus d’évasion de FFL (format PDF) entre 1940 et 1942, conservés aux archives du Shd à Vincennes et mises à disposition du Blog DFL par François Frison-Roche, fils de Raymond Frison-Roche.

1940

À l’été 1940, le général Legentilhomme, commandant supérieur des troupes de la Côte française des Somalis (CFS) depuis janvier 1939, refuse l’armistice franco-allemand du 22 juin. Mais il doit faire face à l’hostilité de la marine, sous les ordres du capitaine de corvette Monnot, ainsi que de la plupart des pouvoirs administratifs et des milieux d’affaires de la ville, que ne peut suppléer l’intervention, à partir du 14 juillet, du colonel de Larminat. Le 21 juillet, le gouvernement du maréchal Pétain investit le général Germain de l’ensemble des pouvoirs civils et militaires, qu’il transmet le 1er août au général Aymé nommé commandant supérieur des troupes du territoire.

Général Legentilhomme

Le général Legentilhomme passe au Somaliland britannique en camionnette dans la nuit du 1er au 2 août avec seulement deux officiers de son état-major, les capitaines Robert des Essars et Raymond Appert.

Raymond Appert

Pierre Nouailhetas, ancien officier de marine et administrateur en Indochine, proche de Darlan, succède, le 7 août, au gouverneur Deschamps, révoqué le 3 car jugé trop tiède, tandis que le général Germain prend le commandement des troupes.

Les combats entre les forces françaises et italiennes se seront limités, du 18 au 24 juin, à des accrochages d’avant-postes dans la région d’Ali Sabieh, tous favorables aux Français. Tout au plus, l’aviation italienne a bombardé Djibouti le 21 juin.

En revanche, le retrait des 8 000 hommes du territoire du dispositif allié déstabilise la défense du Somaliland, que les Italiens conquièrent en quinze jours, entre le 4 et le 19 août. À partir de septembre 1940, les Britanniques et les Français Libres instaurent un blocus maritime, qui ne devient réellement rigoureux qu’à partir de la fin mars 1941.

Avant la reprise du Somaliland et la libération de l’Éthiopie, la voie ferrée entre Addis-Abeba et Djibouti permettait l’envoi d’un ravitaillement précaire d’Afrique orientale italienne, complété par des transports maritimes en provenance du Yémen. Enfin des hydravions à long rayon d’action, transportant le courrier et des denrées de première nécessité, effectuaient des liaisons avec la France via Beyrouth.

Récit de Pascal ALFONSI : « Dès la signature de l’armistice un noyau gaulliste s’était spontanément formé à la 5e compagnie du RTS, bivouaquée à la station de pompage de Djibouti commandée par le Capitaine Lanlo (antigaulliste) : adjudant-chef Alfonsi, sergent-chef Tristani, sergent Frison- Roche, sergent Carbuccia, Jeanfrotta, caporal-chef Auffret.

Ce noyau était en liaison avec d’autres noyaux de différentes unités par l’intermédiaire des sergents Carbuccia et Frison Roche. A l’exception de Jeanfrotta, tous ces membres réussirent à s’évader de la C.F.S. à des dates différentes ».

Devant le refus des autorités de rallier la France Libre, plusieurs préfèrent tenter l’aventure d’une évasion.

Fin août 1940, le sergent Raymond Frison-Roche échoue dans une première tentative d’évasion en avion de Djibouti vers Aden (Yémen). En octobre 1940, il est inculpé d’atteinte à la sureté de l’Etat par le Tribunal Militaire aux Armées de Djibouti et emprisonné. Sur instruction du gouverneur de Djibouti, Pierre Nouailhetas, fervent pétainiste, qui estimait la sanction trop clémente, il est rejugé et condamné à trois mois de prison le 26 février 1941. Il est cassé de son grade de sergent le 28 du même mois.

Le sergent Roland Carbuccia participe à deux vaines tentatives de départ de Djibouti, l’une en date du 31 août 1940 en compagnie du Capitaine Magendie et 36 sous-officiers de toutes armes. La seconde le 3 septembre 1940 avec l’île de Waramous pour base de départ, en direction d’Aden, par boutre, avec 10 sous-officiers dont le sergent-chef Jean Tristani et le Caporal-chef Louis Auffret.

Le 4 septembre 1940, onze hommes sont arrêtés au large de Djibouti par une vedette de la marine. Parmi eux figurent Karl Kalbfleisch et Jean Laloe. Ils sont mis aux arrêts de rigueur.

Témoignage du fils de Karl Kalbfleisch : « arrêté pour avoir refusé de présenter les armes aux troupes Italiennes venues vérifier le démantèlement des batteries d’artilleries ; il fût mis aux arrêts de rigueurs ». Il parviendra à s’évader en novembre 1942 avec son radio et le lieutenant l’Her.

Le 6 septembre 1940, à six heures du matin, un groupe d’aviateurs s’évade de Djibouti. Après s’être glissés dans un hangar la veille au soir et fait en sorte que les Potez 63 de chasse ne puissent les poursuivre, l’adjudant François Giocanti prend les commandes du Potez 29 n° 106, avec à son bord le lieutenant Edmond Magendie, major de garnison, l’adjudant Louis Duprat, chef mécanicien A/C, le sergent Marius Guyot, le sergent Roger Mery et le sergent-chef Yves Michel, radio. Le sergent Louis Gateaud pilote un second Potez 29, mais l’appareil ne peut décoller, et les hommes rejoignent discrètement leur cantonnement. Louis Gateaud rejoindra la France Libre à Madagascar en janvier 1943.. Filant en rase-mottes sur Obock (sur la côte septentrionale du territoire), François Giocanti et ses cinq compagnons rejoignent le Yémen, où ils s’engagent dans les Forces françaises libres.

Parcours individuels d’Anciens cités (FAFL, DFL, Leclerc) et comptes-rendus d’évasion (PDF)

1940  Raymond APPERT (Régiment AEF et Somalis) https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/raymond-appert

1940 (tentative d’évasion) Louis AUFFRET (Sas paras) https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=52489

1940 Roland CARBUCCIA (tentative d’évasion) (BIMP) https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=59405 CR CARBUCCIA

1940 Louis DUPRAT (FAFL) http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=66783 (consulter le CR Magendie)

1940 Jacques DES ESSARS (Leclerc) https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=64730

1940 (tentative d’évasion) Raymond FRISON-ROCHE (BM 4)  https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=69504

1940 Louis GATAUD (FAFL) http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=70259

1940 François GIOCANTI (FAFL) http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=71050 (consulter le CR Magendie)

1940 Marius GUYOT (FAFL) : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/marius-guyot

1940 Paul LEGENTILHOMME https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-legentilhomme

1940 Edmond MAGENDIE (Bimp)° https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edmond-magendie

CR MAGENDIE

1940 Roger MERY (FAFL) http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=85118

1940 Yves MICHEL (FAFL)  http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=85441  (consulter le CR Magendie)

1940 Jean TRISTANI (RTST) https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=994

Source principale : Le ralliement de la Côte françaises des Somalis à la France combattante », par Sylvain Cornil-Frerrot (p. 6-7) ; décembre 2012 – Fondation de la France Libre https://www.france-libre.net/site/wp-content/uploads/2009/02/pdf_revue-n461.pdf

Source complémentaire

Notes succinctes sur la situation de la Somalie française par le G.H.Q. Middle-East, archive non datée


Mis en ligne par Florence Roumeguere

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