Histoire du caporal SEKHO N’DAW du 1er Bataillon d’Infanterie de Marine – BIMP

par Florence ROUMEGUERE
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Né le 3 août 1910 à Rufisque au Sénégal, le caporal Sekho N’Daw était de nationalité française car né dans l’une des quatre grandes villes administratives du pays.

Il est appelé sous les drapeaux et s’engage le 18 juillet 1929 au titre du 22e RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale) pour une durée identique à ses camarades européens ou de métropole, contrairement aux jeunes Sénégalais tirés au sort lors d’un conseil de révision, ou désignés d’office par des chefs de village pour servir un R.T.S (Régiment de Tirailleurs Sénégalais).

Le début de sa carrière militaire va le conduire pour son premier séjour en Indochine, du 7 août 1930 à 1933. Il est nommé F classe le 1er juillet 1930.

En congé de fin de campagne en France, il est affecté à la compagnie des télégraphistes coloniaux à Montauban.

En 1934, désigné pour un deuxième séjour en Indochine, il est affecté au 19e RMIC jusqu’au 15 mars 1938.

De retour en France, après un passage au dépôt des Isolés des troupes coloniales à Marseille, le 16 août 1939, il embarque pour Beyrouth et est affecté au 24e Régiment d’Infanterie Coloniale (RIC), nouvellement recréé au Levant à Tripoli près de Beyrouth.

Puis Sekho N’Daw est détaché avec ses camarades en renfort de la garnison britannique de Chypre.

En effet, dans les premiers jours de juin 1940, le 24e RIC, cantonné à Tripoli avait envoyé à Chypre son 3e bataillon pour y renforcer la garnison britannique de Famagouste. Quelques jours plus tard, un groupe de jeunes officiers et sous-officiers, désireux de poursuivre le combat contre l’Axe, se rassembla autour du capitaine Jean Lorotte de Banes.

Le 19 juin, celui-ci réunit sa compagnie pour l’informer qu’il ne déposerait jamais les armes et qu’il avait l’intention de se rallier au général de Gaulle. Il entraîna avec lui 180 hommes (sur 230). Ils s’appelaient eux-mêmes les “chypriotes”, prêts à rejoindre les troupes alliées en Egypte.

Sekho N’Daw décida de suivre le capitaine LOROTTE. La date de son engagement dans les FFL est celle de sa désertion à Chypre le 1er juillet 1940.

Son nom figure sur la liste des « inculpés par le régime de Vichy en date du 22 décembre 1940 », qui recense tous les hommes de la 9e Compagnie du 24e RIC :

Avec ses compagnons du 1er BIM dans le jardin du foyer du soldat : Kuradjan, Dobbs, N’Daw Seko, Auguir, Chouiffer, Messaoud et Alicofeu Coll. Marcel HUPIN

C’est à Moascar, près d’Ismailia en Egypte que le 25 Aout 1940 le capitaine Lorotte remet le fanion du BIM au sous-lieutenant Gourves.

La Compagnie Folliot, la première opérationnelle, quitte Ismaïlia le 6 septembre 1940 pour rejoindre, dans la région de Marsa Matrouh (Egypte) la 7e Armoured division britannique (les « rats du désert »).

Sekho N’Daw participe à la Campagne de Cyrénaïque puis à la campagne de Libye dès septembre 1940.

Début décembre, la 2e Compagnie rejoint la Compagnie Folliot au début de l’offensive britannique contre l’armée italienne de Libye. Folliot prend alors le commandement des deux compagnies. Le 7 décembre, les Alliés et les Français libres du BIM franchissent la frontière libyenne et s’emparent de Sollum puis de Sidi-Barrani (9 décembre), faisant plusieurs milliers de prisonniers. Bardia tombe le 6 janvier 1941 et Tobrouk le 21, occasionnant les premières pertes dans les rangs du BIM. L’offensive britannique se poursuit en Libye en février 1941.

Fin mai 1941, les trois compagnies du BIM, désormais sous les ordres du lieutenant-colonel de Chevigné, se retrouvent à Qastina, en Palestine où l’on rassemble les Forces françaises libres en prévision de la campagne de Syrie.

Lors de la campagne de Syrie de juin 1941, le Bataillon est aux avant-postes notamment lors de la prise de Damas. Il est ensuite incorporé à la 1ère Brigade française libre du général Koenig et est désormais composé de deux compagnies de reconnaissance et d’une compagnie antichars sous les ordres de Jacques Savey.

Fin septembre 1941, le BIM rejoint la 8e Armée britannique en Libye. A la mi-janvier il participe à la prise d’Halfaya avant d’occuper avec la Brigade Koenig, la position de Bir-Hakeim, dans le désert de Cyrénaique, au sud de Tobrouk.

Après trois mois d’organisation des défenses de Bir-Hakeim et de patrouilles dans le désert, l’offensive italo-allemande menée par Rommel commence le 27 mai 1942.

Sekho N’Daw  est engagé dans la bataille de Bir Hakeim où il est blessé et fait prisonnier le 11 juin 1942 au cours de la sortie de vive force de la position.

Un état récapitulatif des troupes en 1944 précisera que, sur 829 FFL disparus initialement à Bir-Hakeim, il pouvait être estimé à 683 les FFL prisonniers et blessés.

Ceux-ci furent emmenés par les allemands et confiés aux italiens dans un camp à 10 km de Benghasi. Premiers prisonniers français d’une armée non reconnue, ils y furent séparés des troupes du Commonwealth, composées d’hindous sikhs, de sud-africains, d’australiens, de néo-zélandais et de britanniques. Ils seront victimes de brimades et privés d’eau durant quatre jours ce qui fit encore 22 morts parmi les blessés. Le reste d’un convoi escorté de dix cargos italiens partis de Brindisi venait d’arriver à Benghasi.

Le 16 août 1942, tous les soldats prisonniers dont 4 à 7000 embarquen sur le “Nino Bixio”, parmi lesquels 400 français FFL de Bir-Hakeim et douze S.A.S du French Squadron. Par erreur le “Nino Bixio” restait armé de sa défense antiaérienne servie par des allemands, et sans porter la croix-rouge du transport de blessés et de prisonniers.La Compagnie Folliot, la première opérationnelle, quitte Ismaïlia le 6 septembre 1940 pour rejoindre, dans la région de Marsa Matrouh (Egypte) la 7e Armoured division britannique (les « rats du désert »).

Sekho N’Daw participe à la Campagne de Cyrénaïque puis à la campagne de Libye dès septembre 1940.

Début décembre, la 2e Compagnie rejoint la Compagnie Folliot au début de l’offensive britannique contre l’armée italienne de Libye. Folliot prend alors le commandement des deux compagnies. Le 7 décembre, les Alliés et les Français libres du BIM franchissent la frontière libyenne et s’emparent de Sollum puis de Sidi-Barrani (9 décembre), faisant plusieurs milliers de prisonniers. Bardia tombe le 6 janvier 1941 et Tobrouk le 21, occasionnant les premières pertes dans les rangs du BIM. L’offensive britannique se poursuit en Libye en février 1941.

Fin mai 1941, les trois compagnies du BIM, désormais sous les ordres du lieutenant-colonel de Chevigné, se retrouvent à Qastina, en Palestine où l’on rassemble les Forces françaises libres en prévision de la campagne de Syrie.

Lors de la campagne de Syrie de juin 1941, le Bataillon est aux avant-postes notamment lors de la prise de Damas. Il est ensuite incorporé à la 1ère Brigade française libre du général Koenig et est désormais composé de deux compagnies de reconnaissance et d’une compagnie antichars sous les ordres de Jacques Savey.

Fin septembre 1941, le BIM rejoint la 8e Armée britannique en Libye. A la mi-janvier il participe à la prise d’Halfaya avant d’occuper avec la Brigade Koenig, la position de Bir-Hakeim, dans le désert de Cyrénaique, au sud de Tobrouk.

Après trois mois d’organisation des défenses de Bir-Hakeim et de patrouilles dans le désert, l’offensive italo-allemande menée par Rommel commence le 27 mai 1942.

Sekho N’Daw est engagé dans la bataille de Bir Hakeim où il est blessé et fait prisonnier le 11 juin 1942 au cours de la sortie de vive force de la position.

Un état récapitulatif des troupes en 1944 précisera que, sur 829 FFL disparus initialement à Bir-Hakeim, il pouvait être estimé à 683 les FFL prisonniers et blessés.

Ceux-ci furent emmenés par les allemands et confiés aux italiens dans un camp, à 10 km de Benghazi. Premiers prisonniers français d’une armée non reconnue, ils y furent séparés des troupes du Commonwealth, composées d’hindous sikhs, de sud-africains, d’australiens, de néo-zélandais et de britanniques. Ils seront victimes de brimades et privés d’eau durant quatre jours ce qui fit encore 22 morts parmi les blessés. Le reste d’un convoi escorté de dix cargos italiens partis de Brindisi venait d’arriver à Benghasi.

Le 16 août 1942, 4 à 7000 prisonnniers embarquent sur le “Nino Bixio”, parmi lesquels 400 français FFL de Bir-Hakeim et douze S.A.S du French Squadron. Par erreur le “Nino Bixio” restait armé de sa défense antiaérienne servie par des allemands, et sans porter la croix-rouge du transport de blessés et de prisonniers.

Le 17 août 1942 vers 16 heures une première torpille lancée par un sous marin britannique touchait le “Nino Bixio” dans sa cale avant, y faisant un carnage parmi les prisonniers sud-africains. Le navire fit immédiatement gîte à babord.
Une seconde torpille l’atteint par le milieu en salle des machines, tuant 12 marins italiens.
Ce qui fit alors faire au navire une importante gîte à tribord avec un brutal virage de bord à 90° tribord ! Ce qui, miraculeusement, lui fit éviter une troisième torpille passant près de sa cale arrière toute aussi bondée et notamment de français
Par contre la panique générale gagna immédiatement tous les hommes, mêlant hindous et hommes d’équipage, et c’est dans cette horrible cohue que beaucoup d’hommes se jetèrent à la mer par grappes.

Le caporal Sekho N’Daw et ses camarades vont vivre cette tragédie dont témoigna André Verrier, Compagnon de la Libération (RA) :

« En arrivant sur le pont un spectacle affreux s’offre à mes yeux : une foule de gens barbote dans l’eau autour du bateau.

Ce sont les soldats allemands qui étaient en faction près des mitrailleuses anti-aériennes, les soldats italiens qui se trouvaient sur le pont pour nous garder et nous mener aux W.C, les marins également sur le pont en service ou ceux de la salle des machines qui n’avaient pas été tués par la torpille, enfin les prisonniers Sud-Africains, Français et Hindous qui avaient été jetés à l’eau ou qui , sous l’empire de la peur, s’étaient précipités dans la mer dans l’espoir de regagner la côte distante de 30 kms.

La panique est intense et déclenche un véritable et sinistre jeu de massacre, les gens sur le pont jettent des panneaux de cale qui assomment ceux qui se trouvent en dessous, d’autres plongent et obtiennent le même résultat, d’autres enfin essaient de mettre les canots de sauvetage à la mer, ils ne parviennent qu’à augmenter les dégâts.

Quelques marins F.F.L nous disent que le danger n’est pas immédiat, qu’il y a lieu d’attendre l’arrivée d’un bateau qui viendra nous secourir. André Marisy et moi, nous rangeons à ce point de vue et attendons la suite des évènements. Entre temps, nous avons récupéré de longs cordages afin d’essayer de sauver quelques-uns de nos camarades, nous avons réussi à en sortir, mais c’était très difficile tant pour nous que pour celui qui réussissait à se cramponner à la corde.

Nous n’aurons que peu de réussite (…)

Les rescapés sont transféré en Italie à Caserta, et le caporal Sekho N’Daw est ensuite dirigé sur le camp 62 à Bergamo, à une quarantaine de km à l’est de Milan  le 2 novembre 1942.

Les conditions de détention dans ce camp furent très dures jusqu’à ce que Les prisonniers soient libérés par l’armistice italien le 8 septembre 1943.

Emmanuel Goubin : « Jusqu’en août 1943, tous les soirs on nous enlevait nos pantalons ; nous marchions en sabots de bois. Les souliers que la Croix-Rouge nous avait envoyés étaient stockés dans un local. Ce (le) colonel, qui avait fait fusiller deux prisonniers, a par la suite été condamné à mort à son tour par un tribunal allié. C’est ce que j’ai appris par la suite par des amis italiens. Quant à la Croix-Rouge anglaise je lui conserverai une reconnaissance éternelle. (…)

Le 10 septembre à midi, les Italiens nous ont mis à la porte du camp, nous sommes repartis par petits groupes en direction de la Suisse, après avoir fait environ 10 kilomètres, nous étions attaqués par des parachutistes allemands et repris. »

Malheureusement, Sekho N’Daw est repris, et transféré en Allemagne pour être interné au stalag IV A, puis au stalag VIII A.

D’autres de ses camarades eurent plus de chance, comme en témoigne cette photographie au camp de Lüsterburg pour les évadés de guerre en Suisse.

Prisonniers de Bir Hakeim du Camp de Bergamo ayant réussi fin 43 à rejoindre le camp des évadés de guerre de Lütersburg en Suisse (Archives Amicale de la 1ère D.F.L)

Sekho N’Daw est libéré par l’avance des Alliés le 25 mars 1945.

Hospitalisé au Val-de-Grâce jusqu’à la fin des hostilités, il est démobilisé le 27 novembre 1945 avec le grade de sergent.

Sekho N’Daw est décédé le 14 mai 1998.

Ses distinctions : chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur (décoré le 29 mai 1962 par le général de Gaulle), médaillé militaire (décret du 15 novembre 1945) ; croix de guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil (avec citation n° 236 à l’ordre du corps d’armée) ; croix du combattant volontaire ; médaille coloniale avec agrafe Libye et Bir-Hakeim ; médaille des services militaires dans la France Libre, médaille des blessés.

Ses décorations  et la Médaille commémorative du 50e anniversaire du Débarquement de Provence

Uniformes n°273 nov/déc 2010

Parmi ses citations :

Le général d’armée Catroux, comman­dant en chef les Forces françaises au Moyen-Orient, cite : à l’ordre du corps d’armée N’DAW SEKHO – caporal – BIMP
« Pendant le plus dur moment de l’attaque allemande du 9 juin 1942 à Bir-Hakeim, sous le feu nourri de l’ennemi, a quitté l’emplacement de son groupe et est venu prendre un nouveau fusil mitrailleur à l’arrière pour remplacer le fusil mitrailleur détruit. A rejoint l’emplacement de son groupe malgré le tir d’une mitrailleuse ennemie sur un terrain nu. Pendant la sortie de vive force de la nuit du 10 juin 1942, blessé, s’est pansé lui-même et a rejoint un véhicule, aidant un camarade blessé. »

Ses citations lui valurent l’attribution de la croix de guerre 1939-1945, avec étoile de vermeil.

Avec le général Pierre-Marie Koenig

Sources de l’article : françaislibres.net

Mis en ligne par Florence Roumeguère

Histoire du Nino Bixio

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