Parcours militaire du Médecin Capitaine Paul PEYRUSSE (1911-2001) : de la création du Bataillon de Marche 21 (BM 21,1ere DFL) à 1945

par Jean Marie PEFFERKORN
206 vues

Le capitaine Paul Peyrusse en 1945

(Source : famille Peyrusse)

Paul Peyrusse est né le 3 décembre 1911 à Pavie dans le Gers. Son père Alcide Peyrusse est tué en février 1916 sur le front du coté d’Arras. Il est alors élevé par sa mère, sa grand-mère et ses grandes sœurs. Bon élève et pupille de la nation, il va au lycée d’Auch, obtient le baccalauréat en 1929, il obtient un emploi dans une banque mais rapidement décide de reprendre ses études pour devenir médecin, sa volonté de voyager le conduit à choisir la médecine coloniale.
En 1933 il est brillamment reçu au concours d’entrée à l’ Ecole Santé Navale à Bordeaux, il en est diplômé en décembre 1937 et rejoint l’école d’application des services de santé pour la médecine coloniale au Pharo à Marseille.

Photo : à l’école d’application à la médecine coloniale – Marseille 1938

(Source : famille Peyrusse)


Diplômé en septembre 1938, avec le grade de lieutenant, il est affecté au 8eme Régiment de Tirailleurs Sénégalais à Toulon en attendant son affectation outremer.

Sur cette photo prise à Port-Said le 6 janvier 1939 figure e futur commandant du BM 21 Georges RAYNAL ainsi que, de gauche à droite : Jean Dussol (futur FAFL), Paul PERUSSE (BM 21), Armand Lanlo (BM 5), Pierre Marchand (BM 4), Eugène Fayaud (RA) et Bernard Oursel (BM 21)

(Source : famille Peyrusse)


Le 8ième RTS embarque pour Djibouti le 31 décembre 1938. Paul Peyrusse, nommé capitaine en septembre 1942, restera à Djibouti jusqu’en novembre 1942, date à laquelle, révolté par la passivité du pouvoir local resté fidèle à Vichy, il rejoint les Forces Françaises Libres.

Novembre 39 Djibouti infirmerie du stade
Med Lt Juguet Mme Princival M Cap Filippi Père Louis MLt Peyrusse St Fouquet Zouin

(Source : famille Peyrusse)


Le ralliement du futur BM 21

Regroupé à Djibouti en septembre 1940, le régiment de tirailleurs sénégalais de la Côte française des Somalis est dissous le 15 octobre, et le 1er bataillon est transformé en bataillon formant corps, le bataillon de tirailleurs sénégalais n° 1, sous les ordres du commandant Raynal. Outre le lieutenant Oursel, officier des détails, et le médecin-lieutenant Moret, le lieutenant Labarsouque commande la 1ère compagnie, le capitaine Pelletier la 2e, le capitaine Sambron la 3e et le capitaine Comnier la compagnie d’accompagnement.
Le débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, laisse espérer un temps un ralliement pacifique de la colonie à la France combattante, vite déçu par l’attitude jusqu’au-boutiste des autorités, qui demeurent fidèles à Vichy. Révolté par cette passivité, alors que la nouvelle du ralliement de l’Afrique occidentale française parvient à Djibouti le 24 novembre, le bataillon décide de s’évader du territoire et de rejoindre le Somaliland.
Le soir du 27 novembre 1942, un détachement comprenant trois compagnies du BTS n° l4 et six batteries du groupe d’artillerie coloniale du lieutenant-colonel Hanneton quitte Djibouti. Les accompagnent un détachement de transport dirigé par le lieutenant Messager, un peloton hors rang emmené par le capitaine Le Hoanec, un service de l’artillerie commandé par le lieutenant Souleau, deux détachements d’isolés d’autres corps sous les ordres des capitaines Lanlo et Calvet, et un détachement de DCA commandé par le sergent-chef Vauclair.
Au total, le détachement comprend 39 officiers dont 2 médecins (les médecins Cne. Juguet et le médecin Lt PEYRUSSE), 252 sous-officiers, 270 hommes de troupe et 868 indigènes. Il fait mouvement vers le village de Loyada, où il passe la frontière, et atteint Zeilah le lendemain.
Le lieutenant-colonel Raynal prend alors contact avec le détachement Somali des FFL du lieutenant-colonel Appert, commandant des Forces françaises libres de l’Est africain. Au total, c’est, avec le BTS n° 4 (futur bataillon de marche n° 24), 1 800 hommes qui ont passé la frontière pour rallier la France combattante.
Le 8 février 1943, ils embarquent pour l’Egypte, où ils vont former officiellement le Bataillon de Marche 21 de la 4e Brigade.

Le BM 21 est commandé par le Chef de Bataillon Georges Raynal que l’on n’appelle pas encore « Rabastens » mais que l’on retrouvera tout au long de l’histoire du Bataillon jusqu’à la fin de la guerre. Certains officiers y resteront constamment, comme le médecin Lieutenant Peyrusse et le Lieutenant Oursel ; d’autres comme le Capitaine Lanlo et le Lieutenant Fayaud rejoindront d’autres unités mais se retrouveront aux côtés du Bataillon au sein de la 1ère DFL, de même pour de nombreux sous-officiers et hommes de troupe.

Le parcours de Paul Peyrusse

Paul Peyrusse devient le médecin du bataillon de marche BM21 de la 1ère Division Française Libre, bataillon qu’il ne quittera pas jusqu’en avril 1945.

En février 1943 avec les entités qui vont constituer le BM21 il embarque pour Suez, le camp de Tahag en Egypte avant d’être regroupé avec le reste de la 1er DFL à Nabeul en Tunisie après avoir traversé la Tripolitaine.

Du 27 avril 1944 au 7 août 1944 il participe à la bataille d’Italie et en particulier aux combats du Mont Cassino où il obtient la Croix de Guerre lors de l’attaque de San Andrea.

(Source : famille Peyrusse)


Fin juin 1944 à Tarente : Cap Robert Muller, Cap Jankel Jacques Blajfeder alias Blay, Méd Cap 
Paul Peyrusse et Cap René Fournier

(Source : famille Peyrusse)

Embarqué à Tarente le 7 août 1944 le BM21 participe au débarquement de Provence sur la plage de Cavalaire le 17 août 1944. C’est ensuite la libération de la France, Toulon, la vallée du Rhône et les batailles de Belfort et Colmar où Paul Peyrusse obtient une nouvelle citation. Il fait preuve de dévouement et de courage dans le fonctionnement de son poste de secours, poussant toujours de l’avant pour organiser au mieux l’évacuation des blessés, soutenant les combattants par ses fréquentes visites en première ligne.
Le BM21 termine la guerre avec la 1er DFL dans le massif de l’ Authion dans les Alpes du sud.

Après le 8 mai 1945 le BM21 est regroupé avec d’autres bataillons au sein du 1er régiment d’infanterie coloniale en région parisienne.

Paul Peyrusse se marie en avril 1946 et candidat à un poste dans les colonies. Il obtient en mai 1946 une première affectation à Brazzaville puis à Pointe Noire où il va rester jusqu’en janvier 1949. Il est nommé commandant des troupes coloniales. Retour à Bordeaux puis nouveau poste à Kindia et Conakry de décembre 1950 à décembre 1953. Après un nouveau séjour à Bordeaux et toujours candidat pour les colonies Paul Peyrusse est affecté à Fort Dauphin à Madagascar d’août 1955 à juin 1958. Paul Peyrusse est promu Lieutenant Colonel en avril 1957 et décoré de la légion d’honneur en décembre 1958.

Remise de la Légion d’Honneur – janvier 1959 à Bordeaux.

(Source : famille Peyrusse)


Paul Peyrusse prend sa retraite militaire en avril 1960, il est alors médecin contrôleur à la DDASS à Foix en Ariège, il prend sa retraite en 1977.

Paul Peyrusse s’est éteint en février 2001 à Foix.

Mis en ligne par Jean Marie Pefferkorn

Sources de l’article :

Biographie établie par la famille de Paul Peyrusse sur le site Françaislibres.net

Historique du BM 21 Blog DFL

Vous devriez apprécier

Laisser un commentaire