Article du Républicain Lorrain
Le 18 juin 1940, jour de l’Appel du général, Charles Henry quitte à 16 ans sa Bretagne natale pour rejoindre l’Angleterre. Il y intègre l’École des Cadets de la France Libre, créée par de Gaulle. Suivront douze années de combats. Âgé de 97 ans, le Mosellan conte son exceptionnel destin.
Charles Henry, un des derniers Cadets de la France Libre, a été couvert de décorations pour l’ensemble de ses faits d’armes. Photo RL /Maury GOLINI
Elle est surmontée de la Croix de Lorraine et datée du 1er septembre 1945. La lettre de remerciement signée du général de Gaulle trône sous cadre dans le salon de la maison lorraine de Charles Henry, aux Étangs, petite commune près de Metz. « Vous avez été de l’équipe volontaire des Compagnons qui ont maintenu notre pays dans la guerre et dans l’honneur. Vous avez été de ceux qui, au premier rang, lui ont permis de remporter la Victoire ! », lui écrit le libérateur.
Pilote de Spitfire !
Lorsqu’ils ont quitté leur Bretagne natale le jour de l’Appel, le 18 juin 1940, Charles Henry et ses parents ignoraient pourtant tout du général. « Mon père était capitaine de la marine marchande. Alors que les Allemands approchaient de Saint-Brieuc, il s’est rendu au bureau maritime du port de Tréguier, où son bateau, l’Araok, était amarré. Le ministère de la Marine lui a donné l’ordre de partir pour l’Angleterre, avec une trentaine d’autres navires, dès la première marée. Mon père m’a pris avec. J’avais suivi une préparation de marin à 14 ans et je travaillais déjà comme mousse en vacances. Nous avons pris à bord une trentaine de réfugiés et sommes arrivés le lendemain à Plymouth. »
Les premières semaines sont difficiles. Les Anglais réquisitionnent hommes et bateaux. Jusqu’à ce que la famille Henry ne découvre l’existence du général. Elle se rend en mars 1941 à son état-major à Londres où l’amiral Muselier la reçoit : « Il a nommé mon père comme patron des affaires maritimes en Cornouailles et m’a demandé ce que je voulais faire. Nous étions en pleine bataille d’Angleterre, où Messerschmitt et Spitfire s’affrontaient dans les airs. J’ai répondu pilote de Spitfire ! » L’adolescent plaît.
De Gaulle lui donnait son argent de poche
À 16 ans et onze mois, il touche son premier uniforme, le Battledress , celui de l’armée anglaise. Il intègre les Cadets de la France Libre, formation créée quelques semaines auparavant au collège de Malvern, dans le centre de l’Angleterre. Il en sort aspirant en mai 1943 et en capacité de commander une section de 30 hommes. « À 17 ans, je tirais à la mitrailleuse. Le général passait nous voir tous les trimestres et donnait aux mineurs leur argent de poche ! », se souvient l’élève de la 3e promotion Fezzan-Tunisie, qui a quelques années plus tard épousé une Lorraine.
Par un convoi de 50 bateaux, il rejoint la 1re division française libre (BM 11) et s’entraîne l’hiver 1943-1944 au cap Bon, en Tunisie. En mars 1944, la 1re DFL arrive à Naples pour libérer l’Italie. C’est le début de douze années de combats pour Charles Henry, décoré de la Légion d’honneur à 24 ans. Il en est aujourd’hui commandeur.
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Mise à jour du 3 juillet 2025
Charles Henry est décédé le 23 kkjanvier 2023 à Metz. Françaislibres.net
Notice biographique charles Henry du site des Cadets de la France Libre

