Photos Marie-Hélène Chatel


Mémoire d’un tragique évènement…

Sur cette photographie prise le 3 septembre 1944 lors de la Libération de Miribel, figurent de gauche à droite Charles REGEREAU, Louis TARIUS et Raymond RANGUET ( coll. Paul Leterrier – remerciements à Benjamin Massieu)
Cinq jours plus tard, le 8 septembre 1944, à Dracy-Saint-Loup, sont tombés les Fusiliers Marins Georges AUGER, Raymond RANGUET, Charles REGEREAU et Louis TARRIUS ainsi que René Gallois (capitaine FFI) et Jean ROY (2e DB).
Témoignage de Paul Leterrier (J’étais fusilier marin à Bir Hakeim) :
« A l’aube le 8 septembre, l’escadron reçut l’ordre de partir en reconnaissance (…)
En fin d’après-midi nous arrivâmes à Dracy-Saint-Loup où notre escadron opérait. Nous y vîmes le père Duhautoy, notre aumônier, qui nous annonça la mauvaise nouvelle.
Cinq gars du peloton avaient été tués au cours d’une escarmouche. Parmi eux, Charles Régereau, mon ami.
Ce fut la consternation. La fatalité avait fait que ce jour-là, nous n’étions pas présents pour faire les « éclaireurs de pointe » !
C’est Charles Régereau, avec sa jeep, qui nous avait remplacés.
D’après ce que nous ont raconté les témoins, un officier allemand au volant de sa voiture se trouva saoudain bloqué et contrait de continuer à pied. L’aspirant Durand, adjoint de Constant Colmay, ordonna à l’équipage de la jeep de Charles Régereau d’aller le chercher. Arrivé à proximité, Régereau descendit de son véhicule, et, colt en main, ordonna à l’Allemand de le suivre. Ce dernier obtempéra mais, subitement, d’une prise de judo, il lui prit son arme et tira, en vain.
Régereau, trop confiant, n’avait pas armé son 11,43. L’Allemand le fit et le descendit à bout portant, ainsi que le chauffeur, Raymond Ranguet, puis prit rapidement la fuite ».

