
Élie Arlac
(Photo francaislibres.net)
Enfant de Saint-Gilles (Gard), Elie Michel Arlac est né le 2 octobre 1923. Agé de 17 ans au début de la guerre en 1940, il a pris part aux actions des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) lors de la Libération. Au fil des mois de maquis et d’actions de sabotage contre les troupes allemandes, il acquiert de réelles responsabilités militaires sur le terrain jusqu’à obtenir le grade de sergent.
Son parcours avait commencé avec la débâcle de 1940. La famille Arlac, dont le père est mort des suites de la guerre, brûlé par les gaz à l’âge de quarante deux ans, a son fils aîné enrôlé dans les chantiers de jeunesse, le gendre Jean Magnani est prisonnier de guerre et seul le fils cadet est épargné et doit s’occuper des vignes familiales.
Mais le jeune Elie n’accepte pas la capitulation et répond à l’appel du Général de Gaulle.
La campagne de Tunisie (1942 à mai 1943) : c’est en Tunisie, après la défaite de l’Axe en Afrique du Nord, qu’Elie Arlac s’engage en juillet 1943 à l’âge de 18 ans. Le bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP) s’y réorganise au sein de la 1ère Division Française Libre (1ère DFL)
Il participera ensuite à la campagne d’Italie où son unité subira de lourdes pertes. Puis le 16 août 1944, il débarque en Provence à Cavalaire, et c’est sur son Dodge qui tire une pièce d’artillerie avec son détachement qu’il pénètre sur le sol français.
La campagne d’Italie (printemps 1944) : Avant le débarquement en France, l’unité participe aux combats sanglants de la campagne d’Italie (notamment la rupture de la ligne Gustav et la bataille du Garigliano.
Le débarquement de Provence (août 1944) : Le bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP) débarque en Provence à la mi-août 1944. L’unité remonte rapidement la vallée du Rhône pour chasser les troupes allemandes.
La libération de Saint-Gilles, le point d’orgue de l’histoire locale d’Elie Arlac, se déroule le 25 août 1944. Profitant de la retraite allemande accélérée par le débarquement en Provence, la ville de Saint-Gilles (Gard) se soulève. En tant que soldat de la France libre originaire de la commune, Elie Arlac est entré le premier dans la ville pour acter sa libération aux côtés des forces de la Résistance intérieure (FFI). Son audace et sa connaissance du terrain guident ses camarades de la 1ère DFL (neuf tirailleurs sénégalais et trois Corses) pour chasser les garnisons allemandes et libérer définitivement la commune, évitant ainsi des destructions massives, devenant de ce fait une figure historique locale.
La petite histoire rejoignant la grande, c’est en stationnant son camion au Jeu de ballon (place F. Mistral), qu’un des tirailleurs sénégalais s’approche de la population rassemblée et s’adresse à une jeune fille et lui demande son nom. « Je m’appelle Anny et j’ai quatorze ans » . Le soldat lui donne alors un petit éléphant en ébène, qu’elle garde encore aujourd’hui. Car quatre ans plus tard, elle épousera Elie, devenant Mme Arlac.
Par la suite, Elie Arlac sera laissé pour mort en Alsace en sautant sur une mine (*). Survivant, mais ayant perdu un œil, le sergent Arlac défilera le 8 mai derrière le général De Gaulle.

La célébration du 8 mai 1945
(*) Le fléau des mines indétectables : L’armée allemande en retraite avait massivement piégé le sol alsacien. C’est au cours de la terrible bataille pour la réduction de la Poche de Colmar (fin janvier 1945) que la progression fut rendue particulièrement meurtrière en raison de milliers de mines indétectables. C’est précisément dans ce piège gelé qu’Élie Arlac fut grièvement blessé et laissé pour mort avant d’être miraculeusement sauvé.
Décorations et Hommages
Chevalier de la Légion d’honneur
Croix de guerre
Croix de la Valeur militaire
Elie Michel Arlac est décédé le 8 janvier 1994 à l’âge de 70 ans. Il repose au cimetière de Saint Gilles au coté de son épouse Anny Arlac décédée le 28 décembre 2020.
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn.
Sources de l’article:
www.midilibre.fr
www.francaislibres.net
