
1921 / 1980
(Photo Frédérique LEON GUITTAT
Biographie
Source de l’article: Frédérique LEON GUITTAT, fille de Robert Léon
Jeune commerçant salarié sur les trottoirs des grands magasins de Paris depuis 1936, ayant ensuite passé presque deux ans dans l’Armée d’Armistice, (cavalerie motorisée, engagé à 19 ans), en octobre 1940, il espère être muté en Afrique du Nord, dans l’espoir d’une reconquête. Après le débarquement du 8 novembre 1942 et la dissolution de l’Armée d’Armistice, il prend la décision de rejoindre l’AFN par ses propres moyens.
Evadé de France par l’Espagne le 16 janvier 1943, il est capturé peu après le passage de la frontière et passe 6 mois dans la prison épouvantable de Lerida.


Le « seminario viejo » de Lleida.
(Photos transmises par L’Institud Llerdencs de Lleida sur la page du RÉCIT TÉMOIGNAGE DE PAUL MIFSUD Évadé de France en 1943

(Photo Frédérique LEON GUITTAT)
ÉVADÉ DE FRANCE (texte du diplôme)
Monsieur Léon Robert
A celle ou celui qui volontairement, à la face et au mépris du danger encouru, par l’ennemi pour répondre au devoir de sa vie et de servir les Armées de la Libération, a pris une part active à la libération de la Patrie, a ainsi accompli le geste qui précède la victoire et l’a méritée aux yeux du monde.
Grâce à ses qualités de courage et d’énergie et surmontant de graves difficultés, A été proposé pour la Médaille de l’Évadé et au port de l’insigne de l’UNION DES ÉVADÉS DE FRANCE.
Fait à Paris, le 2 Juillet 1948 Le Président de l’Union des Évadés de France, Général (Signature floue, probablement Goÿs).
(Signature illisible du Président de la Section locale ou du Bureau.)
Une lettre co-écrite par Mr F. Warthmann en mars 1943
Au cours de mes recherches sur mon père Robert LEON, il m’a été transmis par La Croix Rouge le document suivant : une lettre à l’ambassadeur de France en Espagne, demandant aide et protection, co-signée par Mr WARTHMANN, depuis la prison de Seo d’Urgel le 21 mars 1943, prison où il était détenu pour avoir franchi clandestinement la frontière espagnole en vue de rejoindre les Forces Françaises Libres en Afrique du Nord.
Vous trouverez dans la copie de cette lettre, les noms de 4 autres camarades co-détenus à Seo d’Urgel.
“Prison de Seo d’Urgel, 21 mars 1943
A son Excellence l’Ambassadeur de France en Espagne
Nous soussignés,
Léon Robert, né le 5 mai 1921 à Paris (8e), 2 ans de service militaire engagé volontaire automitrailleuse et chars,
Sergent Bernard, né le 20 janvier 1921 à Paris, 2 ans de service miltaire engagé voolntaire automitrailleuse et chars,
Le Rumeur Armand, né le 27 octobre 1918 à Paris, 2 ans de service militaire, 1 an de guerre DCA écouteur, prisonnier évadé,
Schaffer Alfred, né le 2 mai 1920, à Eschau (Bas-Rhin), 2 ans de service militaire engagé volontaire, Train des équipages,
Warthmann Fernand, né le 22 octobre 1914 à Zimmerbach, (Haut-Rhin), 5 ans de service militaire dans la marine comme chauffeur mécanicien,
Tanays Jacques, né le 4 novembre 1914 à Luzech, (Lot), 2 ans de service militaire, 1 an de guerre, caporal-chef, chenillette, défense anti-chars,
Retenus depuis le 2 février dernier par les autorités espagnoles, nous vous demandons aide et protection. Tous de nationalité française, nous désirerions passer le plus tôt possible sous vos ordres, en vue de notre engagement en Afrique du Nord.
Démunis de toute ressources depuis notre emprisonnement, nous espérons que notre demande sera prise en considération.
Veuillez recevoir, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de notre respectueux dévouement.”
Libéré le 2 juillet 1943, il rejoint Casablanca à bord du Sidi-Brahim. Puis il gagne Dellys- Algérie (centre d’incorporation des FL) et s’engage dans la 1ere DFL le 19 juillet 43.
Il est muté au service du QG75 du général de Larminat comme chauffeur. Puis il devient peu après le chauffeur personnel du Lieutenant colonel Thuaire, chef du 2e Bureau du QG de Larminat.
Hiver 1943/1944 : après l’entraînement sur le matériel américain avec la 1re DFL, c’est la Campagne d’Italie dans le Corps de Poursuite en mai, juin et juillet 44.
Il embarque à Tarente le 10 aout 44.
Débarquement à St Tropez le 15 aout 44. Le QG75 passe alors sous les ordres du général de Monsabert (2e Corps d’Armée).
Libération du sud est de la France,(Marseille, St Etienne, Lyon, Dijon) jusqu’aux Vosges, suivant de près le parcours de la DFL.
Hiver 1944/1945 dans les Vosges et en Alsace: Belfort, Strasbourg, Colmar.

Photo prise après la Libération de Colmar.
(Photo Frédérique LEON GUITTAT)
De gauche à droite: Mon père, Robert Leon, puis derrière, Mr Guillaume, chauffeur au QG 75, Mr Bertrand, au volant de sa jeep willys, et Mr Yvon Mas, un autre “complice” et ami fidèle, chauffeur du Commandant Girard au QG 75. Mr Mas, avait été emprisonné à Lerida avec mon père et s’était engagé le même jour que lui à Dellys, dans la 1ere DFL.
Février 1945 : toujours comme chauffeur, il suit son colonel, affecté au commandement du 152e Régiment du Génie (1er Corps d’Armée du général Béthouart). Reconstruction des infrastructures alsaciennes.
Entrée en Allemagne en avril, entrée en Autriche le 5 mai 45, par Lindau et Bregenz.
Le 152e RG fait bientôt partie des troupes d’occupation. Reconstruction des réseaux routiers et ferroviaires dans le Tyrol et Vorarlberg.
Démobilisé le 22 décembre 1945, Léon Guittat entre à Paris, où ma (future) mère l’attendait depuis 3 ans.
Il est décédé en 1980 à 59 ans, des suites d’une longue maladie.

A droite mon père, chauffeur de liaison au QG 75
(Photo Frédérique LEON GUITTAT)

La carte de son périple de janvier 1943 à mai 1945
(Photo Frédérique LEON GUITTAT)
J’ai détaillé le récit de son aventure dans un livre, récit qui n’a pu voir le jour que grâce au journal de guerre de Robert Bertrand son ami, également chauffeur au QG 75.
Vous trouverez plus de détail sur mon site internet.
Biographie établie par Frédérique LEON GUITTAT sur la page de Robert Léon sur le site Françaislibres.net
Mis en ligne par Jean Marie Pefferkorn
