En mémoire de Jean STEEN (1924-2024) et de Joseph SCHEPS engagés au sein du BM XI de la 1ère DFL

par 1DFL
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* Un parcours courageux au sein d’un prestigieux Bataillon - Jean Steen du BM 11 de la 1ère DFL

 * Un parcours courageux au sein d’un prestigieux Bataillon - Jean Steen du BM 11 de la 1ère DFL

Le Colonel François Renaud a le regret de nous informer de la disparition fin décembre 2024 de Monsieur Jean Steen ancien du BM 11 de la 1ère DFL décédé à Espalion (06).

Le Bataillon de Marche n° XI (BM XI)

Formé à Brazzaville le 29 août 1940, le bataillon de marche n° 1 se composait du renfort n° 4 du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, de combattants africains d’AOF ralliés et de jeunes volontaires français. Le 1er octobre 1941, en Syrie, il se dédoubla pour constituer le bataillon de marche n° 11, sous les ordres du capitaine Xavier Langlois.

Parcours de Jean STEEN

Jean Steen est né le 24 septembre 1924  à Saint Pol sur Mer (59).

Réfractaire au STO, il entre en 1943 au maquis F.T.P.F du Bois des Centaines de la forêt de Othe dans l’Aube.

Le 20 août 1944, il rejoint les F.F.I. comme engagé volontaire avec sa compagnie du maquis.

Le 15 août 1944, il est intégré à la 1° Armée française, 1°DFL, Bataillon de Marche n°XI.

Le 22 octobre 1944, il est engagé pour la durée de la guerre plus trois mois.

A ce titre, il participe aux opérations des Vosges, d’Alsace, des Alpes-Maritimes et d’Italie jusqu’au 8 mai 1945.

Avec son Bataillon, devenu le 2/1°Régiment d’Infanterie Coloniale (R.I.C), il défile à Paris le 14 juillet 1945 avant d’être démobilisé le 17 novembre 1945.

Décorations et récompenses 

Croix du combattant volontaire de la Résistance

Croix du combattant

Médaille commémorative d’engagé 39/45 et de la Libération

Médaille commémorative de Rhin et Danube

Voir Citation à l’ordre de l’armée de la 1ère DFL (1ère division motorisée d’infanterie) dont faisait partie le soldat Jean Steen, du B.M.11, lors des opérations.

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Le Colonel Renaud nous avait transmis en octobre 2024 le Livret d’origine du BM XI provenant des archives de Jean Steen, adapté avec le parcours en images de Joseph SCHEPS, Ancien du BM XI.

Télécharger Livret du BM XI (1ère et 2ème partie personnalisée)

Article sur le parcours de Joseph SCHEPS (Françaislibres.net) :

Le Benjamin de la France Libre

II s’agit de notre jeune ami Scheps Joseph, né le 1er mars 1924 à Strasbourg. Réfugié à Tel Aviv (Pales­tine) avec ses parents.
Scheps s’était d’abord engagé dans les forces britan­niques à Sarafepit près de Tel Aviv. Il avait alors quinze ans, et avait tout simplement falsifié son état civil. Il voulait être militaire et se battre pour sa ville natale, Strasbourg.
Son père avait alors pris un avocat pour rétablir son âge réel, pour le faire libérer. Les Anglais l’ont par la suite démobilisé, il avait alors 15 ans 1/2.
Quelques semaines plus tard, arrivent les Forces Françaises Libres au camp de Quastinat en Palestine, le 5 mai 1941. Scheps venait d’avoir 16 ans.
Il quitte une nouvelle fois ses parents et le 5 juin 1941, il signe son engagement volontaire pour la durée de la guerre, devant l’Intendant militaire des Forces Françaises Libres.
Pour ce faire, il a dérobé son acte de naissance de Strasbourg à son père pour le présenter au colonel Kœnig.
Mais vers le début du mois d’août 1941, le frère de Scheps, accompagné du père, sont venus voir le colonel Kœnig pour ramener le mineur Scheps Joseph au bercail. Le colonel disait à M. Scheps père : « C’est votre droit de le ramener, mais en tant que Français, alors que la patrie est en guerre, je ne puis renvoyer votre fils contre son gré. — Alors, jeune Scheps, veuillez me répondre, voulez-vous rester? » Scheps répondit : « Oui, mon colonel, je veux rester. » — « Bien ! Alors rompez et rejoignez votre unité. »
En pleurant, il a quitté son père et son frère pour retrouver ses camarades.
Scheps a été muté de la 3e brigade coloniale dissoute au B.M.XI à Beyrouth, le 1er avril 1942. Dès son arrivée, il obtint une permission de dix jours pour Tel Aviv chez ses parents. Il fut très vite fixé. Le lendemain de son arrivée, il ne trouva plus son uniforme. Son père l’avait caché. Il lui disait : « Pour toi… l’armée, c’est terminé ! » Le père avait fait intervenir le consulat de France auprès du général Catroux qui signa la démobilisation du jeune Scheps.

Mais Scheps ne se considérait pas démobilisé. A ses frais, en civil, il rejoint son unité à Beyrouth où il a été affecté à ma section de transmissions. Nous l’avons rééquipé.
Le B.M.XI fit mouvement vers l’Egypte le 10 avril 1942 en passant par la Palestine. Il était avec nous. Il arrive à Giarabub le 7 mai 1942. Dans la section de trans­missions, il était du groupe des téléphonistes.
Notre benjamin avait une conduite exemplaire au feu. Comme centraliste à El Alamein, plateau d’El Himemat, il réparait sous les bombardements les plus violents les lignes téléphoniques.
Il avait du courage, il fit l’admiration de nos camarades ; toujours avec le sourire, il acceptait n’importe quelle mission.
Par la suite, il se trouvait en Tunisie, en Italie, en France. Malgré sa conduite exemplaire, au feu, il a quitté la France Libre sans Croix de guerre, alors qu’il aurait mérité la Légion d’Honneur pour sa bravoure.
Il était fier de servir son pays, car pour lui le patriotisme n’était pas un vain mot.
Lorsque notre jeune ami lira ce témoignage, nous espérons qu’il aura la satisfaction de penser : « J’ai servi la France, avec honneur et fidélité ! »
(Écrit en 1975 à son ami Scheps par son ancien chef de section Freitag) “

Défilé des troupes victorieuses le 14 juillet 1945

* Un parcours courageux au sein d’un prestigieux Bataillon - Jean Steen du BM 11 de la 1ère DFL

De l’Arc de triomphe à la place de la Nation en passant par la place de la Bastille où est installée la tribune officielle, la foule s’est massée sur le parcours du défilé tandis que la capitale s’est parée de drapeaux tricolores. La célébration de la fête nationale, dans une Europe en paix et un territoire libéré, renoue, après six années d’interruption.

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