Jean Lejeune est né le 10 juillet 1905 à Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
Engagé dans la Marine à 18 ans en juin 1923 à Beauvais, il travaille d’abord au service hydrographique puis est envoyé à Toulon où il sert dans différentes unités.

Jean Lejeune
(Photo : ordredelaliberation.fr)
Le “service hydrographique” c’est l’organisme de la Marine chargé de cartographier les fonds marins, de mesurer les profondeurs et d’étudier les marées. Travailler ici demande de la précision et des connaissances techniques en navigation. C’est une affectation prestigieuse pour un jeune marin.
A l’issue de son engagement en juin 1928, il entre dans la marine marchande après avoir obtenu le brevet de capitaine au long cours, lui donnant l’autorisation à naviguer sur toutes les mers du monde, sans limite de distance.
Il effectue alors de nombreux voyages, notamment vers l’Afrique équatoriale. Mobilisé à la déclaration de guerre, Jean est appelé au Havre et affecté dans un groupe de dragueurs de mines chargés de la défense du littoral.
(Le Havre était un port stratégique majeur. Sa mission était de s’assurer que l’entrée du port et les routes maritimes le long des côtes françaises restaient sécurisées pour que les navires alliés puissent circuler sans couler).
Embarqué sur le Zébu de l’été 1939 à juin 1940, il patrouille en Manche, travaillant au repérage et au désamorçage des mines.

le ZEBU Remorqueur Patrouilleur en 1940
(Photo: forum.pages14-18)
Il se distingue lors de l’évacuation de Dunkerque en mai-juin 1940, en ramenant à La Rochelle, malgré les pires difficultés, un convoi de 19 bateaux transportant 800 réfugiés.
Avec 8 officiers mariniers, Jean Lejeune cherche à gagner l’Angleterre mais, devant l’impossibilité de quitter La Rochelle, il se fait démobiliser.
Dès le mois d’octobre 1940, il milite en faveur de la Résistance et regroupe une quarantaine de volontaires avec lesquels il entreprend une action de surveillance de l’ennemi.
Le 17 octobre à la Pointe du Grouin, ( il sabote du matériel de transport et d’embarquement (neuf embarcations et une douzaine de moteurs).



Blockhaus, édifiés par les allemands à Pointe du Grouin,
(Photos : altituderando.com)
Rentré clandestinement dans les Ardennes en janvier 1941, il regroupe des marins appartenant à l’amicale du “Col bleu” dont il est le vice-président.
(L’Amicale des Anciens Marins : À l’époque, il existait de nombreuses associations d’entraide pour les marins (souvent appelées “Amicale des Cols Bleus“). Jean Lejeune, , utilisait cette structure légale comme “couverture” ou comme vivier pour recruter des résistants).
En février 1942, il trouve le contact avec une organisation de passage de prisonniers évadés et réalise lui-même, avec Max Duval (Paul Royaux), l’évasion et le passage en zone libre d’une cinquantaine d’évadés.
(Rattaché à l’Organisation civile et militaire (OCM) en septembre 1942 par l’intermédiaire de Duval, il en devient un des responsables dans le département des Ardennes).
Dès le début 1943, il ravitaille des maquis dans le Nord et les Ardennes. En août 1943, lors de l’éparpillement du maquis de Vendresse (Ardennes) cerné par les Allemands, Jean Lejeune organise l’hébergement et l’évacuation d’une quinzaine de maquisards.
Il transporte, parfois seul, des quantités importantes (2 tonnes le 28 août 1943) de munitions et explosifs récupérés dans les parachutages et, faisant preuve d’une incessante activité, se livre au harcèlement des troupes d’occupation (destruction de dépôts d’armes et de vivres, sabotage ferroviaire).
En novembre 1943, échappant de justesse à la Gestapo, il entre dans la clandestinité totale sous le pseudonyme de Lesage et quitte les Ardennes pour Paris où il occupe le poste d’adjoint au chef régional de l’OCM, Max Duval.
(C’est précisément sous l’identité de Lesage qu’il organisait les opérations de l’Amicale des “Cols Bleus“. Pour les Allemands et la police de Vichy, “Lesage” était un agitateur et un saboteur recherché, alors que “Lejeune” était officiellement un capitaine de marine respectable et vice-président d’une amicale).
Ses différents noms de clandestinité
il a opéré sous plusieurs identités pour protéger son réseau :
Lamballe – Robert – Lesage – Andrieux – Bastien (son nom de code le plus célèbre, sous lequel il était connu comme le Colonel Bastien) – Lassale
Échappant de nouveau in extremis à l’arrestation il gagne, fin 1943, le département du Nord où il se trouve sous les ordres du chef régional OCM, Delvallée. Après l’arrestation de ce dernier, le colonel FFI Bastien devient, en mai 1944, chef régional de l’OCM et chef d’Etat-major FFI pour la Région A (Aisne, Nord, Pas-de-Calais, Somme et Seine-inférieure).
Au moment du débarquement allié en Normandie, il attaque sans arrêt les convois et les détachements ennemis, leur cause de grandes pertes et contribue dans une large mesure à l’évacuation de la région du nord par les troupes allemandes. Arrêté le 30 août lors d’un contrôle à Cambrai, il parvient à s’échapper, à rejoindre son maquis de Mazinghien et à reprendre ses activités jusqu’à la libération de la région.

Maquis de Mazinghien –
( Photo : Mémoires de Guerre)
Jean Lejeune est décédé accidentellement à Orléans le 25 novembre 1961. Il est inhumé à Charleville-Mézières dans les Ardennes.
Les décorations qui lui sont attribuées
• Officier de la Légion d’Honneur
• Compagnon de la Libération – décret du 19 octobre 1945
• Croix de Guerre 39/45
• Médaille de la Résistance
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Sources de l’article:
ordredelaliberation.fr
Mémoire de guerre.fr
altituderando.com
forum.pages14-18.com
