Souvenons-nous !

Alsace – 1945- Obenheim – la mairie détruite ( Fondation BM 24-Obenheim)
Dans les premiers jours de janvier 1945, Hitler décide de lancer une nouvelle offensive destinée à récupérer Strasbourg. C’est ainsi que plusieurs unités de la 1re DFL sont très violemment prises à partie et résistent non sans de grandes difficultés aux assauts ennemis : notamment le bataillon de marche 21 et surtout le bataillon de marche 24 du commandant Coffinier et un détachement de la brigade Alsace-Lorraine du colonel Berger (pseudonyme d’André Malraux). L’attaque allemande est déclenchée au matin du 7 janvier à l’ouest du canal du Rhône au Rhin, dans le secteur d’Obenheim, tenu par le BM 24 ; dès le premier jour, les bombardements sont violents et les assauts sont lancés par des forces dix fois supérieures à celles des Français. Le lendemain, 8 janvier, l’étreinte se resserre, les bombardements se multiplient et les patrouilles allemandes se montrent plus actives. Coffinier renonce à ordonner une sortie en masse, qui équivaudrait à livrer les villages voisins à un ennemi qu’au demeurant il est important de fixer loin de Strasbourg. Dans la journée du 9, le siège ne se relâche pas, mais, en liaison avec les éléments de la brigade Alsace Lorraine, qui occupent Gerstheim, une opération de dégagement est préparée. Elle donnera lieu à de très violents combats durant toute la journée ; la nuit venue, les Français décrochent. Les munitions et les médicaments (il y a 10 blessés graves) commencent à manquer.
Commandant Pierre Maurice Jean Marie Coffinier
(Photo francaislibres.net)
Au centre Sabin Salinas fondateur et président de la fondation bm 24. (Photo francaislibres.net)

Général Garbay, commandant la 1re DFL
(Photo ordredelaliberation.fr)

le télégramme de félicitations de Leclerc à Garbay…
(La différence entre DFL et DMI dans ce contexte est principalement une question de dénomination officielle et de réorganisation d’une même unité de combat. DFL et DMI désignent la même unité, mais à des moments différents de la guerre et sous des appellations différentes.
1ère Division Française Libre (1ère DFL) c’est le nom sous lequel l’unité a été formée et a combattu initialement, notamment pendant les campagnes en Afrique (Érythrée, Syrie, Libye, Tunisie). Elle était composée des Forces Françaises Libres (FFL) qui avaient rallié au Général de Gaulle.
1ère Division de Marche d’Infanterie (1ère DMI) C’est la nouvelle appellation officielle donnée à la 1ère DFL à partir du 1er mai 1944 (après la Campagne de Tunisie et en Italie). Ce changement de nom intervient dans le cadre de la réorganisation générale des forces françaises, qui fusionnaient les FFL et l’Armée d’Afrique (qui avait rallié les Alliés après novembre 1942).
Quelques hommes du B.M.24 parmi tant d’autres !

Liste des officiers et soldats du B.M.24.
En fin de liste, la signification des symboles figurant à coté des noms
Obenheim fut l’un des villages le plus touché par les destructions de la bataille d’Alsace.

Jeep détruite lors des combats
(Photo BM 24- 1945- Obenheim (Antoine Cerca- Fondation BM 24 Obenheim)

Trois enfants devant ce qui reste d’une grange détruite à Obenheim
(Photo BM 24- 1945- Obenheim (Antoine Cerca- Fondation BM 24 Obenheim)

Reste d’un bâtiment à Obenheim
(Photo BM 24- 1945- Obenheim (Antoine Cerca- Fondation BM 24 Obenheim)
Largage de tracts allemands sur Obenheim
Vers la fin de 1944 et début 1945, les forces allemandes ont largués des tracts sur Obenheim à destination des troupes françaises de la 1re Division Française Libre (DFL), et plus précisément du Bataillon de Marche n° 24 (BM 24) qui défendait héroïquement le village lors de l’opération allemande Nordwind. Ce largage s’inscrivaient dans une stratégie de guerre psychologique (ou propagande).
L’objectif principal de cette tactique était de démoraliser les troupes françaises, de miner leur volonté de combattre et de les encourager à se rendre en jouant sur différents sujets:
– sur le thème de la famille et de la vie
– Souligner l’épuisement des troupes alliées
– Légitimer l’action allemande en Alsace
En fin de compte, l’objectif des tracts était de démoraliser le BM 24 isolé et encerclé.


Suite à ce manque de munitions Coffinier demande du ravitaillement par avion. La nuit du 9 au 10 se passe sans incidents. Au matin du 10, comme les Français ne donnent aucune suite à l’invitation allemande à se rendre, les bombardements reprennent. Dans l’après-midi, des avions alliés larguent sur le village des munitions et des vivres, mais, en raison d’un vent violent, une partie seulement des containers atterrit dans les lignes françaises. A la fin de l’après-midi, à la suite de nouveaux assauts de blindés allemands (Panzer, Jagdpanther), la situation des assiégés devient critique. Les derniers combats se déroulent dans la nuit du 10 au 11 janvier. Les hommes du BM 24 n’ont plus de munitions, leurs armes sont maintenant hors d’usage. A 23 heures, tout est fini. Une douzaine de Français parviendront à s’échapper – le reste de l’unité (772 hommes) est anéanti ou capturé. Les Allemands peuvent maintenant se retourner contre les autres positions françaises sur l’Ill, mais ils ont perdu quatre jours. Pendant ce temps, en effet, la défense du secteur a pu être renforcée et lorsque, dès le 13 janvier, les Allemands tenteront de percer la barrière de l’Ill, ils seront brutalement repoussés. Aucune autre tentative n’aura lieu. « Strasbourg, cette fois, écrira le général Garbay, commandant la 1re DFL, sera définitivement sauvée. » Le sacrifice des hommes du BM 24 n’aura pas été vain.

Cimetière d’Obenheim – Le colonel Delange rend les honneurs aux disparus

Les anciens sur la tombe d’un camarade

Alsace- 1945- Cimetière d’ Obenheim (ADFL)

Alsace- 1945- Obenheim fête sa libération ( Fondation BM 24 Obenheim)

“En mémoire des soldats de la 1ère Division Française Libre
tombés pour la défense de Strasbourg du 7 au 18 janvier 1945 ”

Obenheim- 2011 – Les anciens devant le monument 1ere DFL
(Crédit photo : Album Alsace chemins de mémoire)

Alsace – BM 24 Obenheim – stèle avec Brigitte Pefferkorn et la famille Lopez
(Crédit photo : Album Alsace chemins de mémoire)

Le timbre philatélique commémoratif de la Bataille d’Obenheim
(Crédit Brigitte Pefferkorn)
Strasbourg non plus n’a pas oublié !

Rappel historique

Insigne du B.M.24
En janvier 1943, le Bataillon de Tirailleurs Sénégalais n°4 de la Côte Française des Somalis devient le B.T.S. 4 des Forces Françaises Libres. Le 15 février 1943, le B.T.S.4 F.F.L. embarque pour l’Egypte arrive au camp de Tahaq et devient le B.M. 24. Affecté à la 4e brigade de la 1 DFL, il stationne en 1943 en Tripolitaine puis en Tunisie avant d’embarquer pour la campagne d’Italie (avril 1944) puis de débarquer en Provence (août 1944) pour la Libération du territoire national. Il est pratiquement anéanti en Alsace, entre le 7 et le 10 janvier 1945, à Obenheim.
Sabin Salinas

(Photo extraite de la plaquette “La Bataille d’Obenheim” améliorée par IA)
* 22/05/1927
+ 15/09/2007
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Sources de l’article :
Ordre de la Libération
Chemins de Mémoire
Album Alsace chemins de mémoire
Vidéo Musée de l’Armée
Crédit Brigitte Pefferkorn


