Les frères jumeaux Roger et René Bricout (1er Régiment d’Artillerie)

par Florence ROUMEGUERE
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Roger et René Bricout étaient nés le 31 janvier 1920 à Hordain (59).

Juin 1940. Ils ont vingt ans.

Devant l’avance des troupes allemandes en France, les deux jeunes gens, ouvriers dans les mines de charbon du Nord de la France prennent le chemin de la Bretagne.

Le 19 juin, ils parviennent à Douarnenez et embarquent sur le bateau de pêche “Ma gondole” (patron Joseph Mezou), qui quitte le port du Rhu le 19 Juin 1940 en fin d’après-midi avec 45 passagers pour rejoindre Newlynn-Penzance en Grande-Bretagne où ils arrivent le 20 vers 13 heures.

A bord se trouvaient également Edouard Paulet (qui sera affecté au 1er RA) ainsi que les futurs compagnons de la Libération René Blanchard (BM 7) et Jacques Menestrey (13 Dble).

A l’Empire Hall de Londres, Roger et René signent leur engagement dans les Forces Françaises Libres.

Affectés tous deux à l’Artillerie, ils effectuent leur temps d’instruction militaire avant de rejoindre Pointe-Noire au Congo en octobre 1941.

Affectés au RTST du Tchad, puis au BM5, ils font mouvement avec ce bataillon, du Cameroun vers le Levant en mars 1942.

Arrivés à Damas en Syrie le 15 avril 1942, ils sont affectés au 1er Régiment d’Artillerie de la 1ère DFL et rejoignent la 3ème batterie le 1er mai 1942 à Bir-Hakeim, juste à temps pour participer à la bataille, Roger en tant que radio, René en tant que chauffeur.

La 3e batterie rassemblait de nombreux servants malgaches comme l’illustre la légende de la photographie de René Bricout prise à Gambut en 1942 : “conducteur et servants malgaches” tractant un canon de 75.

Ils survivent à la bataille, contrairement à leur camarade Edouard Paulet qui, fait prisonnier lors de la sortie, meurt dans le torpillage du Nino Bixio.

Après les combats d’El-Alamein, les frères jumeaux se trouvent séparés le 1er décembre 1943, Roger restant à la 3e Batterie, René passant à la CR2 du Régiment.

Ils participent aux campagnes de Tunisie en 1943, d’Italie en 1944, avant de débarquer en Provence le 16 août 1944 pour libérer la France.

Le 18 octobre 1944 à Roye en Haute-Saône, le sergent René Bricout se tue malencontreusement en nettoyant un révolver.

Le brigadier-chef Roger Bricout continuera le combat, on le retrouvera notamment avec sa jeep radio à l’observatoire de Rossfeld, lors de l’attaque allemande au sud de Strasbourg en janvier 1945, pour terminer la guerre dans le massif de l’Authion dans les Alpes Maritimes.

Roger Bricout est décédé le 19 avril 1995 au Petit-Quevilly près de Rouen.

Il était titulaire de la Médaille Militaire, Croix de Chevalier du Mérite National, Croix de Guerre 1939-1945, et de la Bronze Star Medal.

Roger et René Bricout, sont Médaillés de la Résistance Française (site de l’Ordre de la Libération) :

Mis en ligne par Florence Roumeguère

D’après :

L’Artilleur de la DFL n°32 – Avril 1996

René Bricout

Roger Bricout

Les Bateaux de la Liberté (AFL DZ sur le site du pole Jean Moulin)

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