Etape n° 37 – du 7 au 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

par Florence ROUMEGUERE
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Par authion

Plaque apposée à la Mairie d’Obenheim

MAURICE PAUZE, B.M. 24 –  FRIESENHEIM : « le 7 janvier au matin, nous devions être relevés. J’étais dans une des premières maisons du village et à quatre ou cinq maisons plus loin, était un groupe, quand le camion de munitions est arrivé dans la cour, un premier, puis un deuxième obus en plein dedans. Que de blessés et de morts ! ADNET, blessé, était sous le camion en flammes, les munitions partaient dans tous les sens, impossible de lui porter secours. Puis ils m’ont ramené « Papa Vial » sur une porte en guise de brancard : il était brûlé et blessé, il n’y avait plus rien à faire. Je lui ai croisé les mains comme l’on fait pour un mort, mais ces dernières ne tenant pas, je les ai coincées dans son ceinturon, puis nous nous sommes repliés sur OBENHEIM.  C’était le 7 janvier 1945 ».

Auteur inconnu – « La parole est aux rocket-guns : au troisième essai, le soldat GARCIA brise la chenille du Tigre. Furibond, le chef du char émerge de sa tourelle, gesticule… et est abattu d’un coup de carabine. Hélas, bruits de chaînes, un anti-char remorque le Tigre en arrière et prend sa place. De son côté, VILLAIN est accroché dans les bois qui se trouvent au Sud d’OBENHEIM. Jusqu’au soir, sa Section narguera les tireurs d’élite allemands, elle perdra le tiers de son effectif. La 1ère Compagnie, nez-à-nez avec l’ennemi, perdra un quart du sien. ROSENBERG, juste de retour de permission à Paris, à la tête déchiquetée par un éclat d’obus. Bien qu’exact au rendez-vous, le secours n’a pu arriver. La nuit venue, on décroche à grand-peine. La journée a été dure pour le Bataillon, mais le Bataillon a été aussi dur qu’elle ».

Pierre SIMONNET, C.I.D. de la 1ère D.F.L. – « Le 10 janvier 1945, au cours de l’après-midi, l’aviation alliée est venue parachuter des containers de vivres et de munitions, dont une grande partie est tombée dans le camp allemand. Lors de ce parachutage, l’artillerie ennemie s’était tue ; le Sous-Lieutenant commandant notre Section nous a intimé d’aller récupérer les containers tombés dans nos lignes. Partis à travers champs, nous avons décroché le parachute d’un container sous le feu ennemi et avons réussi à traîner ledit container au village. Celui-ci contenait des munitions anglaises alors que notre armement était américain ». 

Camille CUNIN, B.M. 24, Compagnon de la Libération« Un char se présente lentement au moment où nous arrivons. Aussitôt, JARICOT, qui a toujours une bande engagée, place sa mitrailleuse à la fenêtre gauche et le bazooka s’installe à la fenêtre de droite.  Il reste un obus que je place dans le tube alors que JARICOT arrose la rue au-delà du carrefour. L’obus du bazooka éclate sur le char qui recule immédiatement sans avoir, semble-t-il, réellement souffert ». 

* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

 Camille CUNIN – Crédit photo : Ordre de la Libération

(Dans son témoignage, le chef Paul BOCUSE qui servit dans les rangs du B.M. 24, indique que c’est André JARICOT qui dessina la médaille du B.M. 24.)

* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

Camille CUNIN – « POCHAT donne immédiatement à ses hommes l’ordre d’ouvrir la porte et de sortir sans armes. Trop tard ! Un premier obus de char traverse la partie du mur au-dessus du sol et éclate dans la cave suivi presque immédiatement par un deuxième. POCHAT est sérieusement blessé. Pour moi, j’ai reçu un éclat dans le bras et un deuxième éclat a brisé ma montre à mon poignet ; les blessés et les morts doivent être nombreux. Je soutiens POCHAT vers la sortie où les Allemands nous attendent, mitrailleuses braquées ». 

  • ·         SAUVER LE FANION DU BATAILLON
* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

Pierre GRANIER, B.M. 24 – « La nuit est noire, la neige est blanche et rouge par intermittences, au gré des éclatements et des flammes hautes de plusieurs mètres. Je traverse la place de la mairie, enfile une étroite ruelle, et me faufile en rasant les murs, très vite, pour ne pas être surpris par les fantassins allemands qui, déjà, sont partout. Je m’arrête devant une petite maison où, je le sais, les habitants se trouvent encore, sans doute camouflés au fond de leur cave ». (…)

Le maître du lieu, Monsieur GERBER, m’entraîne dans sa cave, croyant sans doute que je veux me cacher.  Mais je leur explique en deux mots ce que j’attends d’eux : « Gardez notre fanion, monsieur Gerber, je vous le confie… Vous le remettrez au premier officier français que vous rencontrerez quand, dans quelques jours, les nôtres reprendront le village ».

  • ·          S’ECHAPPER ? LE CAS DE CONSCIENCE  

Jacques MANTOUX, 1er R.A – “… VILLAIN vou­lait réellement que je sois de l’équipée, moi, Artilleur, étranger, quand il n’avait qu’à se tourner à droite ou à gauche pour offrir sa chance à un de ses camarades Fantassins ! J’étais touché, au plus profond, et nous nous regardions, pendant ces deux secondes, dans les yeux. Je lui ai dit : – Je ne peux pas. Je ne peux pas abandonner ROUGE. Je ne sais pas où il est. Je ne peux pas le trouver en temps utile. Merci quand même. Merci beaucoup !. Et ils sont partis. Et  ils sont arrivés.

  • ·         LE CAPORAL-CHEF QUI  NE VOULAIT  PAS SE RENDRE
* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

Armand Bouhadana, main sur la hanche, devant René Bajat

Joseph SIGWARD, 4ème Brigade : « juste après le dernier assaut allemand, les assiégés n’ont plus de grenades près d’eux. Compte tenu du climat psychologique, personne ne bouge. Et là Armand prononce la phrase qui tue : « Allez René, montre-leur ! ». Sans hésitation, BAJAT sort du trou en direction de la cache. Il est aussitôt abattu par un allemand rescapé de la dernière attaque et qui était resté dans la neige le long des peupliers. BOUHADANA, enfermé dans sa rage et sa détresse, s’entêtera jusqu’à ce que COFFINIER, accompagné de deux parlementaires allemands avec drapeau blanc, lui ordonne au mégaphone de cesser le combat… »

  • ·         LA CAPTIVITE
* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

STALAG V B – VILLINGEN Crédit  ill. : André  Sébart

Les prisonniers vont connaître l’ultime épreuve : celle de leur départ en captivité vers l’Allemagne et de leur détention dans des Stalag. Certains n’en reviendront pas. Récits de Jacob BENHAMOU (B.M. 24), Jean GILBERT (1er R.A.), Louis CHAVANON (B.M. 24) et André SEBART (B.M. 24). Parmi ceux qui  parviendront à s’évader ou qui seront  libérés par les américains, certains rejoindront la 1ère D.F.L. et reprendront le combat.

* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

Cimetière d’Obenheim – Le colonel Delange rend les honneurs aux disparus

* consulter l’Annexe de l’article : relevé des tombes françaises et allemandes

* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

Obenheim fête sa libération le 7 juillet 1945

Chelles, 24 septembre 1945 – le général de Gaulle et le Commandant Coffinier passent le B.M. 24 en revue

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  • ·        CHEMINS DE MEMOIRE
* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

2011 – Les anciens du B.M. 24 et de la D.F.L devant le monument dédié à la D.F.L.

* Etape n° 37 - du 7 au 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

2014 –  Ecole Sabin Salinas d’Obenheim : remise de prix par les Anciens, membres de la Fondation B.M. 24

* Etape n° 37 - 11 Janvier 1945 : le sacrifice du Bataillon de Marche 24 à OBENHEIM

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