Ève Curie, est née le 6 décembre 1904 à Paris , Elle est la fille de Pierre et Marie Skłodowska-Curie. C’est une pianiste, femme de lettres, journaliste, conférencière et diplomate française. Elle décède le 22 octobre 2007 à New York (États-Unis).

Eve (à gauche), en 1908 avec sa sœur Irène et sa mère
(Source : Musée Curie (coll. ACJC)
Elle étudie au collège Sévigné, où elle obtient son baccalauréat en 1925. Comme elle aime à le rappeler, elle est la seule de la famille à ne pas avoir choisi une carrière scientifique, contrairement à ses parents, sa sœur, ses neveux, son oncle et ses cousins. Encouragée par sa mère, elle préfère les études littéraires et artistiques. Formée par Ignacy Paderewski à la fin de la Première Guerre mondiale, elle commence sa carrière en tant que pianiste et se produit pour la première fois à Paris en 1925.

Eve Denise Curie en 1921
(Source : Musée Curie (coll. ACJC)
L’engagement d’Eve Curie pour la France Libre
Lorsque les troupes allemandes envahissent la France, Eve Curie embarque à Bordeaux à bord du Madura, et rejoint le général de Gaulle à Londres le 23 juin 1940. Elle arrive le 21 juin 1940 à Falmouth, déterminée à continuer la lutte. S’engageant dans la France Libre, Elle lui propose sa plume et sa voix à la radio et une tournée de conférences aux Etats-Unis. En réaction, le gouvernement de Vichy lui retire par décret la nationalité française.

Eve Curie à Londres
(Photo Francaislibre.net)
En 1941, à Washington à l’invitation des Roosevelt, elle loge à la Maison Blanche. A la fin de l’année elle devient correspondante de guerre pour plusieurs journaux américains et se rend sur tous les fronts. C’est l’occasion pour Eve Curie, après avoir été témoin des combats en Libye, de se rendre au Liban et en Iran.
Revenue en Angleterre, elle s’engage dans le corps des volontaires féminines de la France Combattante et devient ambulancière sur le front d’Italie.
Le général Brosset l’engage avec le grade de lieutenant à l’état-major de la 1re division française libre.
Elle est officier de liaison, et en 1943 est envoyée à Alger auprès du général Jean de Lattre de Tassigny. Elle devient correspondante de guerre pour deux agences de presse, l’une américaine et l’autre anglaise pour lesquelles elle publie des chroniques. Elle voyage en Afrique, au Moyen-Orient et dans l’Asie en guerre avec des chefs d’Etat et des personnalités telles que Tchang-Kaï-Chek, Gandhi, Nehru. Elle publie en 1944 “Journey among warriors” (“Voyage parmi les guerriers”) une chronique de ses voyages sur les fronts de la Seconde guerre mondiale.
Le général de Gaulle lui rend hommage dans le discours qu’il prononce le 30 octobre 1943 à Alger et le 23 novembre suivant, lui écrit : « Je n’oublie pas combien votre attitude, dès le début, a été courageuse et je vous félicite de ce que vous continuez à faire en ce moment ».


Eve Curie en uniforme des Forces Françaises Libres
(Photo Francaislibre.net)
général Diego Brosset
(Photo Chemins de Mémoire)
Campagne de France : Elle débarque avec les troupes françaises en Provence en août 1944 et participe à la Libération de la France. Elle est notamment chargée de mission, et prend part à des actions de liaison, notamment la jonction entre la 1ʳᵉ DFL et la 2ᵉ DB (Division Blindée de Leclerc) en septembre 1944.
Récit intégral du lieutenant Eve Curie concernant la journée du 12 septembre 1944, journée de jonction entre la 1ère DFL et la 2ème DB à Nod-sur-Seine.
Eve Curie, l’une des premières femmes diplomates
En 1952, elle devient une des premières femmes diplomates de son époque en étant conseillère spéciale du Secrétaire général de l’OTAN. Deux ans plus tard, en 1954, elle épouse l’américain Henry Labouisse, qui fut pendant 15 ans président exécutif de l’Unicef. Elle s’engage auprès de lui pour la défense des enfants. Henry Labouisse reçoit le Prix Nobel de la paix au nom de l’organisation humanitaire en 1965. Dans le cadre de leurs fonctions, Ève et son époux voyagent dans plus de 100 pays.
Ève Curie a reçu plusieurs distinctions pour son engagement, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale et pour son travail humanitaire :
Croix de guerre 1939-1945 (décernée en 1944).
Chevalier de la Légion d’honneur (en 1939).
Officier de la Légion d’honneur (en 2005), pour sa contribution à la cause humanitaire.
Ève Denise Curie, pianiste, femme de lettres, journaliste, conférencière et diplomate est décédée le 22 octobre 2007 à New York (États-Unis), à l’âge de 102 ans.
Tombe et épitaphe d’Eve Denise Curie – Labouisse au Cimetière de la Métairie à La Nouvelle-Orléans (Louisiane, États-Unis).


(Photo “findagrave.com/memorial” Ajouté par : Van Bender)
Mis en ligne par Jean-Marie Pefferkorn
Sources de l’article :
françaislibres.net
Musée Curie (Paris)
cheminsdememoire.gouv.fr
findagrave.com/memorial
