Article proposé par Xavier Chevallier, son petit-fils

Le sergent Elie, Fort-de-France (Martinique), vers 1934
Archive personnelle d’Arlette Elie, épouse Chevallier
Louis-Joseph Elie naît le 25 août 1905 à Sainte-Marie, commune du nord de la Martinique. Orphelin de père à 15 ans, il s’engage dans l’armée en 1926 en tant que simple soldat, ce qui lui permet de quitter l’île et de connaître la France hexagonale, l’Espagne, l’Afrique équatoriale française au gré de ses affectations. Gravissant les échelons et grades, il retourne en Martinique en 1933 où il se marie l’année suivante dans la commune du Gros-Morne dont est originaire son épouse avec qui il aura cinq enfants. En 1939, après avoir résidé à Paris, à Madagascar et à Aix-en-Provence, il est adjudant lorsque la guerre éclate.
Alors que l’armée française est pleine déroute, il abat un avion allemand avec ses fusils-mitrailleurs le 16 juin 1940 et fait prisonnier le jeune pilote, ce qui lui vaudra une citation à l’ordre de l’armée terrestre et la croix de guerre avec palme. Fait prisonnier le 24 juin 1940, il s’évade le jour même et rejoint le Sud de la France, puis part de Marseille pour Oran en Algérie en 1941.
En poste à Dakar en 1942, il se rend au Maroc à Casablanca en 1943 et intègre en octobre le bataillon des Antilles N°1 qui deviendra le 1er juin 1944 le 21ème Groupe Antillais de Défense Contre avion (DCA). Il est sous-lieutenant lorsqu’il participe à la campagne d’Italie en mai 1944. Son comportement lors des combats et manœuvres lui vaut d’être proposé au grade de lieutenant le 11 juillet par le commandant Armand Lanlo.

Louis-Joseph Elie au milieu de camarades, dates et lieux inconnus
Archive personnelle d’Arlette Elie, épouse Chevallier
Puis c’est le débarquement de Provence à partir du 15 août : Louis-Joseph Elie participe à la libération du sud de la France, remonte jusqu’en Alsace où les Allemands opposent une résistance farouche. Il est nommé lieutenant en décembre 1944. Mais il trouve la mort accidentellement le 2 mars 1945 à Châtenois (Bas-Rhin), alors qu’il partait de son camp à Sélestat pour la mise en route d’un convoi.
La jeep dont il est le passager avant est violemment percutée par un camion militaire arrivant en sens inverse. Très grièvement blessé à la tête, il meurt presqu’immédiatement. Il est enterré le lendemain à Obernai dans le cimetière divisionnaire N°7 de la Première Division Française Libre où il reposera pendant près de 20 ans. Le rapatriement de son cercueil au cimetière du Gros-Morne en 1964 donne lieu à une cérémonie officielle marquante, en présence notamment de sa veuve et de plusieurs de ses enfants.
Toujours en Martinique en 2021, la ville de Sainte-Marie où il est né le met l’honneur lors de la célébration du 8 mai, à l’initiative de son petit-fils Xavier Chevallier. Puis le 8 mai 2025, à l’occasion des 80 ans de la Victoire, Xavier Chevallier et sa sœur Karen Chevallier sont invités par le maire de Châtenois en Alsace où ils rendent hommage à leur grand-père maternel.

Célébration du 8 mai 2021 à Sainte-Marie (Martinique), hommage au lieutenant Elie
Photo France-Antilles Martinique
https://ville-saintemarie.com/2021/05/18/hommage-au-lieutenant-elie/

Article intégral du France Antilles du 11 mai 2021 relatant la cérémonie du 8 mai à Sainte-Marie

Célébration du 8 mai 2025 à Châtenois
Photo d’Alain Ott, spécialiste de la guerre 39-45 dans le Bas-Rhin
Pour en savoir plus sur le lieutenant Elie :
Mise en ligne: Jean-Marie Pefferkorn
