Jacques LE LIN prépare un ouvrage sur l’histoire de son oncle René Le LIN (RFM), mort pour la France en Alsace en 1945

par Florence ROUMEGUERE
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Source : Article de Laura Blairet du 8 mai 2025 et entretien avec Jacques Le Lin sur le site France Bleu

“Le héros, c’est lui” : un Breton écrit un livre sur son oncle, fusilier marin pendant la Seconde guerre mondiale

Membre du deuxième bataillon des fusiliers marins des Forces navales françaises libres, René Le Lin, originaire d’Auray, est mort en Alsace en 1945. 80 ans plus tard, son neveu Jacques Le LIN écrit un livre sur son histoire.

Né à Auray en 1921. Mort en Alsace en 1945. Entre les deux, il y a la Seconde Guerre mondiale. René Le Lin y a participé tout de suite, en rejoignant les Forces navales françaises libres (FNFL) dès 1940 après l’appel du général de Gaulle. Le jeune Breton fera ensuite de nombreuses batailles avant de trouver la mort à la fin de la guerre. En ce mois de mai 2025, son neveu, Jacques Le Lin, est en train d’écrire un livre sur son histoire, 80 ans après.

Ça lui a pris plus de dix ans de recherches, auprès de sa famille, sur internet et dans les archives (Auray, Vannes, Vincennes). Il a rassemblé des dizaines de documents : photos, récits, lettres pour retracer le parcours de son oncle, René Le Lin.

Au début de la guerre, c’est un civil. Il travaille comme matelot mécanicien à bord d’un navire charbonnier. Celui-ci est réquisitionné pour assister les bateaux militaires qui évacuent les troupes françaises à Dunkerque en mai-juin 1940.

Blessé à la bataille du Garigliano

Après cet épisode, son navire amarre à Cardiff, au pays de Galles. C’est là qu’il se trouve lors de l’Appel du 18 juin 1940, prononcé par le général de Gaulle, pour inciter les Français présents en Grande-Bretagne à le rejoindre pour continuer le combat. René Le Lin se rend donc à Londres, où il s’enrôle dans les troupes de la France Libre.

Il va rester un an et demi sur un aviso [petit navire qui sert pour les escortes, NDLR]” autour de la Grande-Bretagne”, explique Jacques Le Lin. Jusqu’à ce que tout l’équipage gagne Beyrouth en 1942. De là, René Le Lin rejoint le deuxième bataillon des fusiliers marins, parmi lesquels il rencontre beaucoup d’autres Bretons. Il servira au Liban, en Tunisie, en Italie – où il est blessé à la bataille du Garigliano -, avant de débarquer en Provence en août-septembre 1944. Il participe ensuite à la libération de Toulon, puis à la “poursuite” des troupes allemandes le long de la vallée du Rhône.

Il libère un village dans les Vosges

Dans les Vosges, ses compagnons et lui libèrent Rougemont-le-Château“Contre les ordres, ils ont foncé dans le tas”, décrit Jacques Le Lin. Alors que “des Allemands étaient en train de miner un pont“.

René Le Lin aura ensuite une permission, qu’il prendra pour aller voir sa famille à Auray. Il rentre chez lui pour la première fois depuis quatre ans. 

Rappelé sur le front, il mourra en Alsace en 1945. C’est la fin du livre de Jacques Le Lin, qu’il n’a pas encore écrite. Pas plus que le titre, qu’il garde secret, bien qu’il l’ait déjà en tête. “Un beau titre, il mérite bien ça.”

Jacques Le Lin a entamé ce travail minutieux pour rendre hommage à son oncle et ses compagnons. “C’est son journal de guerre, qu’il ne nous a jamais transmis. Mais ce sera aussi l’histoire d’autres Bretons. Il y en avait beaucoup parmi les Français Libres. Je refuse que ces gars-là tombent dans l’oubli. Le héros, c’est mon oncle.

Mis en ligne par Florence Roumeguère

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