
André Emile François Zickenheiner était un gendarme français et un résistant de la France Libre, né le 15 septembre 1902 à Lille et décédé le 3 novembre 1970 dans la même ville, à l’âge de 68 ans. Il s’était marié le 29 juillet 1922 à Lille, 59350, avec Marie Louise TRONEL 1903-
Ses parents étaient Charles Guillaume Louis ZICKENHEINER et Angèle Hélène PLUQUET 1880-1963
La prévôté de la deuxième brigade française indépendante est créée lors du départ de celle-ci pour l’Égypte en avril 1942. La distance qui sépare la première brigade de la deuxième, respectivement placée à l’extrémité sud (Bir Hacheim) et nord (à Bardia en Libye) du dispositif de défense britannique, contraint le commandement à affecter un détachement de prévôté à chacune des deux brigades. En l’absence d’officier, c’est un adjudant, le gendarme André Zickenheiner, qui en prend le commandement.

(Emplacement approximatif des deux lieux)
Anciennement affecté à la prévôté du Levant, André Emile François Zickenheiner commande la compagnie de chars de la gendarmerie stationnée à Damas qui participe à la défense de la ville, prise le 19 juin 1941 par les alliés. Le maréchal des logis chef Zickenheiner, fait prisonnier avec dix hommes de sa compagnie, en profite pour se rallier dès le lendemain à la France Libre, entraînant derrière lui une partie de ses hommes. Son ralliement précoce – il est le premier gendarme de la prévôté du Levant à rallier la France Libre – lui vaudra d’être fait chevalier de la légion d’honneur en 1945 et d’être qualifié « d’officier d’un allant et d’une énergie remarquables ».
Affecté à la prévôté des FFL, Zickenheiner prend rapidement du galon : un mois à peine après son ralliement, il est nommé adjudant. Son statut de prévôt de la deuxième brigade lui permet de passer officier à la fin du mois d’avril 1942, date à laquelle il est promu sous-lieutenant à titre définitif.
Les effectifs de la prévôté de la deuxième brigade sont également fixés à sept prévôtaux. Parmi eux, le prévôt ne peut compter que sur un seul gendarme expérimenté, le maréchal des logis chef Jean Uguen, affecté à la prévôté du Levant en juin 1939 et rallié aux FFL en septembre 1941. Le reste de la prévôté est donc composé de cinq élèves-gendarmes, qui ont pu néanmoins recevoir plusieurs mois de formation au Levant. Contrairement à la prévôté de la Force L, les effectifs se maintiennent jusqu’en septembre 1942, où ils sont même étoffés avec un renfort de deux gendarmes détachés de la prévôté des FFL au Levant. Sept gendarmes ne sont néanmoins pas de trop pour assurer le service prévôtal au sein d’une troupe qui certes est trop peu nombreuse pour prétendre au titre de « division » (comme l’aurait souhaité le commandement français) mais qui compte toutefois plus de 3 000 hommes. Le prévôt, qui ne peut par conséquent se permettre de voir diminuer l’effectif de sa prévôté, refuse la demande de mutation de l’élève-gendarme Marcel Le Hir en mai 1942. Ce dernier avait exprimé le souhait de réintégrer une unité combattante, de préférence de légion étrangère, à laquelle il avait appartenu depuis son ralliement précoce à la France Libre en 1940, et avec laquelle il avait participé à la campagne de d’Érythrée en 1941. Zickenheiner s’oppose à sa démission de la prévôté, et fait part de cette décision au général commandant la 2e BFI, le général Cazaud.

Général Alfred Cazaud, commandant de la 2e BFI
Source : “Ordre de la Libération”.
Contexte et Origine de la Force L, la Force L est créée le 25 décembre 1941 (1), avec le départ de cette troupe pour l’Égypte. Son commandement est confié à un gendarme expérimenté, l’adjudant Pierre Laplaud. Rallié aux FFL le 5 août 1941, celui-ci continue d’assurer son service à la prévôté des FFL avant d’être promu sous-lieutenant et nommé prévôt de la Force L. Sur les 7 gendarmes que compte alors la prévôté, 4 sont encore des élèves-gendarmes, qui sont passés de l’infanterie à la police militaire un mois ou deux seulement auparavant. Leur formation est, par conséquent, encore loin d’être achevée et se fera en grande partie « sur le tas ». Le prévôt ne peut ainsi compter sur l’aide que de deux gendarmes expérimentés, les maréchaux des logis chefs Alcide Pénasse, qui a appartenu à la prévôté du Levant avant de se rallier aux FFL en juillet 1941, et Lucien Walter. Ce gendarme, alors en service à Pondichéry, passe également à la France Libre en juillet, et débarque en septembre au Levant où il intègre aussitôt la prévôté.
Déjà confronté au manque d’expérience de la plupart des gendarmes qui composent sa prévôté, le sous-lieutenant Laplaud doit rapidement faire face à une pénurie d’hommes. Au mois de mars, ils ne sont plus que cinq prévôtaux : le prévôt, ses deux maréchaux des logis et les élèves-gendarmes François Garcia et Gustave Jabouin. Des deux autres élèves-gendarmes qui composaient la prévôté, l’un, Roger de la Gardelle, tombé malade, a été rapatrié sur le Levant par mesure sanitaire dès la fin du mois de janvier 1942, et ne pourra réintégrer la prévôté qu’en septembre 1942. L’autre, l’élève-gendarme Paul Pérénou, a été muté de la prévôté le 1er avril.

Général Pierre Koenig – Commandant de la 1 ère BFL et héros de Bir Hakeim
Dernier Maréchal de France
(Photo Ordre de la Libération)
Laplaud éprouve les plus grandes difficultés à étoffer ses maigres effectifs. En janvier déjà, il avait voulu s’adjoindre les services de deux militaires volontaires qui lui avaient adressé une demande pour s’engager dans la gendarmerie. Malheureusement, ils n’ont pas respecté la hiérarchie militaire en adressant leur demande directement au prévôt et non à leurs supérieurs et voient leur demande rejetée. Laplaud, quant à lui, est rappelé à l’ordre par le commandement dans une note qui témoigne un certain mépris, sinon pour les gendarmes, du moins pour les élèves-gendarmes, soupçonnés de vouloir intégrer l’Arme pour des raisons cachées :
« Je [le lieutenant Fénaux] demande que l’attention du sous-lieutenant Laplaud soit attirée sur le fait qu’il ne doit pas accepter directement de demande sans l’avis du commandant de l’unité de l’intéressé. Cette façon de faire est contraire aux règlements car il est inadmissible qu’en opération de guerre, des militaires demandent à entrer dans la gendarmerie, emploi qui nécessite un stage à l’arrière au moment où l’on demande d’eux tout leur dévouement. »
De mars à avril, le prévôt adresse plusieurs notes au général Koenig dans lesquelles il souligne les difficultés engendrées par la pénurie de gendarmes à laquelle il doit faire face. Le 13 avril 1942, il déclare que l’effectif de la prévôté est même « totalement insuffisant pour assurer le service courant ». En mai, le prévôt recrute enfin un nouvel élève-gendarme, l’ancien légionnaire Charles Drollinger, alias Durand. Lors de son admission dans la gendarmerie, ce légionnaire d’origine allemande, naturalisé français en 1939 seulement, adresse une demande en vue de recouvrer son véritable nom. Demande qui, de toute évidence, lui est refusée puisqu’il conserve son pseudonyme à consonance française. Sans doute le commandement préfère-t-il éviter que les origines germaniques de ce militaire soient trop clairement identifiables, en particulier chez un gendarme chargé de faire régner l’ordre au sein de la troupe. Cependant, en l’absence de toute formation, Durand n’intègre pas la prévôté avant plusieurs mois. L’effectif de la prévôté de la Force L reste par conséquent bloqué à cinq gendarmes jusqu’au début du mois de novembre 1942, date à laquelle les deux brigades françaises sont finalement regroupées pour former les FFWD. Les prévôtés des deux brigades fusionnent alors en une « prévôté des FFWD (2)» dont le commandement est confié, le mois suivant, au prévôt de la deuxième brigade, le sous-lieutenant Zickenheiner…..”
(1) Contexte et Origine de la Force L
- Le Commandant : La “Force L” tire son nom du Général Leclerc (Philippe de Hauteclocque).
- Mission : À cette époque, Leclerc prépare ses troupes en Afrique de l’Équatorial française (AEF) pour les futures campagnes du Fezzan (Libye), visant à rejoindre les forces britanniques en Méditerranée.
- Rôle de la Prévôté : En milieu militaire, la prévôté assure les fonctions de police militaire. Elle est chargée de l’ordre, de la discipline, de la circulation routière des colonnes et de la sécurité des zones occupées ou traversées.
- Évolution de la Force L
- La Force L est l’embryon de ce qui deviendra plus tard une unité légendaire :
- 1941-1942 : Opérations dans le désert libyen (Fezzan).
- 1943 : La Force L devient officiellement la 2e Division Française Libre (2e DFL).
- Août 1943 : Elle fusionne avec d’autres unités pour devenir la célèbre 2e Division Blindée (2e DB), qui libérera Paris en août 1944.
(2) Forces Françaises du Western Desert (Forces Françaises du Désert Occidental).
Le contexte géographique : À l’époque, les forces françaises étaient divisées en deux brigades principales. À cause de l’immense distance séparant ces brigades dans le désert (l’une était à Bir Hakeim, l’autre à Bardia), chacune possédait sa propre petite unité de prévôté.
La réorganisation : En novembre 1942, le commandement (sous l’autorité du général de Larminat) décide de regrouper ces deux entités pour simplifier la gestion. C’est à ce moment qu’est créée la Prévôté des FFWD.
Le Sous-Lieutenant Zickenheiner Son professionnalisme lui a valu de prendre la tête de cette nouvelle prévôté fusionnée.
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Sources de l’article :
francaislibres.net
ordredelaliberation.fr
le-revers-de-la-medaille.fr
