Maurice PAULHIES (BM 4), 95 ans lançait un appel patriotique le 8 Mai dernier

par 1DFL
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Ce qui frappe dans les écrits ou les propos de Maurice PAULHIES, ancien enseignant, c’est cette faculté et  cette volonté constante de sensibiliser et d’ expliquer les choses…

Qu’il évoque de nouveau en 2018 l’importance pour les citoyens de célébrer aujourd’hui la Victoire du 8 Mai 1945 (comme il l’avait fait en 2012 déjà) , qu’il explique de manière toute simple la signification du “Chant de protestation des Français Libres”, ou qu’il témoigne du sens du mot “immigré” à travers l’évocation de son camarade Knafou tombé dans les Vosges, ses paroles résonnent toujours comme une évidence… une évidence comme une vérité qui semble s’être éloignée de nous, mais  à laquelle il nous ramène continûment avec bienveillance… 

Maurice Paulhiès, 95 ans aujourd’hui,  combattant volontaire de la Résistance :

“A Carmaux où il habite (Tarn) , le jeune Maurice Paulhiès et quelques-uns de ses camarades provoquaient les autorités en peignant des slogans gaullistes ou en perturbant des cérémonies officielles. Ces adolescents ne se rendent pas compte du danger, un des leurs sera déporté pour de tels faits et décédera à Buchenwald. 

Envoyé au lycée de Tunis pour poursuivre sa formation d’élève-maître, Maurice se fait remarquer par son refus d’entrer dans les organisations de jeunesse pétainistes.  En novembre 42, on annonce le débarquement des Américains mais ce sont les Allemands qui arrivent à Tunis, Maurice Paulhiès rejoint alors Béjà à l’ouest de Tunis en même temps que les premiers parachutistes anglais et part à la recherche des Gaullistes.. Mais c’est dans l’armée française obéissant au général Giraud qu’il est mobilisé. Il déserte pour s’engager dans l’armée des Français libres qu’il rejoint à 20 ans, fin mai 1943.  Entraînement en Tripolitaine,  puis la 1ère DFL est engagée à Monte Cassino où elle force le passage au prix de lourdes pertes . Epuisé par une jaunisse, Maurice Paulhiès refuse de rester à l’hôpital et participe au débarquement de Provence du 15 août 1944. Il retrouve enfin le sol de France. La progression de l’armée vers le nord est stoppée en Alsace dans la région de Sélestat et ne reprend qu’au prix de combats extrêmement meurtriers. Au printemps 1945, l’unité de Maurice Paulhiès est chargée de prendre les positions retranchées que les Allemands ont conservées dans le Mercantour (Sud des Alpes). Le 8 mai 1945, c’est la victoire, mais il est le seul sous-officier encore en vie parmi ceux partis avec lui de Tripolitaine”.   (1)

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A la veille de la commémoration 2018  du 8 mai 1945 , il lance un appel : «Tout Carmaux à la Sérinié ! »

Maurice Paulhiès se souvient : « mes camarades et moi, les grands du cours complémentaire, chargés de canaliser le passage du cortège officiel vers le parc du monument de la Paix, sommes habitués à de sensationnels rassemblements ouvriers depuis quelques années. Rien de comparable à cette marée humaine qui va de la mairie et envahit tout. Mais nous sommes le 11 novembre 1940 et le général Laure vient faire, aux carmausins, la promotion de l’ordre nouveau imposé par l’Etat Français du maréchal Pétain !

” Ce que raconte mon carnet de route : une nuit où je n’ai pas dormi du tout, celle du samedi 14 au dimanche 15 avril 1945. Notre compagnie d’attaque avait dû revenir sur ses bases 4 jours avant, échouant dans l’assaut d’un fortin, perché au haut d’un piton dont les défenseurs utilisèrent des lance-flammes et le champ de mines interdisait la grimpette là où les mules auraient renoncé à passer.

La mise hors de combat d’un nombre exagéré de camarades, j’avais demandé à remplacer mon ami détaché comme radio de la compagnie d’attaque qui avait laissé un pied dans l’affaire.Pendant que l’équipe de déminage s’affairait dans l’obscurité, j’avais trouvé refuge dans une cabane dont le toit s’était volatilisé et je me demandais si j’avais été raisonnable, alors que les rumeurs laissaient prévoir une fin de guerre très proche.

2 mai 45, Hitler est mort, l’armée allemande d’Italie capitule, Laval est arrêté en Espagne.

4 mai, défilé à Cannes comme porte-fanion du bataillon, quel honneur !

* Maurice PAULHIES (BM 4), 95 ans lançait un appel patriotique le 8 Mai dernier

5 mai la 1ere armée française reçoit la reddition de la 24e armée allemande,

6 mai Antibes fête la prise de Berlin, je suis allé voir nos blessés.7 mai capitulation de l’Allemagne signée à Reims.

8 mai, la guerre est terminée, discours du Général de Gaulle.

Mercredi 9, défilé à Antibes le matin, à Cannes l’après-midi, je porte le fanion.

Finis les réveils en se demandant ce que la journée nous réserverait de bombardements, d’attaques ennemies, de camarades à pleurer.

Alors répondez à l’invitation municipale de marquer cet anniversaire du 8 mai 1945.»

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