Il portait le badge 67: Fréderic Klopfenstein un des 177 du commando Kieffer des Fusiliers marins et Commandos

par Jean Marie PEFFERKORN
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(Cercle d’histoire de Baerenthal)

Fréderic Klopfenstein est né le 8 septembre 1912 à BAERENTHAL (Moselle), à l’époque sous administration allemande. En 1929, il s’enrôle dans la marine où il servira sur différents navires avant de s’engager chez les fusiliers-marins en 1932. Il sera plus tard instructeur au bataillon de Fusilliers-Marins de Lorient.

Il se mari le 18 avril 1936 avec Philomène Marie Le Roux, à Lanester (Morbihan).

(Photo école.nav.traditions)

Résumé: Forces Navales Françaises Libres

Engagé en 1929, Frédéric Klopfenstein était second maître canonnier sur L’Oranaise, lorsque le 18 juin 1940, en raison de l’arrivée prochaine des Allemands, ce patrouilleur (P56) reçut l’ordre du capitaine de vaisseau commandant le secteur de défense de Cherbourg d’appareiller et de rejoindre Portsmouth, où il arriva à 22 h 15. Il évacua ainsi deux officiers de justice maritime et le personnel du tribunal maritime de Cherbourg. Le 20 juin, le bâtiment alla s’amarrer à Southampton. C’est là que le 3 juillet à 4 h du matin il  fut saisi par les Britanniques dans le cadre de l’opération Catapult. L’équipage fut interné dans un camp.
Dans son rapport à l’amiral, Préfet maritime de la 3ème Région, daté du 28 novembre 1940, l’enseigne de vaisseau de 1ère classe Populaire, ex-commandant de L’Oranaise, relate les circonstances dans lesquelles certains de ses hommes furent amenés à rallier la France libre :
« Propagande en faveur de De Gaulle.
Propagande directe faite par les marins de De Gaulle et propagande faite par les officiers ou interprètes anglais. Ceux-ci ont cherché à attirer les hommes dans la marine anglaise. La marine De Gaulle les a par la suite pour la plupart récupérés. Des hommes, en général de bons éléments, sont partis dès le début. Par la suite, les motifs de départ furent : lassitude de la vie du camp, manque d’argent, menace de la prison à la suite de fautes disciplinaires – l’engagement leur étant alors offert comme solution -. Les engagements tardifs sont un résultat de la propagande consistant à faire courir le bruit que tout retour en France était impossible. »

Dix marins de L’Oranaise rallièrent la France libre, dont Frédéric Klopfenstein le 18 octobre 1940. L’ex-commandant écrit :
« C’étaient de bons éléments de mon équipage. J’ai pu savoir que quelques-uns d’entre eux auraient eu le désir de rentrer en France mais n’avaient [pu] le faire par suite de la surveillance au moment des embarquements. »

Dans sa demande d’admission dans l’Association des Français libres, après la guerre, Frédéric Klopfenstein donne des dates d’embarquements légèrement différentes de celles de son état signalétique et des services (ci-dessus) pour la période FNFL :

(Photo Forces Navales Françaises Libres)

  •     22 octobre 1940 – 17 janvier 1941 : Courbet
  •     17 janvier 1941 – 20 juin 1942 : Reine des Flots
  •     20 juin 1942 – 13 juin 1943 : 2ème BFM (2ème Bataillon de fusiliers marins)
  •     13 juin 1943 – 20 novembre 1945 : 1er BFMC (1er Bataillon de fusiliers marins commandos)

En juillet 1940, il rejoint Londres et s’engage dans les Forces Navales de la France Libre et sera affecté sur divers navires avant d’intégrer le 2ème Bataillon de Fusilliers-Marins en juillet 1942.
En juin 1943, il est admis au 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos et donc direction le château d’Achnacarry en Écosse pour sa formation. Il aura le badge n°67 et le matricule 4810 FN 40 et sera incorporé à la Troop 8 du 10ème Commando.
Les 26 et 27 décembre, il participe au raid Hardtack 21 sur Quinéville. 6 hommes aux ordres du lieutenant Francis Vourc’h pour une reconnaissance spéciale sur les côtes françaises.

Le 6 Juin 1944, il prend part au débarquement sur la plage de Colleville-sur-Orne (Colleville-Montgomery). Leur objectif est le lieu-dit La Brêche, à 500 mètres à l’ouest de Ouistreham. La Troop 8 sous la direction du Lieutenant Alexandre Lofi prend part à la capture du casino transformé en bunker. Frédéric Klopfenstein sera blessé en ce 6 juin et évacué en Angleterre pour ce faire soigné. Il est dit de lui : « Officier Marinier d’une bravoure téméraire. A nettoyé les postes ennemis à la tête de sa sous-section faisant de nombreux tués et capturant des prisonniers ». Pour ce fait , il est cité à l‘Ordre du Corps d’Armée. Il rejoint le commando le 7 août et participera à la campagne de Hollande. Il terminera le conflit au grade de Maître Fusilier ou Premier Maître et a reçu la Croix de Guerre avec étoile de vermeil.

Membres du Commando Kieffer
(Photo Mémoire de guerre)

Publié le 7 juin 2021 par Mémoires de Guerre

L’expression commandos Kieffer désigne a posteriori les hommes du 1er bataillon de Fusiliers Marins Commandos (1er BFMC) créé au printemps 1942 en Grande-Bretagne par la France libre et commandés par le capitaine de corvette Philippe Kieffer. Ils étaient intégrés à la Special Service Brigade britannique dans le commando interalliés numéro 10. Détachés dans le commando britannique numéro 4 avant le D-Day, 177 d’entre eux se sont illustrés en participant au débarquement de Normandie, seuls représentants de la France à débarquer sur les plages, puis dans les combats qui ont suivi en Normandie. Le 1er bataillon de fusiliers marins commandos était fort de deux Troops (troupe) de combat (1 et 8) et d’une 1/2 Troop d’appui (K-Guns). Sur les 177 commandos qui débarquèrent le 6 juin 1944, 10 furent tués le jour même puis 10 lors des jours suivants. 

Seuls 24 hommes terminèrent la campagne de Normandie sans avoir été blessés, après 78 jours de déploiement alors qu’ils ne devaient initialement combattre que 3 ou 4 jours. À l’issue de la campagne de Normandie, ils seront déployés aux Pays-Bas, toujours avec le commando numéro 4 du LCL Dawson. Ces combats méconnus furent pourtant plus durs que ceux de Normandie. Selon Benjamin Massieu, au cours de son existence, sous ses différentes appellations, le 1er BFMC aura vu passer 427 volontaires de toutes spécialités, armées et même nationalités (notamment, les cinq Luxembourgeois : les frères Jean et Antoine Neven, Félix Peters, Jean Reiffers et Pierre Laux). 33 furent tués au combat. Oubliés pour des raisons politiques, les commandos survivants ne recevront la Légion d’honneur que soixante ans plus tard. Les commandos marine de la marine nationale française et particulièrement le commando Kieffer créé en 2008 sont les héritiers du 1er bataillon de fusiliers marins commandos. 

Il est rendu à la vie civile en juin 1946, retourne à Lanester où il poursuivra une carrière dans les Travaux Maritimes. Fréderic Klopfenstein décède le 8 mars 1964 à l’âge de 51 ans et est inhumé au cimetière du Corpont à Lanester.

Sources:
Francais libres
Memoiresdeguerre.com
Forces Navales Francaises Libres

Mise en ligne: Jean-Marie Pefferkorn

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