19 avril 1945 : assassinat du général Delestraint (camp de Dachau – Bavière).

par Jean Marie PEFFERKORN
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(Photo Ordre de la Libération)

BIOGRAPHIE

François Bourcart nous propose la biographie historique du général Delestraint.
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Stèle en hommage à Charles Delestraint à Biache-Saint-Vaast.
(photo Serge Ottaviani)

Première Guerre mondiale

Le 1er octobre 1900, il est nommé sous-lieutenant au 16e bataillon de chasseurs à pied, où il reste pendant treize ans. Capitaine en décembre 1913, il est admis à l’École de guerre en mars 1914. Le capitaine Delestraint s’illustre en août 1914 dans une mission spéciale près de Haybes dans les Ardennes, à la frontière belge, où il permet la liaison des IVe Armée et Ve Armée. Il est fait prisonnier le 30 août 1914 lors de l’attaque de Chesnois-Auboncourt et ne sera libéré qu’en novembre 1918.
Régulièrement promu de 1918 à 1936 jusqu’au grade de colonel, il commande la 3e brigade de chars au Quartier Lizé à Metz et compte le lieutenant-colonel, puis colonel, Charles de Gaulle parmi ses subordonnés, qui commande le 507e régiment de chars de combat. Les deux hommes ont hérité du général Jean-Baptiste Eugène Estienne la même vision novatrice de l’utilisation des blindés dans la stratégie moderne. Le 23 décembre 1936, Charles Delestraint est général de brigade à Metz. Atteint par sa limite d’âge en mars 1939, il est alors général de division.

Seconde Guerre mondiale

Le général Delestraint est rappelé dans le cadre d’active le 1er septembre 1939 lors de la mobilisation générale. Il commande, alors en tant que général de division élevé à la dignité de général de corps d’armée (en mai 1940), les chars de combat de la VIIe Armée puis, à compter du 2 juin 1940, le 1er groupement cuirassé, qui coordonne les attaques sur la poche d’Abbeville puis couvre le retrait des deux armées.
Tout au long de la retraite, après avoir mené des combats jusqu’à Valençay, le général Delestraint refuse la défaite et l’armistice et entre dès juillet 1940 en résistance en manifestant ses convictions. Il fait ses adieux à ses soldats au camp de Caylus, en Tarn-et-Garonne et se replie à Bourg-en-Bresse, où il est mis au cadre de réserve. En août 1942, après avis d’Henri Frenay, et sur proposition de Jean Moulin, le général de Gaulle le choisit pour organiser et commander l’Armée secrète, qui doit regrouper différents mouvements de la Résistance en zone Sud : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. Delestraint accepte les ordres de son ancien subordonné, prend le pseudonyme de « Vidal » et travaille en coordination avec Jean Moulin pour élargir la structure à la zone Nord. Il avait comme secrétaire pendant cette période François-Yves Guillin, comme chef du 2e bureau de son état-major Joseph Gastaldo, dont l’adjoint est André Lassagne. Malgré les pièges tendus, Vidal organisera, structurera et commandera l’Armée secrète jusqu’à son arrestation.
Premier chef de l’Armée secrète, créée en 1942, il est arrêté par la Gestapo à Paris le 9 juin 1943. D’abord interné au Struthof, c’est le 19 avril 1945, dix jours seulement avant l’arrivée des Américains, qu’il est abattu d’une balle dans la nuque avant d’être incinéré au crématoire du camp.
Droit, courageux et humble, Delestraint est un Saint-Cyrien dont la carrière est à l’image de l’homme : discret mais inflexible, il laisse dans le souvenir de ceux qui l’ont croisé une forte impression faite de profondeur et d’humanité.

Le général Delestraint est fait compagnon de la Libération à titre posthume. Le nom du général Charles Delestraint est inscrit au Panthéon depuis 1989. La 175e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1988-1991) porte son nom.

Résumé François Bourcart
Extraits wikipedia.org

Mise en ligne: Jean-Marie Pefferkorn

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